Vivace · Lamiacées
Sauge des bois Salvia nemorosa
Aussi appelé : Sauge sylvestre, Sauge des steppes, Woodland sage
Malgré son nom, la sauge des bois est une vivace des prairies sèches d’Europe centrale et orientale, qui dresse de fin mai à début juillet des épis bleu violet très visités par les abeilles et les bourdons. Elle forme une touffe de 40 à 60 cm de haut et autant de large, qui refleurit en septembre si on la rabat après la première vague. Elle demande surtout du plein soleil et une terre ordinaire, plutôt pauvre et caillouteuse, même calcaire. Le froid ne l’atteint pas : c’est une terre lourde et humide en hiver qui la fait disparaître.
- Type
- Vivace
- Famille
- Lamiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mai à septembre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : zone USDA 4 à 8, soit environ -30 °C, ce qui la met à l'abri partout en France. C'est l'humidité hivernale d'un sol lourd, jamais le froid, qui la fait disparaître.
Dimensions : 40 à 60 cm de haut pour autant d'étalement dans le type, de 30 cm pour les cultivars nains à 90 cm pour les plus hauts. La touffe forme une rosette basale persistante d'où partent les épis.
Floraison : De fin mai à début juillet, des épis dressés de petites fleurs bleu violet, parfois roses ou blanches selon les cultivars, sans parfum notable mais très visités par abeilles et bourdons. Rabattue après la première vague, elle remonte plus brièvement en septembre.
Substrat : terre de jardin ordinaire, plutôt pauvre et caillouteuse, pH 6,5 à 7,5. Elle supporte parfaitement le calcaire et déteste les sols enrichis.
Exposition : plein soleil, 6 heures par jour au minimum. À l'ombre, les tiges s'étirent, les épis se couchent et la floraison s'appauvrit.
Arrosage : rare : un arrosage copieux toutes les 2 à 3 semaines les deux premières années, puis seulement pendant les canicules. Un sol constamment humide lui fait plus de mal qu'un mois sans pluie.
Durée de vie : vivace de 5 à 10 ans, nettement moins en terre lourde. On la rajeunit en divisant la touffe tous les 4 ans environ.
Multiplication : Division de la touffe en mars et avril, ou bouturage des pousses non fleuries en juin et juillet.
Arrosage & entretien
Arrosage : d'avril à juin, un arrosage profond toutes les 2 à 3 semaines s'il n'a pas plu ; en juillet et août, tous les 10 à 15 jours par forte chaleur. Installée depuis 2 ans en pleine terre, elle se passe le plus souvent d'arrosage.
Fertilisation : une fine couche de compost au printemps, tous les 2 ou 3 ans, et rien de plus. L'engrais azoté est contre-productif : il allonge les épis, qui se couchent à la première averse.
Rempotage : en pot, tous les 2 ans au printemps, dans un contenant large et bien percé. Le mélange doit être très drainant, un tiers de sable grossier ou de gravier pour deux tiers de terreau.
Taille : le geste décisif est le rabattage d'un tiers à la moitié de la touffe fin juin, dès que les deux tiers des épis sont fanés, qui déclenche une seconde floraison en septembre. Les tiges sèches se coupent ensuite à 5 cm du sol fin février, pas avant : elles protègent le cœur de la touffe.
Exposition & substrat
Exposition : plein soleil, 6 à 8 heures par jour. Elle accepte une ombre de fin de journée, mais pas un couvert d'arbre.
Emplacement : dehors toute l'année, plein sud ou sud-ouest, en situation aérée. La circulation d'air autour de la touffe limite l'oïdium de fin d'été.
Substrat : terre de jardin ordinaire allégée de gravier ou de sable grossier. Plus le sol est pauvre, plus les tiges sont courtes et se tiennent droites.
pH : de 6,5 à 7,8, du neutre au franchement calcaire. Les sols acides et tourbeux ne lui conviennent pas.
Drainage : c'est le point critique : l'eau stagnante de l'hiver fait pourrir le collet et c'est la cause de perte la plus courante. En terre argileuse, planter sur une butte de 10 cm et garnir le collet de gravier.
Multiplication
Division : en mars et avril, dehors, soulever la touffe à la fourche, la couper à la bêche en éclats portant chacun des racines et plusieurs pousses, éliminer le centre usé. Replanter aussitôt à la même profondeur et arroser jusqu’à la reprise ; éviter l’automne, une jeune division supportant mal un hiver humide. La division de la touffe au printemps, en mars et avril, est la plus sûre et rajeunit en même temps un pied qui se dégarnit au centre vers 4 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : en juin et juillet, prélever des pousses non fleuries de 8 à 10 cm, par exemple celles retirées au rabattage, et les piquer dans un mélange de terreau et de sable maintenu juste humide. Dehors à l’ombre ou sous abri, sans étouffée, elles s’enracinent en 3 semaines environ.
