Plante d’intérieur · Bégoniacées
Bégonia rex Begonia rex
Aussi appelé : Bégonia royal, Bégonia roi, Bégonia à feuillage, Rex begonia
Le bégonia rex est une plante de feuillage issue d’une espèce des forêts humides de l’Assam, au nord-est de l’Inde, dont les nombreux hybrides offrent des feuilles veloutées marbrées d’argent, de pourpre, de rose ou de vert. Il forme chez nous une touffe de 25 à 40 cm, aux feuilles larges de 10 à 20 cm portées par un rhizome. Il demande une lumière vive mais tamisée, une pièce chaude et un arrosage au pied, à l’eau non calcaire, quand le terreau a séché en surface. Il convient aux intérieurs lumineux sans soleil direct ; le froid et le soleil, qui brûle ses feuilles en une après-midi, le font souffrir.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Bégoniacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 12 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Aucune, zone USDA 10 à 11: c’est une plante d’intérieur sous nos climats.
Elle souffre dès 12 °C, perd ses feuilles vers 10 °C et ne survit à aucune gelée.
Dimensions : 25 à 40 cm de haut pour 30 à 50 cm d’étalement, le rhizome s’élargissant lentement en surface.
Floraison : Secondaire : de petites fleurs rose pâle ou blanches apparaissent parfois en fin d’hiver ou au printemps, sans parfum ; on les supprime souvent, la plante se cultivant pour ses feuilles.
Le volume vient des feuilles, larges de 10 à 20 cm, et non d’une tige.
Substrat : Terreau léger et aéré, allégé d’un tiers de perlite et d’écorce fine, qui se ressuie vite.
Le pH idéal se situe entre 5,5 et 6,5, légèrement acide.
Exposition : Lumière vive mais toujours tamisée, jamais de soleil direct qui brûle le limbe velouté en une après-midi.
Une fenêtre est, ou un sud derrière un voilage, conviennent.
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours d’avril à septembre, tous les 10 à 14 jours en hiver, quand 2 cm de terreau sont secs.
Toujours au pied, avec une eau non calcaire à température de la pièce.
Durée de vie : Vivace rhizomateuse, mais qui se dégarnit du centre après 3 à 5 ans.
On la renouvelle par bouturage de feuille, opération facile qui remplace avantageusement un vieux pied.
Multiplication : Bouturage de feuille de mai à fin juillet, à l’intérieur, à l’étouffée et au chaud, ou division du rhizome au rempotage.
Arrosage & entretien
Arrosage : D’avril à septembre, tous les 5 à 7 jours; d’octobre à mars, tous les 10 à 14 jours, en vérifiant toujours que les deux premiers centimètres sont secs.
Verser sur le terreau et vider la soucoupe: une goutte restée sur une feuille duveteuse laisse une tache brune définitive.
Fertilisation : Un engrais plantes vertes dilué de moitié, toutes les 2 semaines d’avril à septembre, sur un terreau déjà humide.
Rien d’octobre à mars, la croissance s’arrêtant avec la lumière.
Rempotage : Tous les 2 ans en mars ou avril, dans un pot large et peu profond, le rhizome posé à la surface et non enterré.
Un contenant trop grand garde une réserve d’eau que les racines superficielles n’atteignent pas et finit par les faire pourrir.
Taille : Pas de taille à proprement parler: on retire les feuilles abîmées au ras du rhizome, au sécateur propre.
On pince aussi les hampes florales dès leur apparition, les fleurs étant insignifiantes et coûteuses en énergie.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive indirecte, 4 à 6 heures de clarté franche sans un rayon direct sur le feuillage.
À l’ombre, les marbrures argentées et les reflets métalliques s’estompent et les pétioles s’allongent.
Emplacement : Intérieur toute l’année, à 1 m d’une fenêtre est ou nord lumineuse, loin d’un radiateur et des courants d’air.
En hiver, un rapprochement de la vitre compense la baisse de lumière, à condition que le feuillage ne touche pas le verre froid.
Substrat : Deux tiers de terreau pour plantes d’intérieur, un tiers de perlite et d’écorce fine, éventuellement une poignée de fibre de coco.
