Succulente · Crassulacées
Oreille d'éléphant Kalanchoe beharensis
Aussi appelé : Felt bush
L’oreille d’éléphant est une succulente ligneuse de Madagascar, aux grandes feuilles triangulaires ondulées couvertes d’un feutrage argenté doux au toucher. En pot, elle plafonne autour de 1 m ; il faut la pleine terre d’un climat doux pour la voir atteindre 2 à 4 m, sur un tronc qui se dénude avec l’âge. Elle demande surtout du plein soleil, un mélange très drainant et des arrosages copieux mais espacés, presque nuls en hiver. Elle ne supporte aucun gel et souffre déjà sous 5 °C : chez nous, elle passe l’hiver à l’abri, au sec et en pleine lumière.
- Type
- Succulente
- Famille
- Crassulacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 5 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 11 ; elle ne supporte aucun gel et souffre déjà sous 5 °C, un bref passage à 1 ou 2 °C au sec étant le maximum tolérable.
Dimensions : En pleine terre sous climat doux, 2 à 4 m de haut (jusqu’à 6 m à Madagascar) pour 1 à 2 m d’étalement ; en pot, elle plafonne autour de 1 m.
Floraison : Rare en culture et seulement sur de grands sujets en pleine terre, en hiver ou au printemps : panicules de petites fleurs jaune verdâtre, sans intérêt décoratif ; la plante est toxique pour les animaux.
Substrat : Mélange très drainant pour cactées additionné d’un tiers de sable grossier ou de pouzzolane, pH neutre à légèrement alcalin (6,5 à 7,5).
Exposition : Plein soleil, ou mi-ombre très lumineuse ; le soleil direct accentue le feutrage argenté et garde un port compact.
Arrosage : Copieux mais espacé, en laissant sécher toute la motte entre deux apports, soit environ tous les 10 à 15 jours en été ; quasi nul en hiver.
Durée de vie : Vivace succulente ligneuse, 15 à 25 ans. Le tronc se dénude avec l’âge, ce qui fait tout son caractère.
Multiplication : Bouturage de tige ou de feuille de mai à août, à l’intérieur, après avoir laissé cicatriser la coupe quelques jours.
Arrosage & entretien
Arrosage : Du printemps à l’automne, arrosez à fond puis attendez que le substrat soit sec sur toute sa profondeur, environ tous les 10 à 15 jours, sans jamais mouiller le feuillage feutré qui retient l’eau et se marque. En hiver, un arrosage mensuel suffit, voire aucun si la plante hiverne au frais.
Fertilisation : Un engrais pour cactées et succulentes, pauvre en azote et dilué de moitié, une fois par mois d’avril à septembre. Aucun apport en hiver : l’excès d’azote donne des tiges molles et des feuilles qui perdent leur feutrage.
Rempotage : Tous les 2 à 3 ans au printemps, dans un pot à peine plus large mais lourd, car la plante devient vite haute et instable. Rempotez en substrat sec et attendez une semaine avant le premier arrosage.
Taille : Facultative, mais un étêtage au printemps limite la hauteur et force la ramification. Laissez sécher la plaie 2 jours ; la tête coupée s’enracine facilement en bouture.
Exposition & substrat
Exposition : Très lumineuse, idéalement 6 heures de soleil direct par jour. En dessous de 4 heures, les tiges s’étirent et le feutrage pâlit.
Emplacement : Extérieur d’avril à octobre dans une situation abritée du vent et de la pluie battante, avec hivernage obligatoire hors gel ; en intérieur, devant une fenêtre plein sud ou ouest.
Substrat : Deux tiers de terreau de cactées ou de terre franche sableuse pour un tiers de pouzzolane, de pumice ou de sable grossier. Un paillage de gravier en surface garde le collet au sec.
pH : Entre 6,0 et 7,5, avec un optimum proche de la neutralité.
Drainage : Drainage impératif, pot percé et soucoupe toujours vidée. L’excès d’eau provoque une pourriture du collet et des racines, souvent fatale et détectée trop tard.
Multiplication
Bouturage : de mai à août, couper une tête ou un tronçon de tige de 10 à 15 cm, laisser cicatriser la coupe 5 à 7 jours à l’ombre, puis le piquer dans un mélange de terreau pour cactées et de sable grossier, à peine humide. Une feuille entière, posée à plat ou piquée par la base après séchage, forme de petites plantules à sa base en 4 à 8 semaines. À l’intérieur, en lumière vive sans soleil brûlant, à 20 à 25 °C et sans arroser la première semaine, les racines apparaissent en 3 à 4 semaines. Le bouturage de tige ou de feuille réussit très bien sur une plante aussi charnue. La bouture de tige donne une plante présentable bien plus vite que la feuille.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPas pour un amateur : la plante fleurit rarement en culture et les graines sont introuvables.
Récolter les grainesPas de graines en culture : la plante ne fleurit que sur de grands sujets âgés, rarement en pot, et sans insectes pollinisateurs à l’intérieur les fleurs ne nouent pas. Le bouturage de tige ou de feuille remplace avantageusement le semis.
