Plante d’intérieur · Bégoniacées
Bégonia Elatior Begonia × hiemalis
Aussi appelé : Bégonia d’hiver, Bégonia Rieger, Rieger begonia
Le bégonia Elatior est un hybride horticole, né du croisement d’un bégonia de l’île de Socotra avec des bégonias tubéreux, et sélectionné pour fleurir pendant les jours courts. Il forme une touffe ronde de 20 à 40 cm, couverte des mois durant de fleurs simples ou doubles, et se vend fleuri toute l’année. Il demande une lumière vive sans soleil brûlant, une pièce au-dessus de 12 °C et une motte fraîche, jamais détrempée. Il convient à qui veut une potée colorée pour l’hiver ; l’eau sur le feuillage et le froid l’abîment vite.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Bégoniacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 12 °C
- Floraison
- De janvier à décembre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Aucune, zone USDA 10 à 11. En dessous de 12 °C la croissance s’arrête et les tiges noircissent, le moindre gel la détruit : sous nos climats, c’est une plante d’intérieur.
Dimensions : De 20 à 40 cm de haut pour autant d’étalement, en touffe ronde et compacte. Les formes retombantes vendues en suspension dépassent 50 cm de long.
Floraison : Surtout d’octobre à mars en appartement, pendant plusieurs mois : fleurs simples ou doubles rouges, roses, orange, jaunes ou blanches, sans parfum ; les potées sont vendues fleuries toute l’année.
Substrat : Terreau léger et acide, à base de fibre de coco ou de tourbe, allégé d’un tiers de perlite. pH de 5,5 à 6,5.
Exposition : Lumière vive mais sans soleil direct aux heures chaudes. Une fenêtre à l’est, ou 1 m en retrait d’une fenêtre au sud.
Arrosage : Tous les 3 à 4 jours de mars à octobre, tous les 7 à 10 jours en hiver, au ras du pot et jamais sur le feuillage. La motte reste fraîche, jamais détrempée.
Durée de vie : Vivace à souche tubéreuse, vendue comme potée fleurie de quelques mois et le plus souvent jetée. Conservée et rabattue après floraison, elle refleurit 2 à 3 ans avant de s’épuiser.
Multiplication : Bouturage de pousses non fleuries d’avril à juin, à l’intérieur, à l’étouffée vers 20 °C.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 3 à 4 jours en végétation, tous les 7 à 10 jours l’hiver, dès que le premier centimètre de terreau est sec. Versez au ras du pot ou par la soucoupe, videz le surplus au bout d’un quart d’heure, et ne brumisez jamais le feuillage : les feuilles mouillées tachent et attrapent l’oïdium.
Fertilisation : Un engrais plantes fleuries dilué de moitié tous les 15 jours, de mars à début octobre. Rien pendant la période de repos qui suit le rabattage, sous peine de feuilles molles sans fleurs.
Rempotage : Chaque printemps, en mars ou avril, dans un pot à peine plus large et un terreau léger et acide. Ne recouvrez pas la base des tiges : un collet enterré pourrit.
Taille : Rabattez à 8 ou 10 cm quand la grande floraison s’achève et que les tiges se dégarnissent. Pincez ensuite les jeunes pousses une fois, pour obtenir une touffe ramifiée plutôt que deux longues tiges.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive et diffuse toute la journée, avec au plus une heure ou deux de soleil doux le matin. Le soleil direct de midi brûle les feuilles charnues en quelques heures et laisse des plages brunes définitives.
Emplacement : Intérieur toute l’année, devant une fenêtre à l’est ou au nord si elle est dégagée. Éloignez la potée des radiateurs et des courants d’air de porte, deux causes classiques de chute brutale des boutons.
Substrat : Terreau horticole léger, fibre de coco ou tourbe blonde, additionné d’un tiers de perlite pour que l’eau traverse sans s’attarder.
pH : De 5,5 à 6,5, franchement acide. Une eau du robinet très calcaire finit par jaunir le feuillage entre les nervures : préférez l’eau de pluie ou une eau filtrée.
Drainage : Pot percé et soucoupe vidée systématiquement. Le bégonia elatior veut un substrat frais et un air humide, ce qui n’est pas la même chose qu’une motte gorgée d’eau : posez le pot sur un lit de billes d’argile humides, sans que le fond baigne.
Multiplication
Bouturage : d’avril à juin, couper des pousses non fleuries de 7 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de perlite, à l’intérieur. À 20 °C, à l’étouffée sous un sac transparent aéré et en lumière vive sans soleil, elles racinent en 3 à 4 semaines. Une feuille piquée par son pétiole donne aussi une plante, plus lentement. Le bouturage de tige, sur un pied rabattu après sa floraison : la reprise est bonne.
Les autres méthodes
Semis :
SemerImpossible pour un amateur : c’est un hybride presque stérile, multiplié uniquement par bouture.
Récolter les grainesPas de graines en culture : hybride presque stérile, il ne donne pas de graines viables, et le commerce n’en vend pas. On le multiplie uniquement par bouture.
Division et autres méthodes : Aucune : sa petite souche tubéreuse ne se divise pas.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium est le fléau de cette plante : un feutrage blanc apparaît sur les feuilles dans une pièce confinée et gagne toute la potée en une semaine, à traiter au soufre mouillable dès la première tache. Le botrytis installe une moisissure grise sur les fleurs et les tiges après un arrosage sur le feuillage. La bactériose du bégonia donne des taches translucides cernées de jaune et ne se soigne pas : la plante atteinte se détruit, on ne bouture pas dessus.