Le mélange doit rester souple et ne jamais se compacter en croûte.
pH : Entre 5,5 et 6,5, franchement acide.
Un arrosage à l’eau calcaire fait dériver ce pH vers le haut et jaunit les nervures en quelques mois.
Drainage : Pot percé obligatoire et soucoupe vidée après chaque arrosage, toute l’année.
Le rhizome charnu pourrit en quelques jours dans un terreau saturé, et c’est de très loin la première cause de perte de cette plante.
Multiplication
Bouturage de feuille : inciser au revers d’une feuille saine les grosses nervures tous les 2 cm et la poser à plat sur un mélange de terreau et de perlite, maintenue au contact par de petits cailloux, ou piquer la feuille par son pétiole raccourci à 3 cm. Enfermer sous un couvercle transparent, à 20 à 25 °C, en lumière vive sans soleil, terreau juste humide. Les plantules apparaissent en 5 à 8 semaines et se repiquent à 2 ou 3 feuilles. Le bouturage de feuille de mai à fin juillet, à l’intérieur, quand chaleur et lumière sont à leur maximum : la réussite est élevée.
Les autres méthodes
Semis :
SemerPas pour un amateur : les bégonias rex sont des hybrides dont les graines, fines comme de la poussière, ne reproduisent pas le feuillage.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles. Les bégonias rex sont des hybrides : leurs rares capsules donnent des plants sans rapport avec le feuillage du pied mère, et le commerce n’en vend pas de graines fidèles. On les multiplie par bouture de feuille ou par division du rhizome.
Division et autres méthodes : Au rempotage de printemps, à l’intérieur, couper le rhizome au couteau en tronçons de 5 à 8 cm portant chacun des feuilles et des racines, et les reposer à plat, à demi enterrés, dans un terreau léger. Garder au chaud, terreau à peine humide, jusqu’à la reprise.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium, feutrage blanc sur le limbe, s’installe dans un air confiné ou sur un feuillage mouillé; on aère, on retire les feuilles atteintes et on traite au soufre mouillable si besoin.
La pourriture du rhizome, molle et brune à la base, suit un excès d’eau et ne se rattrape qu’en bouturant une feuille saine.
Des taches brunes cerclées de jaune signalent une bactériose, favorisée là encore par l’eau sur le feuillage.
Parasites fréquents : La cochenille farineuse, petits amas cotonneux, se cache dans les aisselles et sur le rhizome, sous le duvet des pétioles: on la retire au coton imbibé d’alcool à 70°.
Les thrips argentent le limbe et déforment les jeunes feuilles, signe d’un air trop sec et trop chaud.
Les araignées rouges apparaissent l’hiver au-dessus d’un radiateur, avec de fines toiles au revers.
Prévention : Maintenir une hygrométrie de 50 à 60 % en posant le pot sur un lit de billes d’argile humides, sans jamais brumiser le feuillage.
Inspecter le revers des feuilles tous les 15 jours, c’est ce qui évite les infestations installées.
Isoler tout nouveau pied 3 semaines avant de le rapprocher des autres plantes.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxicité faible mais réelle: toutes les parties contiennent des oxalates de calcium solubles, plus concentrés dans le rhizome que dans les feuilles.
Aucune ingestion accidentelle n’est grave chez un adulte, mais la plante n’est pas comestible.
Toxicité animaux : Le genre Begonia est classé toxique pour le chien, le chat et le cheval par l’ASPCA, la partie souterraine étant la plus dangereuse.
Chez les herbivores qui en consomment beaucoup, comme le cheval, une insuffisance rénale a été décrite.
Symptômes : Par ingestion, brûlure immédiate de la bouche et de la gorge, salivation abondante, vomissements et difficulté à déglutir.
Par contact, le suc peut irriter légèrement une peau sensible, sans gravité, et il vaut mieux se rincer les mains après avoir taillé.
Précautions : Placer le pot hors de portée des jeunes enfants et des chats, qui s’intéressent surtout aux feuilles tendres.
