Plante grimpante · Hydrangéacées
Hortensia grimpant Hydrangea petiolaris
Aussi appelé : Hydrangée grimpante, Climbing hydrangea
L’hortensia grimpant est une liane ligneuse caduque venue du Japon et de Corée, qui s’accroche seule aux murs et aux troncs par ses racines aériennes. Contre une façade, il atteint le plus souvent 5 à 8 m de haut après 2 ou 3 années de croissance lente, et peut attendre 3 à 5 ans avant de fleurir. Il demande une terre fraîche et humifère, et des arrosages suivis les premiers étés, car la pluie atteint mal le pied d’un mur. C’est l’une des rares grimpantes à fleurir contre un mur nord ; la chaleur sèche du Midi le fait souffrir bien plus que le froid.
- Type
- Plante grimpante
- Famille
- Hydrangéacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De juin à juillet
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4 à 8 : il supporte -25 °C sans protection, partout en France métropolitaine. Dans le Midi, c’est la chaleur sèche, bien plus que le froid, qui le limite.
Dimensions : Jusqu’à 10 à 15 m de haut sur un grand arbre ou un haut mur, plus souvent 5 à 8 m contre une façade, pour 4 à 6 m d’étalement. Lent les deux ou trois premières années, il gagne ensuite 50 cm à 1 m par an.
Floraison : En juin et juillet, larges corymbes plats de 15 à 20 cm, blanc crème, faits de petites fleurs fertiles entourées de grandes fleurs stériles, légèrement parfumés et très visités par les abeilles. Une jeune plante ne fleurit souvent pas avant 3 à 5 ans.
Substrat : Terre de jardin riche en humus, fraîche et drainée, enrichie de compost à la plantation. pH idéal de 5,5 à 7,0.
Exposition : Mi-ombre ou ombre, y compris contre un mur nord, où il est l’une des rares grimpantes à fleurir. Le plein soleil ne lui convient qu’en climat frais, sur un sol toujours humide.
Arrosage : 10 à 15 litres au pied tous les 6 à 8 jours en été les trois premières années, puis seulement lors des sécheresses. Contre un mur, la pluie atteint mal le pied, qui demande plus d’attention.
Durée de vie : Liane ligneuse vivace et caduque, d’une grande longévité : plusieurs décennies, souvent 50 ans et plus, sur un support solide.
Multiplication : Marcottage d’une tige couchée au sol d’avril à juin, sevrée et replantée au printemps suivant ; bouturage en juillet, moins sûr.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les trois premières années, 10 à 15 litres au pied tous les 6 à 8 jours de mi-juin à fin août, et tous les 10 à 14 jours en mai, début juin et septembre. Ensuite, arroser seulement en été sec, surtout au pied d’un mur où la pluie n’arrive pas.
Fertilisation : En mars, 1 à 2 pelletées de compost mûr griffées au pied, puis un paillis épais en avril. Éviter les engrais riches en azote, qui font des feuilles au détriment des fleurs.
Rempotage : C’est une plante de pleine terre, qu’on plante d’octobre à mars hors gel, dans un trou de 50 cm amendé de compost, à 30 cm du mur pour sortir de sa zone sèche. En bac, il lui faut 50 litres au moins, un support et un rempotage tous les 3 ans en mars, mais il y reste bien plus modeste.
Taille : Après la floraison, de fin août à fin septembre, une fois les nichées envolées, raccourcir les tiges trop longues et celles qui s’écartent du support ou gagnent les gouttières, en laissant intact le haut de la plante, qui porte l’essentiel des fleurs. Une vieille plante envahissante se rajeunit en fin d’hiver, en sacrifiant une floraison : rabattre un tiers des vieilles tiges par an, sur 3 ans.
Exposition & substrat
Exposition : Mi-ombre ou ombre claire, avec 2 à 4 heures de soleil doux par jour pour bien fleurir, même s’il fleurit encore contre un mur nord. Au soleil brûlant de l’après-midi, ses feuilles grillent et ses fleurs passent vite.
