Arbre fruitier · Grossulariacées
Groseillier à maquereau Ribes uva-crispa
Aussi appelé : Groseillier épineux, Gooseberry
Le groseillier à maquereau est un arbuste épineux d’Europe et d’Afrique du Nord, cultivé pour ses grosses baies vertes, jaunes ou rouges, translucides et veinées. Il forme une touffe de 1 à 1,50 m de haut et d’autant de large en 4 ou 5 ans. Il demande un sol profond, frais et riche en humus, des arrosages tous les 5 à 7 jours au printemps et une taille d’hiver qui rajeunit les branches. Il réussit sous les hivers francs ; ce sont les étés chauds et secs du Midi, le calcaire actif et le soleil brûlant de l’après-midi qui le font souffrir.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Grossulariacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3, jusqu’à -30 °C sans dommage ; il lui faut même un hiver franc et froid pour fleurir correctement. Ce sont les étés chauds et secs, pas le gel, qui limitent sa culture dans le Midi.
Dimensions : 1 m à 1,50 m de hauteur pour autant d’étalement, atteints en 4 ou 5 ans.
Floraison : De fin mars à fin avril, de petites fleurs isolées vert rougeâtre, discrètes et sans parfum, cachées sous les rameaux épineux. Une nuit à -2 °C en pleine floraison suffit à supprimer la récolte.
Substrat : Sol profond, frais, riche en humus, ni compact ni caillouteux. pH de 6 à 6,8 : en calcaire actif, il jaunit entre les nervures.
Exposition : Soleil au nord de la Loire, mi-ombre au sud et en terrain sec. Le soleil brûlant de l’après-midi marque les fruits de taches liégeuses.
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours d’avril à juillet, 10 à 15 litres à chaque fois. Ses racines restent dans les trente premiers centimètres et ne vont pas chercher l’eau plus bas.
Durée de vie : Arbuste caduc, 10 à 15 ans de pleine production, davantage s’il est rajeuni branche à branche à chaque taille d’hiver.
Multiplication : Marcottage simple ou en butte au printemps, ou bouturage de bois de l’année en octobre et novembre.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours de la floraison à la récolte, puis tous les 10 à 15 jours jusqu’en septembre ; l’hiver, rien. Arroser au pied en une seule fois, généreusement, plutôt qu’un peu tous les jours.
Fertilisation : Deux à trois pelletées de compost mûr en fin d’hiver, avec une poignée de cendre de bois tamisée pour la potasse. Éviter les engrais azotés, qui font de la pousse tendre et de l’oïdium.
Rempotage : En bac de 50 litres au minimum, renouveler les 10 cm de terre de surface chaque hiver et rempoter tous les 3 ans. La pleine terre lui réussit nettement mieux.
Taille : Une taille de formation en gobelet ouvert de fin novembre à début mars, hors gel, et un pincement des rameaux de l’année à cinq feuilles en juin.
Exposition & substrat
Exposition : 4 à 6 heures de soleil suffisent, de préférence le matin. Au nord de la Loire le plein soleil convient ; plus au sud, l’ombre de l’après-midi devient nécessaire.
Emplacement : Extérieur toute l’année, exposition est ou nord-est, à l’abri des vents secs. Le pied d’un mur plein sud lui est franchement défavorable.
Substrat : Terre de jardin profonde, enrichie de compost et de terreau de feuilles, ameublie sur 40 cm. Il déteste les sols tassés et les fonds de cuvette.
pH : De 6 à 6,8, légèrement acide à neutre.
Drainage : Sol frais mais jamais détrempé : l’eau stagnante en hiver fait dépérir les charpentières une à une. Le bon repère est une terre qui garde l’humidité sans coller à la bêche.
Multiplication
Marcottage par couchage : marcottage simple au printemps ou à l’automne : courber une branche basse, entailler l’écorce en dessous, l’enterrer à 10 cm, la fixer d’un crochet et la sevrer un an plus tard. Le marcottage simple, au printemps ou à l’automne, plus sûr que la bouture chez cet arbuste ; la réussite est presque totale. Porter des gants, les rameaux sont épineux.
Les autres méthodes
Bouturage : D’octobre à fin novembre, prélever sur le bois de l’année des tronçons de 25 à 30 cm, supprimer les yeux de la partie à enterrer pour obtenir un pied sur courte tige, et les enfoncer aux deux tiers dans une terre fraîche à l’ombre. La reprise est moyenne, une bouture sur deux environ, et l’enracinement se fait pendant l’hiver.
Semis :
SemerSemer à l’automne, dehors en terrine, les graines fraîches couvertes de 3 mm de terreau ; la levée se fait au printemps. Les graines ne reproduisent pas fidèlement les variétés.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il est autofertile. Les groseilles se cueillent mûres et souples en juillet ; écraser les fruits, rincer les graines, les sécher et les conserver au sec et au frais jusqu’au semis d’automne, elles restent bonnes un an ou deux. Un seul pied donne des fruits si les insectes passent pendant sa floraison, sans gel.
