Plante d’intérieur · Crassulacées
Mère de milliers Kalanchoe daigremontiana
Aussi appelé : Kalanchoé de Daigremont, Bryophyllum, Mother of thousands
La mère de milliers est une succulente de Madagascar qui produit au bord de ses feuilles des centaines de plantules prêtes à s’enraciner là où elles tombent. Elle atteint 60 cm à 1 m sur une tige unique, les feuilles marbrées de violet au revers, et fleurit en hiver à partir de 3 ans. Elle demande surtout du plein soleil derrière une vitre, un substrat à moitié sableux et des arrosages espacés, presque suspendus en hiver. Elle ne supporte aucun gel et souffre déjà sous 8 °C ; toute la plante est toxique, à tenir loin des animaux et des enfants.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Crassulacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- 8 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 11, elle souffre déjà sous 8 °C et le moindre gel éclate ses tissus gorgés d’eau. En France métropolitaine, c’est une plante d’intérieur qui ne passe dehors que la belle saison.
Dimensions : 60 cm à 1 m de haut sur une tige unique peu ramifiée, pour 25 à 40 cm d’étalement. La hampe florale ajoute 20 à 30 cm en plein hiver.
Floraison : De mi-décembre à février, sur les sujets de 3 ans et plus, clochettes pendantes rose grisâtre, sans parfum ; la floraison épuise la rosette mère, et toute la plante est toxique.
Substrat : Moitié terreau de cactées, moitié sable grossier ou pouzzolane, pH 6 à 7. Un terreau ordinaire employé seul retient trop d’eau et fait pourrir le collet.
Exposition : Plein soleil derrière une vitre, 5 à 6 heures directes. En lumière faible, la tige file, les feuilles s’espacent et les marbrures violettes du revers disparaissent.
Arrosage : Un arrosage copieux tous les 7 à 10 jours au cœur de l’été, toutes les 4 à 6 semaines seulement de mi-novembre à février. Toujours après séchage complet de la motte.
Durée de vie : Vivace succulente. La rosette mère vit 3 à 5 ans et décline souvent après avoir fleuri, mais les plantules qu’elle produit par centaines la remplacent indéfiniment.
Multiplication : Plantules du bord des feuilles posées sur un substrat sableux d’avril à septembre : elles reprennent en une dizaine de jours.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 10 à 14 jours au printemps, tous les 7 à 10 jours en juillet-août, toutes les 2 à 3 semaines en automne, puis toutes les 4 à 6 semaines de mi-novembre à février. Arroser au ras du substrat, jamais dans le cœur de la rosette, et vider la soucoupe un quart d’heure après.
Fertilisation : Engrais pour cactées pauvre en azote, dilué de moitié, une fois par mois de mai à août seulement. Rien du tout le reste de l’année : un excès d’azote donne une tige molle qui plie sous son poids.
Rempotage : Tous les 2 ans en mars-avril, dans un pot à peine plus large, de préférence en terre cuite. Garder le collet au niveau du substrat et attendre une semaine avant le premier arrosage, le temps que les blessures des racines sèchent.
Taille : Aucune taille de forme. Couper la hampe défleurie à la base en fin d’hiver, et raccourcir au printemps une tige dénudée pour la faire ramifier : le tronçon prélevé se bouture tel quel après 2 jours de ressuyage.
Exposition & substrat
Exposition : 5 à 6 heures de soleil direct, le maximum possible en hiver. C’est une plante de plein soleil malgaches : en dessous de 3 heures, elle s’étiole et penche vers la vitre.
Emplacement : Intérieur d’octobre à mai devant une fenêtre au sud, dehors de fin mai à fin septembre contre un mur sud ou ouest, à l’abri de la pluie. Rapprocher du soleil progressivement sur 10 à 15 jours après la sortie, sinon les feuilles brûlent.
Substrat : 50 % terreau de cactées, 30 % sable grossier, 20 % pouzzolane, avec une couche de gravier en surface pour garder le collet au sec. Ni tourbe pure ni terreau horticole seul.
pH : 6 à 7, légèrement acide à neutre. Elle tolère jusqu’à 7,5 sans montrer de carence.