En cas d’ingestion, rincer la bouche, faire boire et appeler un centre antipoison humain ou vétérinaire plutôt que de faire vomir.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le calathea et le maranta demandent la même lumière tamisée et la même hygrométrie, et leurs feuillages graphiques se répondent sans se concurrencer.
Les fougères d’intérieur, asplenium ou nephrolepis, élèvent l’humidité autour d’elles et acceptent le même terreau acide.
Le fittonia, bas et rampant, occupe le pied du groupe et sert d’indicateur: il flétrit avant les autres quand l’air manque d’eau.
Associations à éviter : Les succulentes et les cactées veulent un substrat sec et du soleil direct, deux conditions qui tuent un bégonia rex.
Les plantes que l’on brumise, comme beaucoup d’orchidées et de fougères exotiques, obligent à un geste qui tache définitivement son feuillage velouté.
Le ficus ou le palmier, plus hauts, lui volent la lumière et sèchent l’air autour d’eux.
Conseil : Grouper trois ou quatre pots sur un plateau de billes d’argile maintenues humides: l’évaporation crée un microclimat à 60 % d’hygrométrie sans jamais mouiller les feuilles.
Garder 5 cm entre les pots pour que l’air circule, faute de quoi l’oïdium passe de l’un à l’autre.
Tourner le plateau d’un quart de tour chaque quinzaine pour que les touffes restent régulières.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pied cultivé en pot à l’intérieur toute l’année, devant une fenêtre est ou derrière un voilage au sud, pièce chauffée entre 18 et 22 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 5 à 7 jours ; d’octobre à mars : tous les 10 à 14 jours | Arroser quand les deux premiers centimètres de terreau sont secs, en mouillant toute la motte sans la détremper. L’eau restée sur les feuilles duveteuses tache et déclenche l’oïdium, et un rhizome gorgé d’eau pourrit en quelques jours. |
| Engrais liquide | D’avril à septembre : toutes les 2 semaines | Nourrir toutes les 2 semaines pendant la période de croissance, avec une dose réduite de moitié. Un excès d’azote donne de grandes feuilles ternes qui perdent leurs marbrures argentées, c’est-à-dire tout l’intérêt de la plante. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : toutes les 2 semaines | Écarter les feuilles tous les 15 jours et regarder le revers, le pétiole et le rhizome, où la cochenille farineuse s’installe à l’abri du duvet. Un air confiné et un feuillage mouillé font apparaître l’oïdium, qui se contient en aérant et en retirant les feuilles atteintes. |
| Dépoussiérage du feuillage | De janvier à décembre : chaque mois | Ôter la poussière au pinceau une fois par mois, dans le sens des nervures. Le limbe gaufré et velu retient la poussière plus qu’une feuille lisse, mais il marque définitivement au moindre frottement humide. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dès que l’eau a fini de s’égoutter, en toute saison. En hiver, le terreau sèche lentement et c’est justement là que les quelques millilitres oubliés font pourrir les racines. |
| Pincement | De janvier à décembre | Supprimer les hampes florales dès leur apparition: les fleurs du bégonia rex sont insignifiantes et la floraison épuise le rhizome au détriment du feuillage. Les laisser ne présente d’intérêt que si l’on veut récolter des graines. |
| Rempotage | De mars à avril, tous les 2 ans | Rempoter tous les 2 ans au printemps dans un mélange très aéré, terreau allégé de perlite et d’écorce fine. Le rhizome court en surface: enterré, il pourrit, et un pot trop profond garde une réserve d’eau que les racines n’atteignent jamais. |
| Bouturage | De mai à juillet | Bouturer une ou deux feuilles en fin de printemps, quand la chaleur et la lumière sont maximales: les plantules apparaissent en 5 à 8 semaines. C’est la seule façon de renouveler un pied qui se dégarnit du centre au bout de 3 ou 4 ans. |
| Arrêt de l'engrais | D’octobre à mars | Suspendre tout engrais d’octobre à mars: la croissance s’arrête avec la baisse de lumière et les sels non consommés brûlent les racines fines. Reprendre en avril, à la première feuille neuve. |