Division et autres méthodes : Le marcottage en butte, en buttant de 15 cm la base d’une touffe rabattue, donne plusieurs plants à l’automne.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium américain couvre pousses, feuilles et fruits d’un feutrage blanc qui brunit et rend la récolte immangeable ; soufre mouillable au débourrement et taille aérée en hiver. L’anthracnose tache les feuilles de brun et les fait tomber en plein été, ce qu’enraye le ramassage de la litière à l’automne. En sol calcaire, la chlorose jaunit le feuillage entre les nervures et se corrige par des apports de compost.
Parasites fréquents : La tenthrède du groseillier est le ravageur majeur : fausses chenilles vert clair ponctuées de noir, parties du bas et du centre du buisson, capables de le défeuiller en 3 jours. Le ramassage à la main, répété tous les 2 jours pendant l’attaque, reste le moyen le plus sûr au jardin. Les pucerons cloquent et enroulent les jeunes feuilles au printemps, et la sésie creuse parfois un rameau qui se dessèche d’un coup.
Prévention : Tailler large pour que le feuillage sèche vite après une pluie. Ramasser et évacuer les feuilles tombées, où hivernent les champignons. Inspecter le cœur du buisson chaque semaine d’avril à juillet, c’est toujours là que tout commence.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune. Le fruit se mange cru ou cuit, et ni les feuilles ni l’écorce ne contiennent de principe dangereux connu ; c’est une plante alimentaire de longue tradition.
Toxicité animaux : Sans danger connu pour le chien et le chat. À ne pas confondre avec la toxicité rénale des raisins et raisins secs, qui concerne la vigne, Vitis vinifera, et non les groseilliers.
Symptômes : Rien de toxique, hors le désagrément digestif d’une grosse quantité de fruits verts, très acides. Le vrai risque est mécanique : des épines de 1 à 2 cm, dangereuses pour les mains et surtout pour les yeux d’un enfant.
Précautions : Planter à l’écart des zones de jeu ou choisir un cultivar peu épineux, tailler avec des gants épais, et désinfecter soigneusement toute piqûre profonde.
Associations de plantes
Bonnes associations : La ciboulette et l’ail au pied, dont l’odeur gêne les pucerons sans épuiser le sol. Le cassis et le groseillier à grappes, mêmes besoins de fraîcheur et même taille, ce qui simplifie l’entretien d’une haie fruitière. La capucine semée à 50 cm, plante-piège qui fixe les pucerons ailleurs que sur les rameaux.
Associations à éviter : Le pin Weymouth et les autres pins à cinq aiguilles, hôtes alternants de la rouille vésiculeuse, qui fait la navette entre les deux. Le noyer, dont la juglone freine sa croissance. Les couvre-sols vigoureux au pied, qui lui disputent l’eau exactement là où sont ses racines.
Conseil : L’installer au nord d’un mur ou sous l’ombre portée d’un fruitier plus haut. Contrairement à la plupart des arbustes à fruits, il donne de plus grosses baies à mi-ombre qu’en plein soleil, et c’est la chaleur qui le fait souffrir.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pleine terre au potager ou en haie fruitière, sol profond et frais, soleil au nord de la Loire et mi-ombre de l’après-midi plus au sud.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à juillet : tous les 5 à 7 jours ; d’août à septembre : tous les 10 à 14 jours | Arroser copieusement et rarement, 10 à 15 litres au pied, plutôt qu’un peu chaque jour. De la floraison à la récolte, chaque manque d’eau se paie directement en fruits. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin juillet : tous les 5 à 7 jours | Écarter les branches et regarder le cœur une fois par semaine. Trois générations se succèdent d’avril à juillet et un buisson peut se retrouver sans une feuille en 3 jours. |
| Compost, amendement | De mi-février à mi-mars | L’apport de fin d’hiver soutient la mise à fruit et la cendre fournit la potasse dont l’arbuste est gourmand. Éviter l’azote seul, qui donne des pousses tendres et de l’oïdium. |
| Traitement préventif | De mi-février à fin mars | Un passage au débourrement, renouvelé 15 jours plus tard, évite le feutrage blanc qui recouvre pousses et fruits dès mai. Traiter le soir et jamais au-dessus de 28 °C. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Le paillage remplace trois arrosages sur quatre en gardant les racines superficielles au frais. Le laisser toucher le collet appelle la pourriture. |
| Floraison | De mi-mars à fin avril | Rien à faire, sinon surveiller les gelées tardives : une nuit à -2 °C en pleine floraison suffit à supprimer la récolte de l’année. |
| Pincement | En juin | Ce pincement de juin ouvre le centre du buisson à l’air et à la lumière, ce qui gêne l’oïdium, et renvoie la sève vers les fruits en train de grossir. |
| Fructification, récolte | De juin à juillet | Éclaircir une baie sur deux à la mi-juin donne des fruits deux fois plus gros, et cette première cueillette se cuisine. Récolter ganté, les épines sont longues et cassantes. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à fin novembre | L’anthracnose hiverne dans les feuilles tombées et défeuille l’arbuste dès juillet l’année suivante. Ce ramassage vaut un traitement. |
| Taille de structure | De mi-novembre à mi-mars | Tailler par temps sec et hors gel, en dégageant le centre pour que la main passe entre les branches. Les meilleurs fruits viennent du bois de 5 ans, au-delà le rameau s’épuise. |