Semis :
Semerau printemps, de mars à avril sous abri à 18 à 20 °C, graines recouvertes de 2 mm de terreau fin ; la levée prend 2 à 3 semaines. L’espèce se reproduit assez fidèlement de graines, les cultivars non.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles et des bourdons. Les petites graines noires mûrissent en août et septembre dans les calices devenus bruns, sur les épis qu’on n’a pas rabattus. Récoltées par temps sec, elles se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais. Comme les sauges voisines se croisent volontiers, les graines du commerce sont plus sûres pour obtenir l’espèce pure.
Maladies & parasites
Maladies courantes : l'oïdium marque les feuilles d'un feutrage blanc en août, sur les touffes serrées et mal ventilées ; éclaircir les tiges du centre suffit presque toujours. La pourriture du collet, elle, ne se traite pas : elle se prévient par le drainage. Une touffe qui noircit à la base en hiver est perdue.
Parasites fréquents : les limaces s'attaquent aux jeunes rosettes en mars et avril, seule période vraiment sensible. Les araignées rouges apparaissent parfois en situation très chaude et abritée, sur un feuillage poussiéreux. Le feuillage aromatique tient en revanche les chevreuils et les lapins à distance.
Prévention : espacer les plants de 40 à 50 cm pour laisser passer l'air, arroser au pied et le matin. Ne pas pailler le collet avec une matière organique, qui garde l'humidité exactement là où elle nuit.
Toxicité
Toxicité humaine : aucune toxicité connue, elle ne figure sur aucune liste de plantes dangereuses. Ce n'est pas pour autant une plante alimentaire : la sauge de cuisine est une autre espèce, Salvia officinalis.
Toxicité animaux : non répertoriée comme toxique pour le chien, le chat ou le cheval. L'odeur forte de son feuillage suffit d'ailleurs à les en détourner.
Symptômes : rien n'est attendu d'un contact ni d'une bouchée. Tout au plus des troubles digestifs passagers si un animal en avalait une grande quantité, comme avec n'importe quel végétal non alimentaire.
Précautions : aucune précaution particulière, elle se plante sans souci près d'une aire de jeux. Elle est en revanche très visitée par les abeilles et les bourdons : en tenir compte si quelqu'un y est allergique.
Associations de plantes
Bonnes associations : les rosiers arbustifs, dont elle habille le pied dégarni au moment exact où ils fleurissent. Les vivaces de sol sec et pauvre, achillée, gaura, népéta, qui demandent le même soleil et le même rabattage de fin juin. Les graminées légères comme le stipa, dont le mouvement contraste avec la raideur des épis.
Associations à éviter : les plantes d'ombre fraîche, hostas, fougères, astilbes, qu'il faudrait arroser tout l'été au détriment de la sauge. Les couvre-sols denses qui recouvrent le collet et y retiennent l'humidité hivernale. Les traçantes envahissantes, menthes en tête, qui étouffent une touffe à rosette basale en deux saisons.
Conseil : la planter par groupes impairs de trois à cinq pieds espacés de 40 cm, en gardant le collet libre de tout paillis. La masse fait l'effet, et l'air qui circule entre les touffes règle la question de l'oïdium.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pleine terre en massif ou en bordure, en plein soleil, dans un sol ordinaire plutôt pauvre et surtout bien drainé l'hiver.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à juin : toutes les 2 à 3 semaines ; de juillet à août : tous les 10 à 15 jours | Arroser rarement mais en profondeur, après plusieurs semaines sans pluie seulement : une fois installée, elle supporte bien mieux la sécheresse qu'un sol constamment humide. |
| Rabattage | De mi-février à mi-mars | Couper les tiges sèches laissées debout tout l'hiver : elles ont protégé le cœur de la touffe du froid et des pluies, et gênent maintenant les jeunes rosettes basales. |
| Compost, amendement | En mars, tous les 3 ans | Un apport léger tous les 2 ou 3 ans suffit : en sol riche, les épis s'allongent, se couchent à la première pluie et la touffe s'ouvre en son centre. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Garnir le collet de gravier plutôt que d'un paillis organique : c'est l'humidité retenue contre la souche en hiver, et non le gel, qui tue cette sauge. |
| Division de touffe | De mi-mars à fin avril, tous les 4 ans | Le centre de la touffe se dégarnit vers la quatrième année : diviser au printemps plutôt qu'à l'automne, une jeune division supportant mal un hiver humide. |
| Inspection parasitaire | De mi-mars à fin mai | Surveiller les limaces le soir pendant la reprise : passé le mois de mai, le feuillage devient rêche et aromatique, et plus grand monde n'y touche. |
| Floraison | De mi-mai à mi-juillet | Les épis dressés se succèdent 6 à 8 semaines et attirent abeilles et bourdons du matin au soir ; une remontée plus courte suit en septembre. |
| Fleurs fanées | De mi-mai à fin juin | Retirer les épis fanés un à un pendant la première vague : la touffe repart sur ses bourgeons latéraux et fleurit 2 à 3 semaines de plus. |
| Taille après floraison | De mi-juin à fin juillet | C'est le geste de l'année : rabattre toute la touffe quand les deux tiers des épis sont fanés déclenche une seconde floraison en septembre. |
| Bouturage | De mi-juin à fin juillet | Les pousses non fleuries retirées au rabattage s'enracinent en 3 semaines à l'ombre, dans un mélange sableux maintenu juste humide. |