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Arbre fruitier · Grossulariacées

Cassissier Ribes nigrum

Aussi appelé : Cassis, Groseillier noir, Blackcurrant

Le cassissier est un arbuste fruitier des sous-bois frais d’Europe du Nord et d’Asie, cultivé pour ses baies noires et ses feuilles au parfum de cassis. Au jardin, il forme une touffe de 1,20 à 1,80 m de haut et d’autant de large, à rajeunir chaque hiver en supprimant le vieux bois. Il lui faut un vrai hiver, un sol frais riche en humus et le pied à l’ombre, avec des arrosages suivis pendant le grossissement des baies. Les climats doux, le calcaire actif et la chaleur d’un mur plein sud le font dépérir.

Cassissier (Ribes nigrum)
Photo : Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Grossulariacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-30 °C
Floraison
En avril
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Zone USDA 3 à 7 : le bois tient sans dommage au-delà de -20 °C, et bien plus bas encore. La contrainte est inverse de ce qu’on imagine, il lui faut un vrai hiver, de l’ordre de 1000 heures sous 7 °C, et il végète en climat doux ou méditerranéen.

Dimensions : Touffe de 1,20 à 1,80 mètre de haut pour autant de large, formée de huit à douze branches. Compter 1,50 mètre entre deux pieds.

Floraison : En avril, de petites grappes de clochettes vert rougeâtre sans intérêt décoratif, visitées par les abeilles ; ce sont les bourgeons et les feuilles, non les fleurs, qui portent l’odeur caractéristique du cassis. Sensibles aux gelées tardives.

Substrat : Sol frais, profond, riche en humus, plutôt argilo-limoneux ; il redoute le calcaire actif qui le chlorose durablement. Un apport de compost à la plantation et un paillage permanent remplacent bien des engrais.

Exposition : Soleil au nord de la Loire, mi-ombre au sud, toujours avec le pied à l’ombre et au frais. Il supporte mal la réverbération d’un mur plein sud.

Arrosage : 15 à 20 litres au pied tous les 5 à 7 jours d’avril à juin, tous les 3 à 4 jours pendant le grossissement des baies et les fortes chaleurs. Ses racines courent à quelques centimètres sous la surface et ne vont pas chercher l’eau en profondeur.

Durée de vie : Vivace ligneux, 12 à 15 ans, mais la production s’effondre dès la huitième année si le bois ancien n’est pas supprimé chaque hiver.

Multiplication : Bouturage de bois de l’année à la chute des feuilles, de mi-octobre à début décembre, directement en pleine terre.

Arrosage & entretien

Arrosage : Régulier et abondant d’avril à août, tous les 5 à 7 jours au printemps puis tous les 3 à 4 jours pendant le grossissement des baies et les chaleurs. Un coup de sec à ce moment fait couler les grappes, et le calibre perdu ne se rattrape pas.

Fertilisation : Compost mûr ou fumier décomposé en février, posé en surface, complété d’une poignée de cendre tamisée pour la potasse. Éviter les engrais azotés, qui donnent des pousses tendres aussitôt couvertes d’oïdium.

Rempotage : En pleine terre la question ne se pose pas ; en bac de 40 à 50 litres, renouveler le substrat tous les 3 ans, en novembre, en rafraîchissant la motte sur les côtés. Un cassis en pot demande un arrosage presque quotidien en été et vit moins longtemps.

Taille : En plein repos, de fin novembre à février, en supprimant à la base un tiers des branches, les plus âgées, reconnaissables à leur écorce grise et craquelée. Le cassis fructifie sur les rameaux de l’année précédente : tailler, ici, c’est produire.

Exposition & substrat

Exposition : 4 à 6 heures de soleil suffisent, c’est l’un des rares fruitiers qui donne correctement à mi-ombre. Au sud de la Loire, l’ombre de l’après-midi est un avantage et non un pis-aller.

Emplacement : Extérieur toute l’année, en pleine terre, idéalement à l’est ou au nord-est d’une haie qui coupe le vent sec. Éviter le pied d’un mur plein sud et les angles où la chaleur s’accumule.

Substrat : Terre franche enrichie de compost, avec beaucoup de matière organique en surface. Un paillis permanent de tonte ou de BRF lui fait plus de bien qu’un amendement enfoui.

pH : De 6 à 6,8, légèrement acide ; au-delà de 7,5, la chlorose s’installe et le pied plafonne.

