Succulente · Crassulacées
Orpin âcre Sedum acre
Aussi appelé : Orpin brûlant, Poivre des murailles, Vermiculaire brûlante, Pain d’oiseau, Biting stonecrop
L’orpin âcre est une petite succulente d’Europe, spontanée chez nous sur les murs et les dunes, qui forme un tapis persistant de feuilles charnues vert doré. Haut de 5 cm, il s’étend sans limite, couvre 30 à 40 cm en 2 ou 3 ans et se couvre d’étoiles jaunes en juin et juillet. Il demande surtout du plein soleil et un sol pauvre et très drainant, même peu épais, sans aucun arrosage en pleine terre une fois installé. Le froid ne l’atteint pas ; l’humidité hivernale et l’ombre sont ce qui le fait dépérir.
- Type
- Succulente
- Famille
- Crassulacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -35 °C
- Floraison
- De juin à juillet
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 3, soit environ -35 °C, très au-delà de ce que connaît la France métropolitaine. Spontané sur nos murs et nos dunes, c’est l’humidité hivernale et jamais le froid qui le fait disparaître.
Dimensions : 5 cm de haut en feuillage, 10 cm avec les tiges fleuries, pour un étalement sans limite : un pied couvre 30 à 40 cm en 2 ou 3 ans et se bouture seul en avançant.
Floraison : En juin et juillet, une multitude de petites étoiles jaune vif qui recouvrent entièrement le tapis, très visitées par les abeilles, sans parfum. Ingérée, la plante est âcre et légèrement toxique.
Substrat : Pauvre, sableux ou caillouteux, très drainant, même sur quelques centimètres d’épaisseur seulement. Il accepte toute la fourchette de pH de 6 à 8 et pousse volontiers en terrain calcaire.
Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum. À l’ombre, il s’étire, perd sa teinte dorée et fleurit à peine.
Arrosage : Aucun en pleine terre une fois installé, hors les trois premières semaines après plantation. En pot, un arrosage copieux toutes les 2 à 3 semaines de mai à septembre, et plus rien le reste de l’année.
Durée de vie : Vivace couvre-sol au feuillage persistant : chaque rosette est éphémère, mais le tapis se renouvelle seul indéfiniment si on le regarnit tous les 3 ou 4 ans.
Multiplication : Fragments de tiges posés sur un sol sableux de mai à août, ou plaques du tapis replantées au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Rien en pleine terre passé la reprise, la pluie française suffit et l’excès le tue bien plus sûrement que la sécheresse. En pot, arroser à fond toutes les 2 à 3 semaines l’été, seulement quand le substrat est sec de part en part et que les feuilles se rident.
Fertilisation : Aucune. Un engrais, même léger, donne des pousses molles et vert sombre qui s’écrasent et pourrissent au premier hiver humide ; en pot, une pincée de compost tous les 3 ans au rempotage suffit largement.
Rempotage : Tous les 3 ou 4 ans en pot, au printemps, dans un mélange à parts égales de terreau et de sable grossier ou de pouzzolane. En pleine terre, pas de rempotage : on soulève des plaques du tapis pour regarnir les creux.
Taille : Tondre les tiges florales sèches à la cisaille fin juillet ou en août. Le reste de l’entretien consiste surtout à contenir son extension, l’orpin âcre débordant sur ce qui l’entoure.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil toute la journée, 6 à 10 heures. Le feuillage prend alors sa teinte vert clair doré et reste tassé ; à mi-ombre, il s’allonge et se dégarnit.
Emplacement : Extérieur toute l’année sans aucun abri : rocaille, dessus de muret, joint de dallage, bordure caillouteuse, toiture végétalisée. Une exposition sud ou ouest, au pied d’un mur qui renvoie la chaleur, lui convient parfaitement.
Substrat : Sol pauvre, sableux ou graveleux, éventuellement sur 5 cm d’épaisseur. Une bonne terre de jardin riche et lourde lui nuit : il s’y allonge, se dégarnit et pourrit l’hiver.
pH : De 6 à 8, sans exigence particulière. Il colonise spontanément les murs de calcaire et les vieux mortiers.
Drainage : C’est le point qui décide de tout. Sur sol lourd ou argileux, planter sur une butte ou incorporer un tiers de gravier ; en pot, large trou de drainage, substrat très sablonneux et pas de soucoupe, l’eau stagnante de novembre à février faisant pourrir le collet.
Multiplication
Bouturage : de mai à fin août, poser des fragments de tiges de 3 à 5 cm sur un sol sableux à peine tassé, dehors en plein soleil, sans les enterrer ni les arroser. Ils s’enracinent seuls en 1 à 2 semaines.
Les autres méthodes
Semis :
Semerpossible au printemps, graines très fines laissées en surface à la lumière, mais personne ne le pratique, tant le bouturage est facile ; la plante se ressème d’ailleurs seule.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, avec l’aide des abeilles. Les fleurs, très visitées, donnent en juillet et août de minuscules capsules étoilées qui libèrent des graines fines comme de la poussière ; on coupe les tiges sèches au-dessus d’un papier. Elles se gardent 2 ans au sec, mais la récolte est rarement utile, tant la plante se ressème et se bouture seule.
Division et autres méthodes : de mi-mars à fin avril, dehors, soulever des plaques du tapis à la main ou à la truelle et les poser sur les endroits dégarnis, en les pressant légèrement : elles reprennent en quelques jours. Laver ses mains après, la plante étant âcre.