Parasites fréquents : Les aleurodes s’envolent en nuage blanc quand on secoue la plante et se piègent avec des plaques engluées jaunes. Les thrips bronzent et déforment le cœur des fleurs. Cochenilles farineuses dans les aisselles et petites mouches du terreau, signe presque certain d’un arrosage trop généreux, complètent le tableau.
Prévention : Arrosez toujours au pied et le matin, sans une goutte sur les feuilles. Aérez la pièce régulièrement, car l’air immobile est ce qui déclenche l’oïdium. Ramassez chaque semaine fleurs et feuilles tombées sur le terreau, foyer d’où repart le botrytis.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible. La plante contient des oxalates de calcium solubles, très concentrés dans la partie souterraine tubéreuse et bien moins dans les feuilles et les fleurs. Mâcher un fragment provoque une sensation de brûlure de la bouche, sans gravité aux quantités en jeu.
Toxicité animaux : Les bégonias sont classés toxiques pour le chien, le chat et le cheval. Les intoxications restent le plus souvent bénignes, la brûlure immédiate empêchant l’animal d’en avaler beaucoup ; le vrai risque concerne le tubercule déterré, autrement plus concentré.
Symptômes : Par ingestion, irritation et brûlure de la bouche, salivation abondante, difficulté à déglutir, vomissements. Par contact, la sève peut provoquer de légères rougeurs sur les peaux sensibles, rien de plus.
Précautions : Placez la potée hors d’atteinte des chats qui mâchonnent, et ramassez les fleurs tombées, qui les attirent au sol. Gardez surtout les tubercules hors de portée pendant un rempotage, et appelez un vétérinaire si un animal en a avalé un.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le saintpaulia demande exactement la même lumière vive sans soleil et refuse comme lui l’eau sur ses feuilles velues, si bien qu’ils s’arrosent du même geste. L’asplenium nid d’oiseau apprécie l’ombre claire et profite du même plateau de billes d’argile humides. Le peperomia partage la lumière indirecte et un substrat qui sèche un peu en surface, sans jamais réclamer plus d’eau que le bégonia.
Associations à éviter : Les cactées et succulentes veulent le plein soleil et une motte sèche pendant des semaines, régime sous lequel l’elatior se dessèche. Le calathea et le fittonia, qu’on brumise quotidiennement, obligent à asperger tout le groupe et déclenchent l’oïdium sur le bégonia. Enfin, un grand ficus voisin lui prend la lumière et l’étiole en quelques mois.
Conseil : Posez les pots côte à côte sur un large plateau de billes d’argile humides, sans que le fond des pots touche l’eau : vous obtenez l’air humide que l’elatior réclame, exactement là où la brumisation lui nuirait. Groupez les plantes qui s’arrosent par le bas, vous éviterez le geste distrait qui mouille son feuillage.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Potée conservée en intérieur toute l’année, devant une fenêtre lumineuse mais sans soleil direct, entre 16 et 22 °C, posée sur un lit de billes d’argile humides.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à octobre : tous les 3 à 4 jours ; de novembre à février : tous les 7 à 10 jours | Arroser dès que le premier centimètre de terreau est sec, sans jamais détremper la motte. Une goutte restée sur une feuille velue ouvre la porte à l’oïdium et au botrytis, qui sont la vraie cause de mort de cette plante. |
| Fleurs fanées | De janvier à décembre : chaque semaine | Retirer chaque semaine fleurs et feuilles passées, sans oublier les pétales tombés au pied. Le botrytis démarre presque toujours sur un pétale abandonné à la surface du terreau. |
| Rotation du pot | De janvier à décembre : toutes les 1 à 2 semaines | Tourner le pot régulièrement pour que les tiges ne penchent pas toutes du côté de la vitre. Les tiges de l’elatior sont cassantes et ne se redressent plus une fois couchées. |
| Inspection parasitaire | De janvier à décembre : toutes les 1 à 2 semaines | Secouer légèrement la plante : un nuage de petits papillons blancs signale les aleurodes. Cherchez aussi les thrips, qui bronzent le cœur des fleurs, et les amas cotonneux des cochenilles farineuses. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider ce que la motte n’a pas bu en 15 minutes. Les racines de l’elatior sont fines et superficielles : elles pourrissent en quelques jours dans une soucoupe pleine. |
| Traitement préventif | De janvier à décembre | Traiter dès la première tache d’oïdium et aérer la pièce dans la foulée. C’est la faiblesse de l’elatior : en une semaine, la maladie gagne toute la potée. |
| Taille après floraison | De janvier à décembre | Couper court les tiges épuisées au lieu de jeter la potée. La plante repart du pied en quelques semaines et refleurit, ce que presque personne n’essaie. |
| Repos sec | De janvier à décembre | Laisser la potée au frais et presque sèche le temps que les nouvelles pousses sortent. C’est cette pause, et le raccourcissement des jours, qui déclenchent la floraison suivante. |
| Rempotage | De mars à avril | Rempoter à la reprise dans un terreau léger et acide additionné d’un tiers de perlite, sans enterrer la base des tiges. Un pot trop grand garde l’eau et donne des feuilles au lieu de fleurs. |
| Engrais liquide | De début mars à mi-octobre | Apporter un engrais pauvre en azote pendant toute la période de croissance, toujours sur substrat déjà humide. Un dosage plein brûle les racines fines et fait couler les boutons. |