Drainage : Il veut du frais en permanence mais pas d’eau stagnante en hiver. Dans un sol qui reste détrempé, la pourriture du collet emporte la touffe branche par branche.

Multiplication

Méthode conseillée

Bouturage : prélever sur le bois de l’année des tronçons de 20 à 25 cm, coupés sous un œil, et les enterrer aux deux tiers dans une terre meuble, à l’ombre légère, en laissant 2 ou 3 yeux dehors. Les racines se forment pendant l’hiver et le pied, transplanté un an plus tard, produit en 3 ans ; conserver tous les yeux, le cassis se conduit en touffe. La bouture ligneuse à la chute des feuilles, de mi-octobre à début décembre, plantée aussitôt en pleine terre ; la reprise est presque assurée.

Les autres méthodes

Semis :

SemerSemer à l’automne, dehors en terrine, les graines fraîches juste couvertes de 3 mm de terreau, le froid levant la dormance ; la levée se fait au printemps. Les graines ne reproduisent pas fidèlement les variétés.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : il se féconde en grande partie seul. Les baies se cueillent bien noires et molles en juillet ; on les écrase, on rince les graines et on les sème à l’automne, ou on les garde au sec et au frais un an ou deux. Nouaison et récolte gagnent à une seconde variété fleurie en même temps et aux abeilles, qui volent peu par les matins froids d’avril.

Division et autres méthodes : Marcottage en butte au printemps : rabattre une touffe, butter la base des nouvelles pousses de 15 cm de terre et les sevrer à l’automne, chacune enracinée. Le marcottage simple d’une branche basse réussit aussi.

Maladies & parasites

Maladies courantes : L’anthracnose est la plus fréquente : petites taches brunes en juin, feuillage jauni et chute prématurée en juillet, ce qui épuise le pied pour l’année suivante. L’oïdium américain couvre jeunes pousses et baies d’un feutrage blanc virant au beige, à limiter en aérant la touffe et en évitant l’excès d’azote. La reversion, elle, est virale : feuilles anormalement découpées, floraison sans fruits, et il n’y a rien d’autre à faire qu’arracher.

Parasites fréquents : L’acarien du bourgeon se repère en février aux bourgeons ronds et gonflés comme de petits choux, à ôter et porter en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage, avant le débourrement, car c’est lui qui transmet la reversion. Les pucerons cloquent et déforment les jeunes feuilles au printemps et cèdent à un jet d’eau en deux passages, sinon à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La sésie, petit papillon dont la chenille creuse les rameaux, se trahit par une branche qui flétrit seule en été, à couper jusqu’au bois sain.

Prévention : Aérer la touffe chaque hiver, pailler pour garder le sol frais, arroser au pied sans mouiller le feuillage. Ramasser et évacuer les feuilles tombées, y compris en plein été, car l’anthracnose y passe l’hiver. Un passage de bouillie bordelaise à la chute des feuilles se justifie sur un pied déjà touché, pas en routine.

Toxicité

Toxicité humaine : Aucune toxicité connue : les baies se mangent crues ou cuites, les feuilles et les bourgeons servent d’infusion depuis longtemps. Aucune partie de la plante n’est à écarter.

Toxicité animaux : Le cassissier n’est répertorié comme toxique ni pour le chien, ni pour le chat, ni pour les animaux de basse-cour. À ne pas confondre avec la vigne : ce sont les raisins et les raisins secs, Vitis vinifera, qui sont dangereux pour le chien, pas les baies de cassis.

Symptômes : Au pire des selles molles ou un peu de ballonnement après une grosse quantité de baies, chez l’humain comme chez l’animal, du fait des fibres et de l’acidité. Aucune réaction cutanée à la manipulation du feuillage.

Précautions : Rien de particulier, sinon rincer les fruits et tenir compte des traitements éventuellement appliqués. Les feuilles en infusion sont diurétiques : un usage régulier et soutenu se discute avec un médecin en cas de traitement pour la tension ou les reins.

Associations de plantes

Bonnes associations : La ciboulette et l’ail au pied sont une vieille habitude de jardin contre l’oïdium, et occupent le pied sans l’assécher. La bourrache et la phacélie attirent bourdons et abeilles, dont dépend la nouaison de variétés peu autofertiles comme le Noir de Bourgogne. La consoude en bordure fournit un paillis riche en potasse, exactement ce qui lui manque le plus souvent.

