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Plante d’intérieur · Aracées

Oreille d'éléphant Alocasia macrorrhizos

Aussi appelé : Taro géant, Alocasia géant, Giant taro, Elephant ear

L’oreille d’éléphant est une grande aracée à rhizome des forêts humides d’Asie du Sud-Est et d’Océanie, cultivée pour ses feuilles en fer de flèche qui peuvent dépasser 1 m de long. Haute de 3 à 4 m sous les tropiques, elle s’arrête chez nous vers 1,5 à 2 m en pot, à l’intérieur toute l’année ou dehors l’été. Elle réclame de la chaleur, une lumière vive tamisée et un substrat toujours frais, sans eau stagnante dans la soucoupe. Son feuillage ne résiste pas sous 5 °C, et sa sève irritante impose de la tenir hors de portée des enfants et des animaux.

Oreille d'éléphant (Alocasia macrorrhizos)
Photo : O Tupinólogo, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons
Type
Plante d’intérieur
Famille
Aracées
Exposition
Lumière vive, sans soleil direct
Température minimale
5 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : Zones USDA 9b à 11 ; le feuillage est détruit dès 4 à 5 °C et le rhizome ne survit guère en dessous de -2 °C, même bien paillé.

Dimensions : De 3 à 4 m de hauteur pour 2 à 3 m d'étalement en climat tropical, avec des feuilles sagittées atteignant 1,2 m. Cultivée en pot sous climat tempéré, elle plafonne le plus souvent à 1,5-2 m.

Floraison : Rare en pot : spathe vert crème entourant un spadice jaunâtre, peu visible sous le feuillage. Toute la plante est toxique et irritante, sève comprise.

Substrat : Mélange riche et humifère, à la fois léger et drainant : terreau de feuilles, fibre de coco et perlite ou écorces fines. pH légèrement acide, idéalement entre 5,5 et 6,5.

Exposition : Mi-ombre lumineuse ou soleil filtré ; elle ne tolère le plein soleil qu'en atmosphère très humide et sur un sol constamment frais.

Arrosage : Abondant et régulier en croissance (2 à 3 fois par semaine) pour garder le substrat frais, sans jamais laisser d'eau stagnante dans la soucoupe. Réduire nettement en hiver, en laissant sécher les premiers centimètres.

Durée de vie : Vivace, 10 à 15 ans sous climat chaud et humide, nettement moins en intérieur sec où elle s’épuise.

Multiplication : Séparation des rejets au rempotage, de mi-mars à mi-mai, au chaud et en atmosphère humide.

Arrosage & entretien

Arrosage : D'avril à septembre, arroser 2 à 3 fois par semaine avec une eau non calcaire à température ambiante, en trempant tout le substrat puis en vidant la soucoupe. En hiver, espacer à un arrosage tous les 8 à 12 jours, quand les 2-3 premiers centimètres sont secs.

Fertilisation : Engrais liquide équilibré pour plantes vertes, légèrement azoté (type NPK 20-10-20), dilué de moitié. Apport tous les 15 jours de la reprise à la fin de l'été, suspendu en automne et en hiver.

Rempotage : Tous les 1 à 2 ans au printemps, dans un pot d'un diamètre supérieur muni d'une couche drainante et de larges trous. C'est le moment idéal pour détacher les rejets et diviser le rhizome.

Taille : Aucune taille de formation n'est nécessaire ; on supprime simplement les feuilles jaunies ou abîmées à la base du pétiole, avec un outil propre et désinfecté. Couper les inflorescences (spathes) permet de concentrer l'énergie sur le feuillage.

Exposition & substrat

Exposition : Lumière vive mais tamisée, l'équivalent de 4 à 6 heures de clarté indirecte par jour. Le soleil direct de la mi-journée brûle rapidement le limbe et décolore les feuilles.

Emplacement : En France, culture en intérieur ou en véranda toute l'année, devant une fenêtre est ou ouest, ou à 1-2 m d'une baie sud voilée. Sortie estivale possible à la mi-ombre, à l'abri du vent qui déchire les feuilles ; plantation permanente en pleine terre réservée aux zones 10-11.

Substrat : Mélange aéré et riche en humus, par exemple 50 % de terreau de feuilles, 25 % de fibre de coco ou tourbe blonde et 25 % de perlite ou d'écorces de pin. Un peu de compost mûr soutient la croissance très rapide de la plante.

pH : Optimum entre 5,5 et 6,5, soit un substrat légèrement acide. Les sols calcaires provoquent chloroses et blocages en fer et en manganèse.

Drainage : Drainage impératif : couche de billes d'argile au fond, pot percé et soucoupe systématiquement vidée. L'eau stagnante entraîne l'asphyxie racinaire puis la pourriture du rhizome (Pythium, Phytophthora).