Drainage : Trou de drainage indispensable et soucoupe toujours vidée. L’excès d’eau se lit à des feuilles molles et translucides et à une base qui brunit : à ce stade, seule une bouture de tête sauve la plante.
Multiplication
Plantules des feuilles : d’avril à septembre, détacher quelques plantules munies de leurs petites racines et les poser sur un substrat sableux à peine humide, sans les enterrer, à l’intérieur en lumière vive vers 20 °C : elles s’enracinent en 10 jours. Une tête de 10 cm, séchée 2 à 3 jours puis piquée dans le même mélange, s’enracine aussi en 2 à 3 semaines. Ramasser celles qui tombent, car elles s’installent seules dans les pots voisins. La réussite est quasi totale. Toute la plante est toxique : se laver les mains après, et ne pas laisser traîner les plantules à portée des animaux.
Les autres méthodes
Semis :
SemerInutile : les plantules suffisent largement, et la plante ne fleurit qu’en hiver sur des sujets de 3 ans et plus.
Récolter les grainesPas de graines en culture : la floraison d’hiver, en intérieur et sans insectes pollinisateurs, ne forme presque jamais de graines, et la plante s’en passe très bien grâce à ses plantules. Ce sont elles qu’on récolte, au bord des feuilles.
Division et autres méthodes : Aucune : la plante n’a qu’une tige, les plantules des feuilles tiennent lieu de rejets.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture du collet et des racines est la seule vraie maladie, et elle vient toujours d’un excès d’eau ou d’une soucoupe pleine : base brune et molle, feuilles qui tombent au moindre contact. Aucun traitement ne la rattrape, il faut couper au-dessus du tissu sain et rebouturer. Un air confiné et frais tache aussi le feuillage de noir, et l’oïdium pose parfois un voile blanc poudreux sur les jeunes feuilles.
Parasites fréquents : La cochenille farineuse domine, en amas cotonneux dans les aisselles et sous les plantules du bord des feuilles ; un coton-tige à l’alcool à 70 degrés suffit si on la prend tôt, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La cochenille des racines se découvre au rempotage sous forme d’une farine blanche sur la motte, qui se rince à l’eau tiède. Des pucerons s’installent parfois sur la hampe florale en hiver.
Prévention : Laisser sécher complètement entre deux arrosages règle l’essentiel des ennuis. Inspecter les aisselles une fois par mois et surtout au moment de rentrer le pot à l’automne, moment classique d’introduction des cochenilles. Isoler 15 jours toute plante nouvellement acquise avant de la poser près des autres.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante nettement toxique, plus chargée encore que les kalanchoés de fleuriste. Toutes ses parties, plantules comprises, contiennent des bufadiénolides, des substances qui agissent sur le cœur à la manière de la digitale.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat, les rongeurs et les oiseaux, et responsable d’intoxications mortelles de troupeaux en Afrique du Sud et en Australie, où elle s’est naturalisée. Les petites plantules tombées au sol sont exactement ce qu’un chat ou un jeune chien mordille.
Symptômes : Salivation, vomissements et diarrhée dans les heures qui suivent l’ingestion, puis abattement et troubles du rythme cardiaque quand la quantité avalée est importante. Le suc peut irriter la peau et surtout les yeux si on se frotte le visage après l’avoir manipulée.
Précautions : La tenir hors de portée des enfants et des animaux, et ramasser systématiquement les plantules tombées autour du pot. Se laver les mains après un bouturage, et appeler un centre antipoison ou un vétérinaire dès l’ingestion, sans attendre les premiers signes.
Associations de plantes
Bonnes associations : Echeveria, crassula et sedum partagent son substrat sableux et son arrosage espacé : réunis sur un même rebord, ils se conduisent d’un seul geste. L’aloe et l’haworthia supportent la même sortie estivale et la même acclimatation progressive. Un agave en pot voisin demande exactement la même exposition plein sud.
