Aromatique · Lamiacées
Romarin Salvia rosmarinus
Aussi appelé : Romarin officinal, Herbe aux couronnes, Encensier, Rosemary
Le romarin est un arbuste aromatique des garrigues méditerranéennes, au feuillage persistant étroit et parfumé, qui se couvre de petites fleurs bleu pâle de mars à mai. Il forme chez nous un buisson de 1 à 1,5 m de haut et autant de large, ou un tapis de 30 à 50 cm dans les formes rampantes qui retombent le long d’un muret. Il demande surtout du plein soleil et un sol pauvre, caillouteux et très drainé, calcaire compris. Il supporte -10 à -15 °C au sec, mais un sol détrempé en hiver le tue.
- Type
- Aromatique
- Famille
- Lamiacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -12 °C
- Floraison
- De mars à mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 7 à 8, soit -10 à -15 °C, mais uniquement en sol sec et drainé. Le même froid sur un sol détrempé le tue : en France, c’est l’humidité hivernale qui décide, pas le thermomètre.
Dimensions : 1 m à 1,5 m de haut pour autant de large dans les formes dressées, à maturité et après quelques années. Les formes rampantes restent à 30 ou 50 cm et retombent le long d’un muret.
Floraison : De mars à mai, dès février dans le Midi, de petites fleurs bleu pâle, parfois blanches ou roses selon les cultivars, très mellifères ; le parfum vient du feuillage. Une seconde floraison discrète suit souvent à l’automne.
Substrat : Sol caillouteux, pauvre et très drainé, le calcaire étant bien toléré, avec un pH de 6,5 à 8. En pot, deux tiers de terreau et un tiers de sable grossier ou de pouzzolane.
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. À mi-ombre, le buisson se dégarnit, fleurit peu et perd son parfum.
Arrosage : Rare : tous les 4 à 6 jours en pot au plus fort de l’été, tous les 10 à 15 jours en automne, une fois par mois au plus en hiver. En pleine terre, un sujet installé depuis 2 ans ne se soucie plus de rien.
Durée de vie : Vivace arbustive à feuillage persistant, 10 à 15 ans en pleine terre. En pot, il se dégarnit du bas au bout de 4 à 5 ans et se remplace par bouture.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées en août et septembre, dans un mélange de sable et de terreau, à l’ombre claire.
Arrosage & entretien
Arrosage : Attendre que le substrat soit sec sur 5 cm, puis arroser copieusement jusqu’à ce que l’eau sorte par le trou du pot : tous les 4 à 6 jours en juillet et août, tous les 8 à 10 jours au printemps, tous les 10 à 15 jours en automne. En hiver, une fois par mois suffit, et on saute l’arrosage s’il a plu.
Fertilisation : Rien en pleine terre, où un excès d’azote donne des pousses molles, moins parfumées et plus sensibles au gel. En pot, un seul apport pauvre en azote en avril ou mai, une à deux fois dans la saison.
Rempotage : Tous les 3 ans environ, en mars, dans un mélange très drainant et un pot à peine plus grand. Garder le collet nettement au-dessus du niveau du terreau, et proscrire les terreaux fins qui retiennent l’eau.
Taille : Juste après la floraison de printemps, en mai ou juin, raccourcir d’un tiers la pousse de l’année pour garder un buisson dense. Ne jamais couper dans le bois nu : le romarin n’y repart pas et le trou reste définitif.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour, la lumière la plus vive possible. C’est le soleil direct qui concentre les huiles essentielles et donne son parfum à la plante.
Emplacement : Extérieur toute l’année, au sud ou au sud-ouest, contre un mur qui restitue la chaleur et coupe les vents froids. Il n’a pas sa place dans une maison chauffée, où il s’étiole et attire les cochenilles en quelques mois.