Emplacement : Extérieur, contre un mur nord ou est, une clôture solide ou le tronc d’un grand arbre, qu’il habille sans lui nuire. Ses crampons n’abîment pas une maçonnerie saine mais laissent des traces si on l’arrache : on évite donc les enduits fragiles et les façades à repeindre.
Substrat : Terre de jardin profonde, riche en humus, fraîche et drainée, enrichie de compost ou de terreau de feuilles à la plantation. Au pied d’un mur, remplacer la terre, souvent pauvre et sèche, sur 50 cm de profondeur.
pH : De 5,5 à 7,0, de légèrement acide à neutre ; en sol franchement calcaire, le feuillage peut jaunir. Contrairement à l’hortensia commun, ses fleurs restent blanches quel que soit le sol.
Drainage : Bon drainage nécessaire : il aime la fraîcheur, mais l’eau stagnante fait pourrir ses racines en hiver. En sol argileux, mêler du gravier et du compost à la terre de plantation.
Multiplication
Marcottage par couchage : de mi-avril à fin juin, choisir une tige souple près du sol, l’entailler légèrement sous un nœud, l’enterrer sur 5 à 10 cm et la maintenir par un crochet. Garder la terre fraîche tout l’été, puis couper la tige qui la relie au pied mère et replanter la marcotte au printemps suivant. Il réussit presque toujours, la plante s’enracinant d’elle-même au contact de la terre.
Les autres méthodes
Bouturage : En juillet, prélever des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, coupées sous un nœud, et ne garder que deux feuilles du haut. Les piquer dans un mélange de terreau et de sable, sous châssis à l’ombre, à l’étouffée ; l’hormone de bouturage, facultative, aide. L’enracinement demande 6 à 8 semaines et réussit moins souvent que le marcottage.
Semis :
SemerPossible en mars sous abri froid, les graines minuscules posées en surface et laissées à la lumière, levée en 3 à 4 semaines vers 15 à 18 °C. Les plants reproduisent l’espèce, mais un semis mettra 5 ans et plus à fleurir.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les petites fleurs fertiles du centre des corymbes, très visitées par les abeilles, se fécondent sans difficulté, mais il faut attendre que la liane fleurisse, souvent au bout de 3 à 5 ans. Récolter les corymbes en octobre ou novembre, quand les minuscules capsules sont brunes et sèches, et les secouer sur une feuille de papier. Garder les graines au sec et au frais jusqu’au semis de mars ; elles perdent vite leur vigueur au-delà d’un an.
Division et autres méthodes : La plante ne se divise pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Il est rarement malade : l’oïdium blanchit parfois les feuilles en été sec, surtout contre un mur chaud, et des taches foliaires apparaissent par temps humide. Arroser au pied sans mouiller le feuillage, ramasser les feuilles atteintes à l’automne et les porter à la déchetterie ; en recours contre l’oïdium, un soufre portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Un jaunissement entre les nervures signale le plus souvent un sol trop calcaire, pas une maladie.
Parasites fréquents : Des pucerons colonisent parfois les jeunes pousses au printemps : un jet d’eau ou les coccinelles en viennent à bout. La cochenille floconneuse de l’hortensia forme en mai et juin des amas cotonneux blancs sous les feuilles et sur les tiges : les retirer à la brosse douce, puis en recours une huile de paraffine portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Au pied d’un mur très chaud, les acariens ternissent le feuillage, qu’on bassine alors le soir.
Prévention : Le planter à mi-ombre, dans une terre fraîche et paillée, à 30 cm du mur, évite l’essentiel des problèmes, qui touchent surtout les sujets assoiffés. Une taille qui aère les tiges trop serrées limite l’oïdium. Surveiller le revers des feuilles en mai et juin, quand pucerons et cochenilles s’installent.