Associations à éviter : Ne pas planter près d’un pin Weymouth ou d’un autre pin à cinq aiguilles : les Ribes sont l’hôte alterné de la rouille vésiculeuse, et le cycle s’entretient entre les deux. Le noyer et le bouleau, allélopathique pour l’un, très gourmand en eau pour l’autre, lui retirent la fraîcheur dont il vit. Éviter enfin de serrer plusieurs Ribes atteints côte à côte, l’acarien du bourgeon passant d’un pied à l’autre avec la reversion.

Conseil : Planter deux variétés différentes plutôt qu’un pied isolé. Même chez les variétés dites autofertiles, la pollinisation croisée augmente nettement le nombre de baies par grappe et leur calibre.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Touffe en pleine terre, sol frais, profond et humifère, non calcaire, au soleil au nord de la Loire et à mi-ombre au sud.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel De début avril à mi-juin : tous les 5 à 7 jours ; de mi-juin à fin août : tous les 3 à 4 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 10 à 15 jours Ne jamais laisser le sol sécher entre la floraison et la récolte. Un coup de sec pendant le grossissement fait couler les grappes, et le calibre perdu ne revient pas.15 à 20 litres au pied, ses racines courent juste sous la surface
Inspection parasitaireUtile De début février à mi-mars : toutes les 2 à 3 semaines ; d’avril à juin : toutes les 1 à 2 semaines Ôter et porter en déchetterie les bourgeons renflés avant le débourrement, sans compost ni broyat de paillage, puis surveiller le revers des feuilles au printemps. Cet acarien transmet la reversion, un virus qui condamne définitivement le pied.Bourgeons anormalement ronds et gonflés en février : acarien du bourgeon
Compost, amendementUtile De début février à mi-mars Apporter la matière organique en surface en fin d’hiver, sans l’enfouir. Le cassis est gourmand en potasse, alors qu’une fumure trop azotée lui donne des pousses tendres que l’oïdium couvre aussitôt.Compost mûr ou fumier décomposé, plus une poignée de cendre tamisée
PaillageEssentiel De mi-mars à fin avril Pailler dès le début du printemps et renouveler en cours d’été si le paillis se tasse. Les racines du cassis sont superficielles et souffrent de la sécheresse avant celles de tout autre petit fruit.8 à 10 cm de tonte séchée, de BRF ou de compost grossier
Fructification, récolteUtile De mi-juin à fin juillet Cueillir quand les baies du haut de la grappe sont noires et souples, en une ou deux fois. Trop attendre et elles tombent au moindre choc.Récolter la grappe entière, pas baie à baie
Ramassage des feuilles mortesUtile De juillet à novembre Ramasser les feuilles tachées de brun et celles qui tombent prématurément, et les évacuer. L’anthracnose passe l’hiver dessus et repart au printemps sur les jeunes pousses.Y compris les feuilles tombées en plein été, ce qui n’a rien de normal
Mise en place des plantsEssentiel De mi-octobre à mi-mars Planter de préférence en novembre, en enterrant la base des branches de quelques centimètres. Le cassis émet alors de nouveaux rameaux depuis le sol, et c’est ce qui fait une touffe fournie plutôt qu’un pied sur tige.Collet enterré de 5 cm, 1,50 mètre entre deux pieds
BouturageOptionnel De mi-octobre à mi-décembre Prélever les boutures à la chute des feuilles et les planter aussitôt en terre libre, à l’ombre légère. Le cassis reprend presque à coup sûr et donne un pied productif en 3 ans.Bois sec de l’année, segments de 20 à 25 centimètres, deux yeux hors de terre
Traitement préventifOptionnel En novembre Un passage au cuivre après la chute des feuilles limite l’anthracnose qui défolie le cassis dès juillet. Il ne se justifie que sur un pied déjà touché, pas en routine.Bouillie bordelaise à la chute des feuilles, un seul passage
Taille de structureEssentiel De mi-novembre à fin février Tailler en plein repos, quand la touffe est nue et que le bois âgé se repère à l’œil. Le cassis fructifie sur les rameaux poussés l’année précédente : une touffe jamais renouvelée se vide par le centre en quelques saisons.Un tiers des branches supprimées à ras, les plus vieilles, à écorce grise et craquelée

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