Substrat : Pauvre, caillouteux, sableux, franchement drainant : il pousse sur les garrigues les plus ingrates. Améliorer la terre lui nuit, ajouter du gravier lui profite.
pH : De 6,5 à 8, avec une préférence marquée pour les sols neutres à calcaires. Les terres acides et humides ne lui conviennent pas.
Drainage : C’est le point critique de sa culture. Un sol lourd, une soucoupe pleine ou un massif arrosé automatiquement provoquent une pourriture racinaire dont il ne revient pas : en terre argileuse, le planter sur une butte ou une rocaille surélevée.
Multiplication
Bouturage : en août et septembre, prélever des pousses de l’année de 10 à 15 cm, effeuiller la moitié basse et les piquer dans un mélange de sable et de terreau. À l’ombre claire, dehors ou sous abri, le mélange juste humide et sans étouffée, l’enracinement demande 6 à 8 semaines ; le jeune plant passe son premier hiver à l’abri du gel.
Les autres méthodes
Semis :
Semerau printemps, en mars et avril sous abri à 20 °C, graines à peine recouvertes ; la levée, lente et irrégulière, prend 3 à 4 semaines et le taux de germination reste faible. Les plants ne reproduisent pas fidèlement les cultivars à port rampant ou à fleurs colorées, qui se multiplient par bouture.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles grâce aux abeilles, mais donnent peu de graines, qui mûrissent de juin à juillet dans les calices secs et tombent vite au sol. Gardées au sec et au frais, elles restent bonnes un an environ, et leur faible germination justifie d’en semer beaucoup. Les sachets du commerce donnent l’espèce ; un cultivar précis ne s’obtient que par bouture.
Division et autres méthodes : marcottage simple au printemps, dehors : coucher une branche basse au sol, l’enterrer sur 5 cm en la maintenant d’un crochet, et la sevrer à l’automne. Les formes rampantes marcottent souvent seules au contact du sol.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture racinaire due à un excès d’eau est de loin la première cause de mort : le buisson grisaille puis sèche d’un coup, souvent au premier soleil de mars, alors que le mal vient de l’hiver. L’oïdium poudre le feuillage de blanc dans les situations confinées et peu aérées. La fumagine, suie noire collante, suit toujours une attaque de cochenilles et disparaît avec elles.
Parasites fréquents : La chrysomèle du romarin, coléoptère de 7 mm rayé de vert et de rouge métallique, dévore les jeunes pousses de l’automne au printemps ; on la ramasse à la main le matin, en secouant le buisson au-dessus d’un carton. Les cochenilles farineuses se logent dans les aisselles des rameaux, à traiter au coton imbibé d’alcool, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La cicadelle écumeuse laisse des amas de mousse blanche sans gravité réelle.
Prévention : Drainer, espacer, ne jamais arroser sur le feuillage, et tailler chaque année pour que l’air circule dans le buisson. Un paillis minéral au pied vaut mieux qu’un paillis organique, qui retient l’humidité contre le collet. Inspecter de septembre à mai, période d’activité de la chrysomèle, plutôt qu’en plein été.
Toxicité
Toxicité humaine : La plante est sans danger aux doses culinaires, en branche dans un plat ou en infusion légère. L’huile essentielle, elle, est riche en camphre : neurotoxique à forte dose, elle est contre-indiquée chez la femme enceinte ou allaitante, chez l’enfant de moins de 6 ans et en cas d’épilepsie.
Toxicité animaux : L’ASPCA classe le romarin comme non toxique pour le chien, le chat et le cheval. Une branche mordillée ne présente aucun risque, seule une très grosse quantité peut causer un trouble digestif passager.
Symptômes : Aucun symptôme attendu par contact avec la plante, hormis quelques piqûres des feuilles pointues. En cas d’ingestion d’huile essentielle, nausées, agitation et, à forte dose, convulsions, ce qui justifie un appel au centre antipoison.
Précautions : Les flacons d’huile essentielle se rangent hors de portée des enfants et ne se diffusent pas dans une pièce où vit un chat. Ne consommer que des rameaux dont on connaît l’origine, ceux des haies urbaines pouvant avoir été traités.