Multiplication

Méthode conseillée

Séparation des rejets : de mi-mars à mi-mai, dépoter, dégager la motte et couper au couteau propre les rejets munis de racines. Rempoter chacun dans le mélange habituel, à l’intérieur ou en serre au chaud, à l’ombre légère, en gardant l’air humide jusqu’à la reprise. Des gants : la sève irrite fortement la peau et les yeux. La séparation des jeunes pousses du pied mère au rempotage : elles reprennent facilement à la chaleur et en atmosphère humide.

Les autres méthodes

Bouturage : Pas de bouture de feuille, mais un tronçon de rhizome ou de tige de 5 à 10 cm portant un œil, séché un jour puis posé à moitié enterré sur un terreau léger mêlé de perlite, à peine humide, s’enracine en 4 à 8 semaines. Le tenir à l’intérieur vers 24 °C, à la lumière filtrée.

Semis :

SemerRarement pratiqué, les graines fraîches étant presque introuvables : au printemps, à l’intérieur, couvertes de 2 mm, vers 24 à 27 °C, elles lèvent en 2 à 4 semaines. Elles reproduisent l’espèce, mais pas ses formes panachées, qui se multiplient par division.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : s’il porte deux inflorescences décalées, pollinisées au pinceau, ce qui reste rare en pot. Chaque inflorescence offre ses fleurs femelles avant que son propre pollen soit mûr, si bien qu’il faut une seconde inflorescence décalée, du même pied ou d’un autre. Une fois fécondé, le spadice se couvre de baies qui rougissent en quelques mois : les écraser, rincer les graines et les semer fraîches, car elles ne se conservent pas. Les formes panachées ne se reproduisent pas ainsi.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La pourriture du collet et du rhizome (Pythium, Phytophthora, Sclerotium) se manifeste par un jaunissement général, un affaissement des pétioles et un rhizome mou et malodorant, presque toujours lié à un excès d'eau ou au froid. Les taches foliaires bactériennes (Xanthomonas) ou fongiques (Colletotrichum) forment des macules brunes cerclées de jaune, parfois translucides. Supprimer les parties atteintes, rempoter dans un substrat neuf et sec, réduire les arrosages et traiter au cuivre en préventif.

Parasites fréquents : Les araignées rouges, favorisées par l’air sec, provoquent un feutrage fin sous les feuilles et un aspect piqueté grisâtre ; les cochenilles farineuses forment des amas cotonneux aux aisselles et le long des nervures. Thrips et pucerons peuvent aussi déformer les jeunes feuilles. Doucher le feuillage, tamponner les cochenilles à l’alcool à 70°, en répétant tous les 7 jours, puis, si l’attaque persiste, recourir à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».

Prévention : Maintenir une hygrométrie supérieure à 60 % et une bonne circulation d'air, ce qui décourage les acariens sans favoriser les champignons. Arroser le matin, au pied et jamais sur le feuillage, et vider la soucoupe après chaque apport. Mettre en quarantaine toute nouvelle plante et désinfecter outils et pots avant utilisation.

Toxicité

Toxicité humaine : Plante toxique dans toutes ses parties (feuilles, pétioles, rhizome, sève) en raison des raphides d'oxalate de calcium insolubles associés à des enzymes protéolytiques. Le rhizome n'est consommé dans certaines cultures d'Asie et du Pacifique qu'après une cuisson longue et répétée ; il ne doit jamais être ingéré cru.

Toxicité animaux : Très toxique pour le chien et le chat, ainsi que pour les lapins, rongeurs, oiseaux et chevaux. Quelques bouchées de feuille suffisent à déclencher une irritation buccale sévère.

Symptômes : Brûlure buccale immédiate, hypersalivation, œdème des lèvres, de la langue et du pharynx pouvant gêner la respiration, accompagnés de vomissements et de difficultés à déglutir. Le contact avec la sève provoque rougeurs et démangeaisons cutanées, et une conjonctivite très douloureuse en cas de projection oculaire.

Précautions : Porter des gants pour tailler ou rempoter, se laver les mains ensuite, et placer la plante hors de portée des enfants et des animaux. En cas d'ingestion, rincer la bouche à l'eau froide, ne pas faire vomir et contacter sans délai un centre antipoison, un médecin ou un vétérinaire.

Associations de plantes

Bonnes associations : Les fougères (Nephrolepis, Asplenium) partagent son goût pour l'ombre lumineuse et l'air humide, et habillent la base dégarnie du stipe. Colocasia esculenta, cannas et bananiers (Musa basjoo) réclament les mêmes arrosages copieux et un sol tout aussi riche, pour un massif exotique cohérent et étagé. En couvre-sol, impatiens, bégonias ou hostas maintiennent le pied frais et ombragé.

