Vivace · Verbénacées
Verveine de Buenos Aires Verbena bonariensis
Aussi appelé : Verveine de Patagonie, Verveine d’Argentine, Purpletop vervain
La verveine de Buenos Aires est une vivace d’Amérique du Sud aux tiges fines, raides et presque nues, coiffées de petites têtes mauve violacé de juin à octobre. Elle monte à 1,2 à 1,8 m sans occuper plus de 40 à 60 cm au sol, si bien qu’on la glisse entre d’autres plantes, au fond comme au premier plan d’un massif. Elle veut le plein soleil et une terre légère, même pauvre ou caillouteuse, mais redoute l’eau stagnante en hiver. Chaque pied ne vit que 2 à 3 ans, mais elle se ressème et se maintient seule, pour le plus grand plaisir des papillons.
- Type
- Vivace
- Famille
- Verbénacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -10 °C
- Floraison
- De juin à octobre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 8 à 10 : la souche supporte environ -10 °C, jusqu’à -12 °C en sol très drainé, mais pourrit si l’eau stagne en hiver.
Dimensions : 1,2 à 1,8 m de haut pour 40 à 60 cm d’étalement, en touffe de tiges fines et raides ramifiées au sommet.
Floraison : De mi-juin à octobre, de petites têtes de fleurs mauve violacé au sommet de tiges hautes et raides, très appréciées des papillons.
Substrat : Terre ordinaire à pauvre, légère et bien drainée, même caillouteuse ou calcaire, au pH de 6 à 8.
Exposition : Plein soleil, indispensable à une floraison abondante et à des tiges bien droites.
Arrosage : Une fois par semaine le premier été, puis seulement en sécheresse prolongée, tous les 10 à 15 jours de juin à août.
Durée de vie : Vivace de courte durée, 2 à 3 ans par pied, qui se ressème spontanément et se maintient ainsi des années au jardin.
Multiplication : Semis sous abri de mars à début mai après 2 à 4 semaines au froid, ou repiquage des plants spontanés au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Le premier été après la plantation, arroser copieusement au pied une fois par semaine pour aider les racines à s’installer. Ensuite, n’arroser qu’en sécheresse prolongée, tous les 10 à 15 jours de juin à août, et jamais en hiver.
Fertilisation : Aucun engrais : dans une terre riche, elle pousse en tiges molles qui versent et fleurit moins. Un peu de compost à la plantation, seulement dans une terre très pauvre, suffit pour toute sa vie.
Rempotage : En pleine terre, ni rempotage ni division : on renouvelle les pieds âgés en laissant se développer les semis spontanés. En pot, prévoir un contenant d’au moins 30 cm de profondeur et rempoter chaque printemps dans un terreau neuf et drainant.
Taille : Ne rien couper à l’automne : laisser les tiges sèches tout l’hiver, puis les rabattre à 10 cm du sol de mi-mars à fin avril, quand les nouvelles pousses apparaissent à la base. Couper une fois en août les premières têtes défleuries relance la floraison jusqu’aux gelées.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, avec au moins 6 heures de soleil direct par jour. À mi-ombre, elle s’étiole, verse et fleurit peu.
Emplacement : Extérieur, en pleine terre, dans un massif, une prairie fleurie ou un jardin de graviers orienté au sud ou à l’ouest. Ses tiges fines et transparentes permettent de la placer au premier rang sans cacher ce qui pousse derrière.
Substrat : Terre ordinaire, légère et drainante, même pauvre ou caillouteuse, sans apport d’engrais. En terre lourde, l’alléger de gravier et de sable grossier sur 30 cm de profondeur.
pH : De 6 à 8, du légèrement acide au calcaire. Elle s’accommode très bien des sols calcaires.
Drainage : Point décisif : l’eau qui stagne en hiver fait pourrir la souche bien plus sûrement que le froid. En sol argileux, la planter sur une butte ou en bordure de gravier, et compter sur ses semis spontanés pour remplacer les pieds perdus.
Multiplication
Semis : de mars à début mai, à l’intérieur : passer d’abord les graines 2 à 4 semaines au réfrigérateur dans un terreau humide, puis les semer à peine couvertes de 1 à 2 mm, vers 20 °C. La levée prend 2 à 4 semaines, souvent échelonnée ; mettre en place après les dernières gelées. L’espèce se reproduit fidèlement.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les papillons et les abeilles fécondent ses fleurs entre elles. De septembre à octobre, couper les têtes devenues brunes et sèches et les secouer dans un sac en papier pour en faire tomber les fines graines. Les papillons et les abeilles assurent la fécondation, d’où les nombreux semis spontanés. Gardées au sec et au frais, les graines restent bonnes 2 à 3 ans.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible : de juin à août, boutures de tiges non fleuries de 8 à 10 cm, dans un mélange de terreau et de sable, sous abri à mi-ombre, qui s’enracinent en 3 à 4 semaines. Hiverner les jeunes plants hors gel.