Toxicité
Toxicité humaine : Peu toxique : comme les autres hortensias, il renferme dans ses feuilles, ses fleurs et ses bourgeons des glucosides cyanogènes qui ne posent problème qu’ingérés en quantité. Son feuillage est aussi un allergène de contact, qui peut provoquer une dermatite chez les personnes sensibles.
Toxicité animaux : L’ASPCA classe l’hortensia toxique pour le chien, le chat et le cheval, et l’hortensia grimpant renferme lui aussi des glucosides cyanogènes. L’ingestion provoque surtout des troubles digestifs, l’intoxication au cyanure restant rare.
Symptômes : Nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée après ingestion, avec abattement chez l’animal. Au contact, rougeurs et démangeaisons chez les personnes sensibilisées, surtout aux mains et aux avant-bras après une taille.
Précautions : Porter des gants et des manches longues pour tailler, puis se laver les mains. Ramasser les tiges coupées et empêcher enfants et animaux de mâchonner feuilles et fleurs.
Associations de plantes
Bonnes associations : Une clématite à floraison estivale, comme Clematis viticella, qu’on laisse grimper dans ses tiges pour prolonger la floraison jusqu’en septembre. À son pied, des hostas, des fougères et des hellébores, qui aiment la même ombre fraîche et cachent la base dégarnie des vieilles tiges. Un grand chêne ou un vieux pin, dont le tronc lui fait un support naturel spectaculaire.
Associations à éviter : Le lierre sur le même mur, qui lui dispute la place et finit par l’étouffer. La glycine et la bignone, trop vigoureuses, qui le recouvrent et réclament le soleil qu’il fuit. Les plantes de sol sec et de plein soleil, comme la lavande, plantées à son pied, où elles manquent de lumière.
Conseil : Plantez-le à 30 cm du mur, incliné vers lui, et attachez les premières tiges : passé 2 à 3 ans d’installation, il s’accroche seul et part à l’assaut. Patience : on dit de lui que la première année il dort, la deuxième il rampe et la troisième il bondit.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Liane plantée en pleine terre au pied d’un mur, d’une clôture solide ou d’un grand arbre, à mi-ombre ou à l’ombre, dans une terre fraîche, humifère et drainée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-juin : tous les 10 à 14 jours ; de mi-juin à fin août : tous les 6 à 8 jours ; en septembre : tous les 10 à 14 jours | Donner l’eau en une seule fois, lentement, pour qu’elle descende en profondeur et y attire les racines. Installé, il ne réclame d’eau qu’en été sec, surtout contre un mur que la pluie n’atteint pas. |
| Compost, amendement | De début mars à mi-avril | Apporter le compost au redémarrage de la végétation, sans engrais riche en azote, qui ferait des feuilles au détriment des fleurs. |
| Palissage, tuteurage | D’avril à juin | Attacher les jeunes tiges contre le support jusqu’à ce que leurs racines-crampons s’y fixent, car une jeune plante rampe plus qu’elle ne grimpe. Ensuite, elle tient seule sur un mur ou un tronc, mais pas sur un treillage lisse, où il faut continuer à l’attacher. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Au pied d’un mur, la terre reste à l’abri de la pluie et sèche vite : le paillis y garde la fraîcheur dont dépendent la reprise et la floraison. |
| Marcottage | De mi-avril à fin juin | Les tiges qui traînent au sol s’enracinent souvent d’elles-mêmes : en maintenir une enterrée par un crochet, puis sevrer la marcotte et la replanter au printemps suivant. |
| Floraison | De juin à juillet | Les fleurs naissent sur les rameaux latéraux du bois des années précédentes, et une jeune plante ne fleurit souvent pas avant 3 à 5 ans. |
| Taille après floraison | De mi-août à fin septembre | Raccourcir les tiges trop longues en laissant intact le haut de la plante, qui porte l’essentiel des fleurs, une fois les nichées envolées de son feuillage dense. Une taille d’hiver supprimerait les rameaux qui doivent fleurir l’été suivant. |