Annuelle · Bégoniacées
Bégonia toujours fleuri Begonia semperflorens
Aussi appelé : Bégonia des jardins, Bégonia de massif, Bégonia cireux, Wax begonia
Le bégonia toujours fleuri est une plante de massif issue de bégonias du Brésil, cultivée chez nous comme une annuelle de mai aux premières gelées. Il forme une touffe arrondie de 15 à 30 cm, aux feuilles cireuses vertes ou bronze, qui fleurit sans interruption de juin à l’automne. Il demande une terre légère et fraîche, de l’ombre l’après-midi pour les feuillages verts et des arrosages réguliers au pied. Il convient aux bordures, potées et jardinières des débutants ; une terre lourde qui se compacte ou le premier gel lui sont fatals.
- Type
- Annuelle
- Famille
- Bégoniacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- 0 °C
- Floraison
- De juin à octobre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 11. Elle noircit dès 0 °C et ne repart pas, et cesse déjà de fleurir en dessous de 10 °C : sous nos climats, elle se conduit en annuelle de mai à la première gelée.
Dimensions : 15 à 30 cm de haut pour 20 à 30 cm d’étalement, en touffe basse et arrondie. Les séries naines plafonnent à 15 cm, les plus hautes atteignent 35 cm en sol riche.
Floraison : De juin aux premières gelées, sans interruption : petites fleurs simples roses, rouges ou blanches à cœur jaune, sans parfum.
Substrat : Terreau léger enrichi de compost ou de terreau de feuilles, allégé d’un cinquième de perlite, pH 5,5 à 6,5. Une terre lourde qui se compacte lui est fatale.
Exposition : Mi-ombre, avec 3 à 4 heures de soleil du matin. Les variétés à feuillage vert veulent l’ombre l’après-midi, celles à feuillage bronze tiennent le plein soleil tant que le sol reste frais.
Arrosage : Tous les 2 à 3 jours en massif au cœur de l’été, tous les jours en jardinière par forte chaleur, en arrosant au pied le matin. Tous les 5 à 7 jours en septembre-octobre.
Durée de vie : Vivace gélive cultivée comme une annuelle, soit une saison de 6 mois. Bouturée en fin d’été et gardée sur un rebord lumineux, la même souche se prolonge 3 ou 4 ans.
Multiplication : Bouturage de têtes de fin août à fin septembre, hivernées à l’intérieur, ou semis sous abri chauffé en janvier et février.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 3 à 4 jours à la reprise, tous les 2 à 3 jours en juillet-août en massif, tous les 5 à 7 jours en septembre et octobre ; en jardinière, compter deux fois plus souvent et tous les jours en canicule. Arroser au pied le matin sans mouiller feuilles ni fleurs, et laisser sécher le premier centimètre entre deux apports.
Fertilisation : Engrais liquide pour plantes fleuries riche en potasse, toutes les 2 semaines en pot et une fois par mois en massif, de juin à début septembre. Toujours sur substrat humide, jamais sur motte sèche.
Rempotage : Sans objet pour une plante conduite en annuelle : le terreau des jardinières se renouvelle entièrement chaque printemps. Un pied bouturé et gardé l’hiver se rempote en mars dans un pot de 12 à 14 cm.
Taille : Aucune taille, et surtout aucune fleur fanée à retirer, la plante s’en débarrassant seule. Un simple pincement du jeune plant avant la mise en place suffit à le ramifier, et si les touffes s’étalent et se dégarnissent à la mi-août, un raccourcissement de moitié relance la floraison de septembre.
Exposition & substrat
Exposition : 3 à 4 heures de soleil du matin, à l’ombre claire le reste de la journée. C’est l’une des rares annuelles fleuries qui tienne vraiment sous un arbre clair ou au pied d’un mur est.
Emplacement : Extérieur de mi-mai à la première gelée, en massif, en bordure ou en jardinière. Au nord de la Loire, les variétés à feuillage bronze acceptent une exposition plein sud ; au sud, même elles demandent l’ombre de l’après-midi.
