Arbre fruitier · Grossulariacées
Groseillier Ribes rubrum
Aussi appelé : Groseillier à grappes, Groseillier rouge, Groseillier commun, Redcurrant
Le groseillier à grappes est un petit arbuste fruitier d’Europe de l’Ouest, cultivé pour ses grappes de baies rouges ou blanches, acidulées. Il forme une touffe de 1 à 1,50 m de haut, ou un cordon de 40 à 50 cm de large le long d’un mur. Il demande une terre fraîche et riche en humus, des arrosages réguliers au printemps et le renouvellement du vieux bois chaque hiver. Il convient aux coins de mi-ombre où peu de fruitiers produisent, mais le calcaire actif le fait jaunir et une gelée sur fleurs ouvertes supprime la récolte.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Grossulariacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3, il supporte -30 °C sans la moindre protection et réclame même du froid hivernal pour fructifier. Seules les fleurs d’avril sont fragiles : une gelée à -2 °C sur fleurs ouvertes supprime la récolte.
Dimensions : 1 m à 1,50 m de haut pour autant d’étalement en touffe libre. Conduit en cordon le long d’un mur, il ne prend que 40 à 50 cm de large.
Floraison : De fin mars à fin avril, de petites grappes pendantes de fleurs vert jaune, discrètes et sans parfum, visitées par les abeilles sauvages. Une gelée à -2 °C sur fleurs ouvertes supprime la récolte.
Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche et riche en humus, pH idéal de 6 à 6,5. Il tolère le neutre mais jaunit sur calcaire actif.
Exposition : Mi-ombre lumineuse ou soleil du matin, 4 à 6 heures suffisent. C’est l’un des rares fruitiers qui produise bien à l’ombre légère d’un mur nord.
Arrosage : 10 à 15 L par pied tous les 7 à 10 jours d’avril à juin, rapprochés à tous les 5 à 7 jours pendant les fortes chaleurs de juillet et août.
Durée de vie : Arbuste vivace caduc, productif 15 à 20 ans à condition de renouveler le vieux bois chaque hiver.
Multiplication : Bouturage de bois de l’année de mi-octobre à fin novembre, en pleine terre à l’ombre, reprise de plus de huit sur dix.
Arrosage & entretien
Arrosage : D’avril à juin, 10 à 15 L par pied tous les 7 à 10 jours, versés lentement au pied pour que l’eau passe sous le paillage ; tous les 5 à 7 jours en canicule, puis tous les 15 à 20 jours en septembre. Jamais sur le feuillage, qui garde les maladies.
Fertilisation : 2 à 3 L de compost bien décomposé griffés en surface en février-mars, plus une poignée de cendre de bois tamisée pour la potasse. Pas d’engrais azoté seul : il donne des pousses tendres couvertes de pucerons et peu de grappes.
Rempotage : En pleine terre, aucun. En bac de 40 à 50 L, surfacer chaque printemps et renouveler le substrat tous les 3 ans à l’automne, en rafraîchissant la motte à la bêche.
Taille : Chaque hiver hors gel, de fin novembre à février : supprimer à la base les branches de plus de 3 ans et garder 8 à 12 jeunes charpentières. C’est elle, et elle seule, qui maintient le calibre des grappes.
Exposition & substrat
Exposition : 4 à 6 heures de soleil suffisent, de préférence le matin. Au sud de la Loire, le soleil de l’après-midi grille les grappes avant maturité.
Emplacement : Extérieur toute l’année, sans abri ni protection hivernale. Une exposition est ou nord-est, au pied d’un mur, donne des fruits plus gros et plus tardifs.
Substrat : Terre profonde, fraîche, largement amendée en compost ou fumier décomposé. Les sols secs, sableux ou caillouteux ne lui conviennent pas.
pH : 5,8 à 6,8, légèrement acide. Au-delà de 7,5, chlorose ferrique et feuilles jaunes à nervures vertes.
Drainage : Il lui faut de la fraîcheur constante sans eau stagnante en hiver, ses racines vivant dans les dix premiers centimètres. Le paillage n’est pas un confort mais la condition de la récolte.
Multiplication
Bouturage : prélever sur le bois de l’année des tronçons de 20 à 25 cm, coupés sous un œil, et les enterrer aux deux tiers dans un coin frais et ombragé. Pour un pied sur tronc court, supprimer avant plantation les yeux qui seront enterrés ; les pieds sont bons à installer un an plus tard. La bouture ligneuse de mi-octobre à fin novembre, en pleine terre à l’ombre ; plus de huit boutures sur dix reprennent.
Les autres méthodes
Semis :
SemerSemer à l’automne, dehors en terrine, les graines fraîches couvertes de 3 mm de terreau ; la levée se fait au printemps. Les graines ne reproduisent pas fidèlement les variétés.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : le groseillier est autofertile, pourvu que les abeilles sauvages passent. Les grappes se cueillent bien colorées et translucides, en juin ou juillet ; écraser les baies, rincer les graines et les sécher, puis les garder au sec et au frais jusqu’au semis d’automne, elles restent bonnes un an ou deux.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : courber une branche basse, l’enterrer à 10 cm, la fixer d’un crochet et la sevrer à l’automne. Une vieille touffe peut aussi se diviser en hiver à la bêche, mais les éclats reprennent moins bien qu’une bouture.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’anthracnose tache les feuilles de brun dès juillet et défeuille le pied en pleine maturation ; ramasser les feuilles tombées et traiter à la bouillie bordelaise au débourrement. L’oïdium pose un feutrage blanc sur les jeunes pousses par temps lourd. La rouille vésiculeuse, bien plus rare sur groseillier à grappes que sur cassis, forme des pustules orange au revers des feuilles.
