Plante grimpante · Caprifoliacées
Chèvrefeuille des bois Lonicera periclymenum
Aussi appelé : Chèvrefeuille commun, Chèvrefeuille sauvage, Cranquillier, Common honeysuckle, Woodbine
Le chèvrefeuille des bois est une liane volubile indigène en Europe, dont les fleurs blanc crème et jaune lavées de pourpre embaument surtout le soir, de juin à septembre. Sur un support, il monte de 4 à 7 m et s’étale sur 2 à 4 m. Il aime la tête dans la lumière et le pied à l’ombre, dans un sol frais et riche en humus, calcaire toléré. Il convient aux pergolas, clôtures et lisières ; la sécheresse estivale le fait souffrir les premières années, et ses baies rouges sont toxiques.
- Type
- Plante grimpante
- Famille
- Caprifoliacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- De juin à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 5 à 9 : indigène dans nos bois, il supporte des froids de −20 °C et au-delà.
Dimensions : Liane volubile de 4 à 7 m de haut sur un support, pour 2 à 4 m d’étalement.
Floraison : De juin à septembre, surtout en juin et juillet, des fleurs tubulaires blanc crème et jaune lavées de pourpre, au parfum puissant qui culmine le soir ; ses baies rouges sont toxiques.
Substrat : Sol frais, riche en humus et bien drainé, au pH de 5,5 à 7,5 ; il tolère le calcaire.
Exposition : Soleil ou mi-ombre, la tête dans la lumière et le pied à l’ombre, comme à la lisière d’un bois.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours en été par temps sec, copieusement au pied, surtout les deux premières années ; la pluie suffit le reste de l’année.
Durée de vie : Liane vivace à feuillage caduc, qui vit plusieurs dizaines d’années en se renouvelant depuis sa souche.
Multiplication : Marcottage simple d’une tige en avril et mai, ou bouturage de tiges semi-aoûtées en juillet et août, sous abri.
Arrosage & entretien
Arrosage : En été, par temps sec, un arrosage copieux au pied tous les 7 à 10 jours, surtout les deux premières années et pour une liane plantée contre un mur. Le reste de l’année, la pluie suffit.
Fertilisation : Une couche de compost mûr griffée au pied en mars, chaque année. Éviter les engrais riches en azote, qui donnent des pousses tendres aussitôt envahies par les pucerons.
Rempotage : En pleine terre, aucun rempotage : un paillis épais renouvelé chaque printemps garde les racines au frais. En bac, rempoter tous les 2 ou 3 ans en fin d’hiver, dans un contenant d’au moins 40 litres.
Taille : Juste après la floraison, fin août ou en septembre, raccourcir les tiges qui ont fleuri et ôter un ou deux vieux rameaux. Une liane devenue un fouillis dénudé se rabat à 50 cm du sol en fin d’hiver, au prix d’une année presque sans fleurs.
Exposition & substrat
Exposition : Soleil ou mi-ombre, avec 4 à 6 heures de soleil par jour pour une floraison généreuse. L’idéal est d’avoir la tête au soleil et le pied à l’ombre, comme à la lisière d’un bois.
Emplacement : En extérieur, sur un treillage, une pergola, une clôture ou dans une haie libre ; une orientation à l’est ou à l’ouest lui convient mieux qu’un mur plein sud, trop chaud et trop sec. Le planter près d’une terrasse ou d’un passage permet de profiter de son parfum du soir.
Substrat : Terre de jardin fraîche et riche en humus, enrichie de compost à la plantation. Il se plaît en sol argileux comme en sol sableux amendé, pourvu qu’il ne se dessèche pas.
pH : De 5,5 à 7,5 : il préfère un sol neutre à légèrement acide mais accepte un sol calcaire.
Drainage : Sol frais mais bien drainé : l’eau qui stagne en hiver fait pourrir les racines. L’excès inverse, un pied sec en été, l’affaiblit pourtant bien plus souvent.
Multiplication
Marcottage par couchage : marcottage simple en avril et début mai : entailler légèrement une tige souple sous un nœud, l’enterrer à 5 cm de profondeur et la maintenir avec un crochet, l’extrémité restant à l’air. Au printemps suivant, couper la tige côté pied mère et replanter la marcotte enracinée. Le marcottage simple réussit presque à coup sûr : la marcotte s’enracine dans l’année.
Les autres méthodes
Bouturage : En juillet et août, piquer des tiges semi-aoûtées de 10 cm, coupées sous un nœud, dans un mélange de terreau et de sable, sous abri, à l’étouffée et à l’ombre. Les racines se forment en 4 à 6 semaines ; des boutures ligneuses de 20 cm piquées dehors en novembre reprennent aussi.