Maladies & parasites
Maladies courantes : Presque rien, hormis la pourriture du collet et des racines sur sol détrempé, qui se voit à des plaques brunes et molles se détachant du tapis. Il n’y a pas de traitement : on retire la plaque, on améliore le drainage et on rebouture à côté. Une rouille marque parfois le feuillage de pustules orangées après un printemps pluvieux, sans gravité.
Parasites fréquents : Les pucerons s’installent sur les tiges florales en juin, sans conséquence réelle, un jet d’eau les déloge. Les larves d’otiorhynque rongent les racines en pot et font décoller le tapis par plaques, à traiter aux nématodes auxiliaires en août ou septembre. Limaces et escargots ne s’attaquent qu’aux boutures fraîches, la sève âcre les rebutant ensuite.
Prévention : Substrat drainant, paillage minéral et zéro engrais suppriment à eux seuls presque tous les ennuis. Ramasser les feuilles mortes à l’automne, qui font le lit des pourritures. Éviter d’arroser le feuillage par temps couvert.
Toxicité
Toxicité humaine : Plante toxique et irritante, contrairement à plusieurs orpins voisins qui se mangent : elle contient des alcaloïdes pipéridiques et un suc au goût brûlant qui lui vaut son nom de poivre de muraille. Feuilles et tiges fraîches sont concernées.
Toxicité animaux : Peu d’intoxications rapportées chez le chien et le chat, sa saveur âcre décourageant l’ingestion. Une quantité importante reste irritante pour le tube digestif et justifie un appel au vétérinaire, en particulier chez les rongeurs et les herbivores domestiques.
Symptômes : Par ingestion, brûlure de la bouche, nausées, vomissements et diarrhée ; par contact, un suc frais prolongé sur la peau donne rougeurs, irritation et parfois cloques chez les personnes sensibles. Une projection dans l’œil impose un rinçage immédiat et un avis médical.
Précautions : Porter des gants pour arracher ou bouturer de grandes quantités, et se laver les mains ensuite. Ne pas le confondre avec l’orpin blanc ou l’orpin réfléchi, eux comestibles, surtout si des enfants cueillent en rocaille : l’orpin âcre ne se consomme sous aucune forme.
Associations de plantes
Bonnes associations : Joubarbes, thym serpolet et œillet à delta, qui partagent le plein soleil, le sol maigre et le drainage parfait : le tapis d’orpin sert de fond aux rosettes des joubarbes. Une fétuque bleue ou une armérie maritime apporte de la hauteur sans lui faire d’ombre. En toiture végétalisée, il se mélange à l’orpin blanc et à l’orpin réfléchi, de vigueur comparable.
Associations à éviter : Hostas, astilbes et fougères, plantes de sol frais et riche, arrosées à un rythme qui le fait pourrir. Éviter aussi le voisinage de petites alpines lentes et précieuses, androsaces ou saxifrages en coussin, qu’il recouvre et étouffe en deux saisons. Enfin pas en bordure de gazon : il y passe et devient très difficile à en extraire.
Conseil : Le planter là où il peut courir, crête de muret, gravier, joints de dallage, plutôt que dans un massif à tenir au cordeau. Pour l’enlever d’un endroit, ramasser jusqu’au dernier fragment : chaque morceau de tige laissé au sol refait un pied.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Plantation en pleine terre dans une rocaille, sur un muret ou en bordure caillouteuse, en plein soleil et sur un sol pauvre et très drainant ; les gestes signalés pour le pot valent aussi pour une jardinière ou une toiture végétalisée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Inspection parasitaire | De mars à octobre | Contrôler après une longue pluie, les ennuis de ce couvre-sol venant presque toujours de l’humidité ou des larves d’otiorhynque en pot, très rarement d’un insecte visible sur le feuillage. |
| Division de touffe | De mi-mars à fin avril, tous les 3 ans | Soulever des plaques du tapis au printemps pour regarnir les endroits dégarnis, le centre se creusant au bout de 3 ou 4 ans ; elles reprennent en quelques jours. |
| Paillage | En avril, tous les 3 ans | Regarnir le paillage minéral autour des touffes : il garde le collet au sec, évite les éclaboussures de terre et retarde les herbes, là où un paillis organique ferait pourrir la plante. |
| Arrosage | De mai à septembre | Arroser copieusement en une fois puis laisser sécher complètement, jamais plus de deux fois par mois : l’orpin âcre stocke l’eau dans ses feuilles et pourrit bien avant d’avoir soif. |
| Bouturage | De mai à août | Poser des fragments de tige sur un sol sableux à peine tassé, sans les enterrer ni les arroser : ils s’enracinent seuls en 1 à 2 semaines pendant la belle saison. |
| Fleurs fanées | De mi-juillet à fin août | Tondre les tiges florales desséchées après la floraison jaune de juin et juillet : le tapis retrouve son aspect ras et se ressème moins dans les allées voisines. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à mi-décembre | Retirer les feuilles mortes tombées sur le tapis avant qu’elles ne collent : une couche humide étouffe les rosettes en 15 jours et laisse des plaques noires au printemps. |
| Mise à l'abri de la pluie | De novembre à février | Mettre les potées à l’abri de la pluie d’hiver, contre un mur ou sous un auvent et surélevées sur des cales : ce n’est pas le froid qui tue l’orpin, c’est l’eau qui stagne quand il ne pousse plus. |