Associations à éviter : Toutes les plantes d’atmosphère humide, calathea, fittonia, spathiphyllum ou fougères, qui réclament l’inverse de son régime d’eau. Éviter aussi de la mettre dans une jardinière partagée : ses plantules tombent et s’enracinent dans le substrat des voisines. Ne pas la poser sur un meuble bas ni au sol dans un foyer avec chat ou jeune enfant, quelle que soit la plante qui l’accompagne.
Conseil : Un pot de terre cuite seul, soucoupe large et gravier en surface, reste la meilleure présentation pour cette plante. Poser le pot sur une coupelle plus grande que la plante permet de récupérer les plantules avant qu’elles ne colonisent tout le rebord.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Potée cultivée en intérieur d’octobre à mai derrière une vitre très lumineuse, dans un mélange sableux très drainant, et sortie l’été sur un balcon abrité de la pluie.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à mai : tous les 10 à 14 jours ; de juin à août : tous les 7 à 10 jours ; de début septembre à mi-novembre : toutes les 2 à 3 semaines ; de mi-novembre à fin février : toutes les 4 à 6 semaines | Arroser au ras du substrat, copieusement et en une fois, puis laisser sécher entièrement. Les feuilles charnues font réserve pour des semaines : cette plante meurt vingt fois noyée pour une fois assoiffée. |
| Inspection parasitaire | De début octobre à mi-mai : toutes les 2 à 3 semaines ; de mi-mai à fin septembre : chaque mois | Chercher les amas cotonneux de cochenilles farineuses, qui se logent exactement là où les plantules s’accrochent et passent inaperçus longtemps. Un coton-tige imbibé d’alcool à 70 degrés règle un foyer débutant. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider ce que le pot n’a pas absorbé en 15 minutes. Le collet charnu pourrit en 3 ou 4 jours s’il baigne, et une base brunie ne se soigne pas. |
| Rempotage | De mi-mars à fin avril, tous les 2 ans | Rempoter tous les 2 ans au redémarrage, dans un mélange moitié terreau de cactées, moitié sable grossier ou pouzzolane. Garder le collet strictement au niveau du substrat et ne pas arroser pendant la semaine qui suit. |
| Bouturage | D’avril à septembre | Poser simplement quelques plantules sur un substrat sableux à peine humide, sans les enterrer : elles reprennent en une dizaine de jours. Ramasser celles qui tombent, car elles s’enracinent seules dans les pots voisins et deviennent vite une corvée. |
| Engrais liquide | De mai à août | Un apport mensuel léger pendant la croissance suffit largement, sur substrat déjà humide. Trop d’azote donne une tige molle et allongée qui plie sous son propre poids. |
| Sortie au printemps | De mi-mai à mi-juin | Installer le pot dehors à l’abri de la pluie, contre un mur au sud ou à l’ouest. L’été dehors trapu la tige, ravive les marbrures violettes des feuilles et prépare la floraison d’hiver. |
| Acclimatation à la lumière | De mi-mai à fin juin | Commencer à l’ombre claire et rapprocher du soleil sur 2 semaines. Une plante sortie d’un coup en plein soleil prend en 3 jours des plaques brunes sèches qui ne repartent jamais. |
| Rentrée à l'automne | De mi-septembre à mi-octobre | Rentrer avant les premières fraîcheurs humides, qui tachent le feuillage de noir bien avant le gel. Inspecter les aisselles des feuilles au passage pour ne pas rentrer des cochenilles avec le pot. |
| Repos sec | De mi-novembre à mi-février | Garder presque au sec dans une pièce peu chauffée pendant les jours courts. C’est ce coup de frais qui déclenche la floraison ; en appartement à 21 °C, la plante s’étiole et ne fleurit pas. |
| Floraison | De mi-décembre à fin février | La floraison arrive sur les sujets de 3 ans et plus, en plein hiver. Elle épuise la rosette mère, qui décline souvent ensuite : couper la hampe dès son apparition si l’on tient au pied d’origine. |