Semis :
SemerPossible mais rarement utile : en automne, extraire les graines des baies rouges, toxiques, et les semer en terrine dehors, couvertes de 2 mm, pour qu’elles passent l’hiver au froid et lèvent au printemps. Les semis reproduisent l’espèce, pas les cultivars, qui se bouturent ou se marcottent.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il fructifie seul. Les baies se cueillent en août ou septembre quand elles sont rouge vif et translucides, avec des gants, car elles sont toxiques. Les fleurs, pollinisées surtout par les papillons de nuit attirés par le parfum du soir, fructifient plus abondamment quand un autre chèvrefeuille des bois pousse à proximité. Les graines se sèment de préférence fraîches : séchées, elles perdent beaucoup de leur faculté de germer en un an.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre les feuilles d’un feutrage blanc en été, surtout quand le pied manque d’eau ou que la liane est confinée contre un mur. Supprimer les tiges les plus atteintes, aérer la végétation par la taille et, si besoin, traiter au soufre en dehors des fortes chaleurs. Des taches brunes apparaissent parfois sur les feuilles par temps humide, sans gravité sur une plante vigoureuse.
Parasites fréquents : Les pucerons colonisent au printemps l’extrémité des pousses et les boutons, qu’ils déforment et engluent de miellat. Un jet d’eau ou les coccinelles en viennent à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Des thrips et des aleurodes l’attaquent aussi parfois, surtout contre un mur chaud et abrité.
Prévention : Pailler et arroser en été pour que le pied ne se dessèche jamais, et éviter les engrais trop azotés. Surveiller le bout des tiges chaque semaine d’avril à juin, et tailler après la floraison pour garder une végétation aérée.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible : ce sont surtout les baies rouges, attirantes pour les enfants, qui sont en cause. Le centre antipoison de Lille situe les premiers troubles digestifs vers deux ou trois baies et un risque sérieux au-delà d’une trentaine, toutes espèces de chèvrefeuille confondues.
Toxicité animaux : Faible également : un chien ou un chat qui avale baies ou feuilles peut vomir, avoir la diarrhée et paraître abattu, le plus souvent sans suite. Les oiseaux, eux, consomment les baies sans dommage.
Symptômes : Après ingestion de baies : nausées, vomissements, douleurs abdominales et diarrhée ; lors d’ingestions massives, rougeur du visage, sueurs et accélération du cœur ont été décrites. Aucun trouble notable n’est décrit au simple contact de la plante.
Précautions : Apprendre aux enfants à ne pas goûter les baies ; là où ils jouent, la taille juste après la floraison supprime la plupart des futurs fruits. En cas d’ingestion, appeler un centre antipoison, surtout si l’enfant a avalé plus de quelques baies.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les clématites à floraison estivale partagent son support et son goût pour les racines au frais, et prolongent le spectacle. Au pied, les géraniums vivaces ou l’alchémille couvrent le sol et gardent la fraîcheur que réclament ses racines. Dans une haie champêtre, il grimpe volontiers dans un noisetier ou une aubépine, comme dans la nature.
Associations à éviter : Les lavandes et les cistes réclament un sol sec et brûlant, à l’opposé de la fraîcheur qu’il lui faut au pied. Une glycine ou une vigne vierge sur le même support finit par l’étouffer par sa vigueur. Mieux vaut aussi ne pas le laisser grimper sur un jeune arbre, que ses tiges volubiles étranglent en se serrant autour du tronc.
Conseil : Le planter à 30 cm du support, incliné vers lui, et couvrir son pied de pierres plates ou d’un paillis épais : ses racines restent au frais pendant que ses tiges montent vers la lumière.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Liane installée en pleine terre au pied d’un treillage, d’une clôture ou d’une pergola, la tête au soleil ou à mi-ombre et le pied à l’ombre, dans un sol frais et riche en humus.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement au pied pour humidifier la terre en profondeur, plutôt que peu et souvent. Une liane plantée contre un mur reçoit peu de pluie et demande plus d’attention. |
| Rabattage | De mi-février à fin mars | Rabattre en fin d’hiver, avant le départ de la végétation : la souche repart vigoureusement, au prix d’une année presque sans fleurs. |
| Compost, amendement | En mars | Un apport chaque printemps suffit à cette liane des sols riches en humus. Les engrais très azotés donnent des pousses tendres que les pucerons colonisent aussitôt. |
| Palissage, tuteurage | D’avril à juin | Enrouler les nouvelles pousses dans le sens où elles tournent d’elles-mêmes et les répartir en éventail pour garnir le support jusqu’en bas. Laissée à elle-même, la liane file d’un seul jet vers le haut et se dégarnit à la base. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Ce chèvrefeuille de sous-bois veut la tête au soleil et les racines au frais : un pied qui se dessèche l’affaiblit et l’expose à l’oïdium et aux pucerons. |
| Marcottage | De début avril à mi-mai | Entailler légèrement la tige sous un nœud, l’enterrer à 5 cm de profondeur et la maintenir avec un crochet : elle s’enracine dans l’année et se sèvre au printemps suivant. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin juin | Regarder chaque semaine l’extrémité des tiges pendant la montée des boutons : une colonie de pucerons les déforme et les empêche de s’ouvrir. Un jet d’eau suffit au début, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». |
| Floraison | De début juin à mi-septembre | La floraison principale a lieu en juin et juillet, suivie de fleurs éparses jusqu’en septembre. Son parfum, plus fort à la tombée du jour, attire les papillons de nuit qui la pollinisent. |
| Taille après floraison | De mi-août à fin septembre | Ôter aussi un ou deux vieux rameaux dénudés à la base pour aérer la liane. Les fleurs de l’an prochain naîtront sur le bois formé cette année : une taille au printemps en supprimerait une bonne partie. |