Associations à éviter : Les plantes méditerranéennes et xérophytes (lavande, romarin, cactées, succulentes) exigent un sol pauvre, sec et très drainant, totalement incompatible avec ses besoins en eau. Les bambous traçants et autres végétaux à racines envahissantes lui disputent eau et éléments nutritifs. Enfin, les annuelles de plein soleil comme gazanias et pélargoniums souffriraient de l'ombre portée par ses immenses feuilles.

Conseil : Regroupez ces plantes aux besoins identiques dans un même massif ou sur un large plateau de billes d'argile humides, afin de créer un microclimat humide profitable à toutes. Cultivez l'Alocasia en pot enterré dans le massif : vous le rentrerez facilement avant les premiers froids sans perturber les voisines.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en grand pot à l'intérieur toute l'année, dans une lumière vive mais sans soleil direct, entre 18 et 25 degrés et jamais en dessous de 15 degrés ; plante tropicale à croissance rapide dont la sève est irritante.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à septembre : tous les 3 à 5 jours ; d’octobre à mars : tous les 8 à 12 jours Le substrat doit rester constamment frais en saison de croissance, sans jamais être détrempé, et sécher davantage entre deux apports en hiver. Des gouttes perlant au bout des feuilles le matin sont un phénomène normal et non un signe d'excès.eau non calcaire à température ambiante, versée sur le substrat
BrumisationUtile De novembre à mars : tous les 1 à 2 jours ; d’avril à octobre : tous les 2 à 3 jours Cette plante exige une hygrométrie élevée que l'air chauffé de l'hiver fait chuter très bas, d'où des bords de feuilles brunis. Un plateau de billes d'argile humides ou un humidificateur donne de meilleurs résultats encore.eau non calcaire tiède, en fine brume sur les deux faces du feuillage
Engrais liquideUtile De début avril à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines Le développement de feuilles aussi grandes réclame une fertilisation soutenue durant toute la belle saison. Suspendre complètement les apports de l'automne à la fin de l'hiver, sous peine de brûler les racines.engrais pour plantes vertes dilué de moitié, sur substrat déjà humide
Taille de structureUtile De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines Cette plante ne conserve que quatre à cinq feuilles à la fois et sacrifie naturellement les plus anciennes, qui jaunissent une à une. En hiver, elle peut même perdre l'essentiel de son feuillage sans être perdue pour autant, le rhizome repartant au printemps.couper le pétiole au ras de la base, avec des gants et une lame propre
Dépoussiérage du feuillageUtile De janvier à décembre : toutes les 2 à 3 semaines Les feuilles immenses accumulent vite la poussière, ce qui ternit leur brillance et réduit la photosynthèse. Ce nettoyage permet aussi de repérer les araignées rouges au revers.chiffon doux humide, en soutenant la feuille de l'autre main
Rotation du potUtile De mi-février à fin octobre : toutes les 1 à 2 semaines Les grandes feuilles se tournent vers la fenêtre et déséquilibrent rapidement la silhouette, au point de faire basculer le pot. La rotation régulière maintient un port droit.un quart de tour à chaque fois, toujours dans le même sens
Inspection parasitaireEssentiel De janvier à décembre : toutes les 1 à 2 semaines Les araignées rouges sont le fléau de cette plante en air chauffé et laissent un feuillage terne, piqueté de points clairs, avec de fines toiles. Doucher le feuillage à l'eau tiède dès les premiers signes, et surveiller aussi cochenilles et thrips.examiner le revers des feuilles, les nervures et la base des pétioles
Vidage de la soucoupeEssentiel De janvier à décembreDès que : dès que de l'eau est constatée dans la soucoupe après un arrosage Le rhizome charnu pourrit rapidement si le pot baigne, ce qui reste la cause de perte la plus fréquente. Le danger est maximal en hiver, quand la plante ralentit fortement.vider dans la demi-heure qui suit
RempotageUtile De mi-mars à mi-mai La croissance est si rapide que le pot est colonisé en une seule saison, ce qui bloque ensuite la production de nouvelles feuilles. Porter des gants, la sève provoquant démangeaisons et irritations.mélange aéré de terreau, écorce fine et perlite, dans un pot lourd et bien percé
Division de touffeOptionnel De mi-mars à mi-mai, tous les 2 ans Séparer au rempotage les jeunes pousses formées autour du pied mère, qui épuisent la plante principale. Elles reprennent facilement à la chaleur et à bonne hygrométrie.détacher au couteau propre les rejets pourvus de racines, puis les rempoter aussitôt

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