Division et autres méthodes : Aucune : elle forme un tronc unique sans rejets, le bouturage suffit.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines (Phytophthora, Pythium, Fusarium) domine de loin : base ramollie et brunissante, feuilles qui s’affaissent d’un coup. L’oïdium et les taches foliaires apparaissent en atmosphère confinée et humide, et se traitent au soufre en aérant davantage. Contre une pourriture installée, aucun produit n’agit : recoupez la tige au-dessus de la zone saine et rebouturez.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses, cachées dans le feutrage et à l’aisselle des feuilles où elles passent inaperçues, sont le premier ennemi, devant les cochenilles à bouclier sur les tiges et les pucerons sur les hampes florales. Tamponnez au coton imbibé d’alcool à 70°, puis, en recours, traitez avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », toujours le soir car le feutrage retient le produit et brûle au soleil. En intérieur sec, l’araignée rouge fait bronzer et jaunir le feuillage.
Prévention : Espacez franchement les arrosages, videz les soucoupes et assurez une bonne circulation d’air. Inspectez chaque mois le revers des feuilles et les aisselles, surtout à l’entrée et à la sortie de l’hivernage. Isolez 3 semaines toute plante nouvellement acquise.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique par ingestion : toutes les parties, et surtout les fleurs, contiennent des bufadiénolides, des glycosides cardiotoniques. Le risque reste faible chez l’adulte, qui n’en avale pas de quantité notable, mais toute ingestion par un jeune enfant justifie un appel au centre antipoison.
Toxicité animaux : Nettement toxique pour le chien, le chat, les oiseaux et surtout les ruminants, chez qui le genre Kalanchoe cause des intoxications mortelles au pâturage. Quelques feuilles suffisent à provoquer des troubles chez un petit animal.
Symptômes : D’abord salivation, vomissements, diarrhée et abattement ; dans les cas sévères, troubles du rythme cardiaque, faiblesse musculaire et convulsions. Le feutrage des feuilles peut aussi déclencher démangeaisons et irritation cutanée chez les personnes sensibles.
Précautions : Installez la plante hors de portée des enfants et des animaux, et ramassez les feuilles et fleurs tombées. Portez des gants pour la tailler ou la bouturer, et lavez-vous les mains ensuite.
Associations de plantes
Bonnes associations : Agave attenuata, Aloe et Portulacaria afra, qui exigent le même sol sec et le même plein soleil et acceptent donc un rythme d’arrosage identique. Les couvre-sol succulents ras (Sedum, Delosperma, Graptopetalum) habillent le pied nu sans concurrencer les racines ni retenir l’humidité. En potée, une Crassula ovata reprend le même graphisme de tiges à une autre échelle.
Associations à éviter : Fougères, hortensias et impatiences, qui réclament un sol constamment frais et condamneraient le collet à la pourriture. Les couvre-sol denses et humides comme la menthe ou le lierre gardent le pied mouillé et abritent les cochenilles. Évitez aussi les grands arbustes caducs, qui la priveraient de lumière et l’enseveliraient sous les feuilles mortes.
Conseil : Regroupez les plantes par besoin en eau plutôt que par esthétique, car une seule voisine gourmande impose un arrosage qui tuera la Kalanchoe. Plantez-la en surélevé, sur butte ou en pot posé plus haut, pour garantir son drainage et mettre en valeur son feuillage feutré à hauteur de regard.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pot, en intérieur lumineux l’hiver, dehors à la belle saison.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 8 à 12 jours ; d’octobre à mars : tous les 20 à 30 jours | Arroser quand le substrat est sec sur plusieurs centimètres. Les feuilles velues se tachent si l’on mouille le feuillage, arroser donc au pied. |
| Engrais liquide | De début avril à mi-septembre : toutes les 4 à 6 semaines | Apporter un engrais pour plantes grasses pendant la croissance. Rien de l’automne au printemps. |
| Dépoussiérage du feuillage | De janvier à décembre : toutes les 6 à 8 semaines | Ôter la poussière au pinceau doux et à sec. Un chiffon humide marque le duvet des feuilles de façon durable. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : toutes les 3 à 4 semaines | Regarder le revers des feuilles et l’aisselle des pousses. Cochenilles et araignées rouges se traitent facilement quand on les prend tôt. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dès qu’il y reste de l’eau une demi-heure après un arrosage. Les racines pourrissent vite dans une eau stagnante. |
| Rempotage | D’avril à mai, tous les 2 ans | Rempoter dans un mélange drainant, en pot lourd : la plante devient haute et prend facilement le vent dehors. |
| Sortie au printemps | De début mai à mi-juin | Sortir la plante une fois tout risque de gelée écarté, à l’ombre légère les premiers jours. Le plein soleil d’emblée brûle les feuilles. |
| Rentrée à l'automne | De mi-septembre à fin octobre | Rentrer dès que les nuits descendent sous 10 °C. Cette plante ne supporte aucun gel, même bref. |