Parasites fréquents : Le puceron rouge cloque et rougit les feuilles au printemps sans jamais tuer le pied ; un jet d’eau au premier foyer suffit le plus souvent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La sésie pond dans les rameaux et sa larve en creuse la moelle : un rameau qui se fane brutalement en juin se coupe jusqu’au bois sain et part en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage. Cochenilles et acariens restent anecdotiques.
Prévention : Aérer le centre de la touffe à la taille d’hiver règle la moitié des ennuis de feuillage. Ramasser les feuilles à l’automne et arroser uniquement au pied. Désinfecter le sécateur avant de passer à un autre pied si l’on vient de tailler du bois malade.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune, le fruit se mange cru, cuit ou en gelée, y compris par les jeunes enfants. Feuilles et rameaux ne se consomment pas mais ne sont pas réputés dangereux.
Toxicité animaux : Le groseillier à grappes est classé non toxique pour le chien, le chat et le cheval. Ne pas le confondre avec le raisin de Corinthe, qui est un raisin sec et reste, lui, dangereux pour le chien ; la confusion tient au seul mot anglais currant.
Symptômes : Une grosse quantité de fruits peut donner un embarras digestif passager, chez l’humain comme chez l’animal, du fait de l’acidité. Aucune irritation de contact connue à la taille ou à la cueillette.
Précautions : Rien de particulier. Il ne se confond avec aucune baie toxique de nos jardins, ce qui en fait une des rares plantes fruitières que l’on peut laisser à portée d’un enfant.
Associations de plantes
Bonnes associations : Cassis et framboisier partagent ses besoins et sa taille d’hiver, ce qui fait une haie fruitière cohérente à entretenir. La ciboulette et l’ail plantés au pied limitent les maladies de feuillage par leurs composés soufrés. La consoude, coupée deux fois l’été et laissée sur place, rend au sol la potasse que les grappes consomment.
Associations à éviter : Ne rien planter sous un noyer, dont la juglone bloque la croissance des Ribes. Éloigner du pin Weymouth, hôte alternant de la rouille vésiculeuse. Éviter la menthe et les framboisiers drageonnants à son pied : leurs racines traçantes occupent exactement le niveau où sont les siennes.
Conseil : Palissé en cordon contre un mur au nord, il donne des grappes plus grosses et mûres 2 à 3 semaines plus tard qu’au soleil. Deux emplacements différents dans le même jardin étalent la récolte de fin juin à fin juillet.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pied planté en pleine terre au jardin, conduit en touffe libre, à mi-ombre ou au soleil du matin, dans un sol frais et paillé.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à juin : tous les 7 à 10 jours ; de juillet à août : tous les 5 à 7 jours ; de septembre à octobre : tous les 15 à 20 jours | Arroser copieusement en une fois plutôt que peu et souvent, pour que l’eau passe sous le paillage. Un manque d’eau pendant le grossissement donne des grains petits qui coulent avant d’être mûrs. |
| Compost, amendement | De début février à mi-mars | Apporter du compost bien décomposé sans bêcher : les racines courent à 10 cm et se coupent vite. Éviter l’azote seul, qui fait du bois tendre et appelle le puceron. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Étaler 5 à 7 cm de tonte séchée, de feuilles mortes ou de BRF sur toute la surface de la touffe, une fois le sol réchauffé et encore humide. Le groseillier souffre de la sécheresse bien avant que le feuillage ne le montre. |
| Floraison | De mi-mars à fin avril | Les petites grappes de fleurs vert jaune s’ouvrent début avril et sont visitées par les abeilles sauvages. Ne rien pulvériser pendant cette quinzaine, c’est la pollinisation qui fait le nombre de grains. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin | Retourner quelques feuilles chaque semaine : les cloques rouge vif signalent le puceron, un rameau qui se fane seul en juin trahit la larve de sésie logée dans la moelle. Ce rameau se coupe et se brûle, il ne se soigne pas. |
| Fructification, récolte | De mi-juin à fin juillet | Attendre 8 à 10 jours après la coloration complète, le temps que l’acidité tombe, puis récolter en deux ou trois passages. Les grappes oubliées se dessèchent sur pied ou partent aux merles. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à fin novembre | Ramasser et évacuer les feuilles tombées au pied au lieu de les laisser sur place, car elles portent les spores qui recontamineront le printemps suivant. Remettre du paillage propre par-dessus. |
| Bouturage | De mi-octobre à fin novembre | Planter des tronçons de 20 à 25 cm pris sur le bois de l’année, enterrés aux deux tiers dans un coin ombragé et frais. La reprise dépasse huit sur dix et les pieds sont bons à installer un an plus tard. |
| Taille de structure | De mi-novembre à fin février | Couper à la base les branches les plus âgées, reconnaissables à leur écorce grise et crevassée, et garder huit à douze jeunes charpentières bien réparties. Se fait hors gel, quand la sève est descendue et que la silhouette se lit. |