Division et autres méthodes : Les semis spontanés tiennent lieu de multiplication : au printemps, déterrer les jeunes plants avec leur motte et les replanter là où on les veut. La division de la souche reprend mal et ne vaut pas la peine.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre les feuilles d’un feutrage blanc en fin d’été, surtout par journées sèches et nuits humides : supprimer les feuilles atteintes et arroser au pied, jamais sur le feuillage. La pourriture de la souche, en sol lourd et détrempé l’hiver, se traduit par une absence de reprise au printemps et ne se soigne pas.
Parasites fréquents : Les limaces et les escargots dévorent les jeunes pousses et les semis au printemps, à protéger par des granulés au phosphate ferrique ou une barrière. Les pucerons se groupent parfois à l’extrémité des tiges et se chassent au jet d’eau, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Choisir une place en plein soleil et un sol drainant, et ne jamais l’enrichir : une plante poussée sans excès d’azote résiste mieux à l’oïdium. Espacer les pieds d’au moins 40 cm pour que l’air circule entre les tiges. Laisser la souche couverte de ses tiges sèches tout l’hiver et ne rabattre qu’au printemps.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune toxicité connue pour l’homme. Elle ne se consomme pas pour autant : la verveine des tisanes est la verveine odorante, ou citronnelle (Aloysia citrodora), une tout autre plante.
Toxicité animaux : Aucune toxicité n’est documentée pour le chien, le chat ni les autres animaux domestiques. Mâchonnée en quantité, elle peut tout au plus causer un trouble digestif léger, comme la plupart des végétaux.
Symptômes : Aucun symptôme spécifique connu ; une ingestion importante peut provoquer vomissements ou diarrhée passagers. Ses tiges et feuilles rêches peuvent gratter la peau, sans autre effet connu.
Précautions : Aucune précaution particulière n’est nécessaire au jardin. Ne pas la cueillir pour une infusion en la confondant avec la verveine citronnelle.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les graminées légères comme le Stipa tenuissima ou le Panicum partagent son goût pour le soleil et les sols drainés, et leurs chaumes dorés soulignent ses bouquets violets jusqu’en hiver. Les échinacées et les rudbeckias fleurissent en même temps, avec les mêmes besoins, et attirent comme elle les papillons. La gaura, aussi aérienne, prolonge l’effet de transparence en massif.
Associations à éviter : Les hostas, les astilbes et les hortensias réclament une terre fraîche et des arrosages fréquents qui feraient pourrir sa souche. Les couvre-sols denses comme la pervenche ou le lierre étouffent sa base et empêchent les semis spontanés qui assurent son renouvellement. Les grandes vivaces touffues plantées trop près, comme les asters vigoureux, lui prennent la lumière et la font verser.
Conseil : Planter par groupes de cinq à sept pieds, même au premier rang, pour profiter de l’effet de voile de ses tiges fines. Laisser un peu de terre nue autour des touffes afin que ses graines y germent et remplacent les pieds âgés.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Vivace de courte durée en pleine terre, dans un massif ensoleillé au sol drainé plutôt pauvre, renouvelée par ses semis spontanés, dans une région où l’hiver ne descend pas durablement sous -10 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : tous les 10 à 15 jours | Un pied installé s’enracine profondément et se contente de la pluie la plupart des étés. Le premier été après la plantation, un arrosage chaque semaine l’aide à s’installer. |
| Semis | De début mars à mi-mai | Semer sous abri vers 20 °C après 2 à 4 semaines au réfrigérateur dans un terreau humide, ce qui régularise la levée. Au jardin, repérer au printemps les jeunes plants spontanés, garder les mieux placés et arracher le surplus. |
| Rabattage | De mi-mars à fin avril | Couper les vieilles tiges sèches quand les nouvelles pousses apparaissent à la base. Laissées debout tout l’hiver, elles protègent la souche du froid et nourrissent les oiseaux de leurs graines. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin septembre | En avril et mai, protéger des limaces les jeunes pousses et les semis, qu’elles apprécient particulièrement. En fin d’été sec, un feutrage blanc d’oïdium peut couvrir les feuilles basses sans gravité à cette saison : supprimer les feuilles atteintes et arroser au pied. |
| Floraison | De mi-juin à fin octobre | Elle fleurit sans interruption jusqu’aux premières gelées et attire papillons, abeilles et bourdons tout l’été. Ses tiges fines et raides se tiennent seules, sans tuteur. |
| Fleurs fanées | En août | Couper les premières inflorescences passées au cœur de l’été relance des ramifications fleuries jusqu’aux gelées. Laisser en revanche les dernières têtes de l’automne, dont les graines assurent la relève d’une plante qui vit peu d’années. |
| Protection des racines | De début novembre à mi-décembre | Poser sur la souche un paillis sec et aéré de feuilles mortes ou de paille, jamais un compost lourd qui garderait l’humidité. C’est l’eau stagnante, bien plus que le froid, qui la fait disparaître en hiver. |