Substrat : Terreau léger et humifère, enrichi en compost bien décomposé, allégé de perlite ou de sable grossier. Il doit rester frais sans jamais se gorger d’eau.
pH : 5,5 à 6,5, franchement acide à légèrement acide. En sol calcaire, le feuillage pâlit et la floraison se réduit.
Drainage : Drainage indispensable, avec des racines fines et superficielles qui pourrissent en quelques jours dans une soucoupe pleine. Le collet enterré trop profond à la plantation est l’autre cause classique de pourriture.
Multiplication
Bouturage : avant les gelées, couper des têtes de 8 à 10 cm, ôter les feuilles du bas et les mettre dans un verre d’eau ou dans un godet de terreau sableux, à l’intérieur. Elles racinent en 2 à 3 semaines vers 18 à 20 °C ; les garder sur un rebord lumineux tout l’hiver et ne les sortir qu’après les saints de glace. Le bouturage de têtes de fin août à fin septembre, gardées à l’intérieur tout l’hiver, est le plus simple ; le semis de janvier et février ne réussit qu’avec une mini-serre chauffée.
Les autres méthodes
Semis :
SemerEn janvier et février, sous abri chauffé, poser les graines poussière en surface sans les couvrir, sous un couvercle et à la lumière, à 22 à 25 °C ; la levée prend 2 à 3 semaines, et les plantules se repiquent en godets au bout de 6 semaines environ. La plupart des variétés sont des hybrides F1 : ses propres graines donnent des plants variables, il faut racheter les sachets.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : il porte fleurs mâles et femelles. Les petites capsules ailées qui suivent les fleurs femelles brunissent en fin d’été et libèrent une poussière de graines, mais la plupart des variétés sont des hybrides F1 qui ne se reproduisent pas. Mieux vaut racheter chaque année un sachet du commerce, souvent vendu en graines enrobées, plus faciles à poser une à une. Gardées au sec et au frais, elles restent bonnes 2 ans.
Division et autres méthodes : Aucune : la touffe se divise mal et reprend moins bien qu’une bouture.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium pose un feutrage blanc poudreux sur les feuilles par temps lourd et humide, et se traite au soufre mouillable ou au bicarbonate dès les premières taches. Le botrytis fait des taches brunes molles sur les fleurs et les jeunes tiges après une semaine de pluie : il faut retirer les parties atteintes et aérer les touffes. La pourriture du collet vient d’une plantation trop profonde ou d’un arrosage par-dessus, jamais d’un champignon venu de nulle part.
Parasites fréquents : Les limaces et les escargots sont le premier ennemi, et uniquement dans la quinzaine qui suit la plantation, où ils font disparaître un jeune plant en une nuit. Les pucerons s’installent sur les hampes florales et cèdent à un jet d’eau, sinon à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». En pot, l’otiorhynque découpe des encoches régulières au bord des feuilles pendant que ses larves mangent les racines : le contrôle se fait par nématodes auxiliaires à l’arrosage.
Prévention : Arroser au pied et le matin supprime à lui seul la plupart des ennuis de feuillage. Respecter 20 à 25 cm entre les pieds pour que l’air circule, et ne jamais enterrer le collet. Surveiller les limaces le soir pendant les quinze premiers jours, puis le risque retombe.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxicité faible, due à des oxalates solubles présents dans toute la plante. Mâchée, elle provoque une sensation de brûlure de la bouche ; les fleurs servent parfois de décor culinaire, mais la plante n’est pas un légume et se déconseille aux personnes sujettes aux calculs rénaux.
Toxicité animaux : Le genre Begonia est classé toxique pour le chien, le chat et le cheval, la partie la plus chargée étant souterraine. Le bégonia des plates-bandes, à racines fibreuses et sans tubercule, présente un risque plus faible que les bégonias tubéreux.
Symptômes : Salivation abondante, irritation de la bouche et vomissements après ingestion chez le chien et le chat. Chez le cheval et les herbivores, une consommation répétée et importante peut atteindre les reins ; le contact avec la sève irrite peu la peau.