Associations de plantes
Bonnes associations : Lavande, thym et sauge officinale partagent exactement ses besoins, sec, pauvre et solaire, et se taillent au même moment. Au potager, une touffe près des choux et des carottes brouille la piste de la piéride et de la mouche de la carotte. Sa floraison, l’une des toutes premières de l’année, nourrit les abeilles dès février dans le Midi, mars ailleurs.
Associations à éviter : Menthe, basilic et courgette imposent des arrosages qui lui sont fatals, ne jamais les mettre dans le même bac ni le même carré. Éviter les massifs arrosés automatiquement et paillés de matière organique, pour la même raison. Enfin, ne pas le serrer entre des vivaces hautes qui le priveraient de soleil et d’air, il se dégarnirait par le bas.
Conseil : Le planter en hauteur, sur une butte, un muret ou une rocaille, plutôt que d’essayer d’améliorer une terre lourde. Un romarin qui a les pieds au sec et la tête au soleil ne demande plus rien pendant 10 ans.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pot de 30 à 40 cm très drainé sur une terrasse, ou pleine terre caillouteuse en sol pauvre, en plein soleil et à l’abri des vents froids, sans arrosage automatique.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à mai : tous les 8 à 10 jours ; de juin à août : tous les 4 à 6 jours ; de septembre à octobre : tous les 10 à 15 jours ; de novembre à mars : tous les 1 à 2 mois | N’arroser que lorsque le substrat est sec sur 5 cm, puis copieusement jusqu’à ce que l’eau sorte du pot, plutôt que par petites doses qui ne mouillent que la surface. L’hiver, sauter l’arrosage si le pot reste frais ou s’il a plu. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe toute l’année, y compris en décembre où l’on n’arrose plus mais où la pluie remplit. Les racines laissées dans l’eau brunissent en quelques semaines et la plante grille d’un coup au premier soleil. |
| Rempotage | De début mars à mi-avril, tous les 3 ans | Rempoter tous les 3 ans environ, au printemps, en dégageant un peu les racines et en gardant le collet bien au-dessus du niveau du terreau. Un terreau de rempotage standard, trop fin et trop rétenteur, est la cause la plus fréquente d’échec en pot. |
| Engrais liquide | D’avril à mai | Un apport léger au démarrage de la végétation suffit pour un sujet en pot depuis plusieurs années. En pleine terre, aucun engrais : un romarin nourri fait des pousses molles, moins parfumées et bien plus sensibles au gel. |
| Taille après floraison | De mai à juin | Raccourcir les rameaux juste après la floraison de printemps pour garder un buisson dense, en restant toujours sur la partie feuillée. Le romarin ne repart pas du vieux bois dégarni : une coupe trop basse laisse un trou définitif. |
| Bouturage | D’août à septembre | Effeuiller la moitié basse et piquer dans un mélange sable et terreau, à l’ombre claire et juste humide. L’enracinement demande 6 à 8 semaines et le jeune plant passe son premier hiver à l’abri du gel. |
| Inspection parasitaire | De septembre à mai | Secouer le buisson au-dessus d’un carton le matin, de l’automne au printemps, et ramasser les adultes et les larves grises qui tombent. Vérifier aussi les aisselles pour les cochenilles farineuses et les amas mousseux des cicadelles. |
| Mise à l'abri de la pluie | De début novembre à mi-mars | Déplacer le pot sous un auvent ou contre un mur, et le surélever sur des cales pour que le trou de drainage reste libre. En pleine terre, une pente ou une butte de gravier au pied remplace l’abri. |
| Protection des racines | De mi-novembre à fin février | Emballer le pot dans un voile ou du carton pour protéger la motte du gel, en laissant le feuillage à l’air et à la lumière. Un paillis de feuilles ou de tonte retient l’eau contre le collet et provoque exactement la pourriture qu’on cherche à éviter. |