Précautions : Éviter les jardinières de bégonias à hauteur de museau pour un chien qui grignote, et rincer la bouche d’un enfant qui en aurait mâché. En cas d’ingestion importante par un animal, appeler un vétérinaire plutôt que d’attendre.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’impatiens et le coleus partagent exactement sa mi-ombre fraîche et son besoin d’eau régulier, ce qui fait un massif d’ombre qui s’arrose d’un seul geste. L’alysse odorante et la lobélie bleue habillent le devant d’une jardinière sans lui faire d’ombre. Pour les variétés à feuillage bronze, la cinéraire maritime argentée et la sauge rouge composent le trio de plein soleil des massifs de ville.
Associations à éviter : Les plantes méditerranéennes de terrain sec, lavande, santoline ou gaura, réclament l’inverse de son régime d’eau : l’arrosage qui sauve l’une noie l’autre. Le pélargonium dans la même jardinière pose le même problème, lui qui veut sécher entre deux arrosages. Les grandes annuelles envahissantes comme le cosmos ou le dahlia étouffent en un mois une touffe de 20 cm.
Conseil : Choisir la variété par la couleur du feuillage plutôt que par celle des fleurs : vert pour l’ombre, bronze pour le soleil, la règle ne se trompe jamais. Planter par groupes impairs d’une seule couleur, à 20 ou 25 cm, pour que le massif se referme en un mois.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Plants élevés sous abri puis installés à la mi-mai en massif, en bordure ou en jardinière, à mi-ombre, dans un terreau léger qui reste frais.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mi-mai à fin juin : tous les 3 à 4 jours ; de juillet à août : tous les 2 à 3 jours ; de septembre à octobre : tous les 5 à 7 jours | Arroser au pied le matin, sans mouiller les feuilles ni les fleurs, et laisser le premier centimètre sécher entre deux apports. Une goutte restée sur le feuillage par temps lourd ouvre la porte à l’oïdium et au botrytis, qui sont la vraie cause de mort de cette plante. |
| Semis | De janvier à février | Semer très tôt sous abri chauffé et à la lumière, car il faut 4 à 5 mois entre le semis et les premières fleurs. La levée demande 2 à 3 semaines et les plantules restent longtemps grandes comme une tête d’épingle : sans mini-serre ni chaleur de fond, mieux vaut acheter des godets. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider ce que la motte n’a pas bu en 15 minutes. Les racines sont fines et superficielles et pourrissent en quelques jours dans une soucoupe pleine, y compris au cœur de l’été. |
| Pincement | De mi-avril à fin mai | Pincer l’extrémité des pousses pour obtenir une touffe basse et ramifiée plutôt qu’un plant monté sur une seule tige. Les séries naines vendues déjà compactes n’en ont pas besoin. |
| Mise en place des plants | De mi-mai à mi-juin | Attendre les saints de glace et surtout une terre réchauffée : posé dans un sol froid, le bégonia reste bloqué un mois et ne rattrape jamais son retard. Garder le collet au ras du sol, car un plant enterré trop profond pourrit à la première pluie. |
| Inspection parasitaire | De mi-mai à fin juin | Passer le soir à la lampe pendant la quinzaine qui suit la mise en place, ou poser un piège à bière à l’écart des pieds. Un jeune bégonia tendre et gorgé d’eau disparaît en une nuit, alors qu’une touffe installée n’intéresse presque plus les limaces. |
| Paillage | En juin | Étaler un paillage fin une fois les plants repris et le sol réchauffé, pour espacer les arrosages d’été. Une couche épaisse au contact des tiges charnues les ferait pourrir. |
| Engrais liquide | De début juin à mi-septembre | Apporter un engrais riche en potasse sur substrat déjà humide, jamais sur une motte sèche. En pot le terreau est épuisé au bout de 6 semaines et la floraison s’arrête net sans apport. |
| Floraison | De juin à octobre | La floraison est continue de juin jusqu’à la première gelée, sans interruption ni geste d’entretien. Inutile de pincer les fleurs passées comme sur un pétunia, c’est le temps perdu le plus courant avec cette plante. |
| Bouturage | De mi-août à fin septembre | Prélever quelques têtes avant les gelées et les faire raciner dans un verre d’eau ou dans un godet de terreau sableux, à garder sur un rebord lumineux tout l’hiver. C’est plus sûr que de rentrer la touffe entière, qui supporte mal le passage d’un massif à un appartement. |