Plante à bulbe · Bégoniacées
Bégonia tubéreux Begonia × tuberhybrida
Aussi appelé : Bégonia à grosses fleurs, Bégonia double, Bégonia retombant, Tuberous begonia
Le bégonia tubéreux est un groupe d’hybrides obtenus au XIXe siècle à partir de bégonias des Andes, cultivé pour ses très grandes fleurs doubles aux couleurs franches. Il forme une potée de 20 à 40 cm de haut, ou retombe de 40 à 60 cm hors du pot pour les variétés pendula. Il demande une mi-ombre lumineuse, un terreau léger et des arrosages de plus en plus fréquents avec la chaleur. Il convient aux balcons et terrasses à l’abri du soleil de midi ; le gel lui est fatal, d’où l’hivernage du tubercule au sec chaque automne.
- Type
- Plante à bulbe
- Famille
- Bégoniacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- 0 °C
- Floraison
- De juin à octobre
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 9 à 11, aucune résistance au gel. Le feuillage fond dès 0 °C et un tubercule pris par le gel est perdu : il s’hiverne au sec entre 8 et 12 °C.
Dimensions : 20 à 40 cm de haut pour 30 à 40 cm d’étalement pour les formes dressées. Les variétés retombantes, dites pendula, tombent de 40 à 60 cm hors du pot.
Floraison : De juin aux premières gelées : très grandes fleurs doubles rouges, orange, jaunes, roses, saumon ou blanches, parfois liserées, sans parfum notable, flanquées de petites fleurs femelles simples.
Substrat : Terreau léger et riche en humus, allégé d’un tiers de perlite ou d’écorce fine. pH idéal de 5,5 à 6,5.
Exposition : Mi-ombre lumineuse ou soleil du matin, 2 à 4 heures douces. Le soleil de midi brûle les feuilles et fait griller les fleurs doubles.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours au démarrage sous abri, tous les 2 à 3 jours au printemps, quotidiennement ou presque en juillet-août dans un pot exposé.
Durée de vie : Vivace tubéreuse. Le même tubercule grossit et refleurit 5 à 6 ans s’il est hiverné au sec ; sans hivernage, la plante ne dure qu’une saison.
Multiplication : Division du tubercule au démarrage en mars, une part par bourgeon, ou bouturage de ses jeunes pousses au printemps, à l’intérieur.
Arrosage & entretien
Arrosage : Laisser sécher le premier centimètre du terreau entre deux apports, toujours au pied et le matin. 2 à 3 jours d’intervalle au printemps, un à deux en plein été, sept à dix au démarrage de février-mars, et rien pendant l’hivernage.
Fertilisation : Un engrais fleurs riche en potasse tous les 15 jours, des premiers boutons à la fin août. On arrête net ensuite, pour que les réserves descendent dans le tubercule.
Rempotage : Chaque année à la reprise, en février-mars, dans un terreau neuf et un pot de 18 à 20 cm. Le sommet du tubercule reste affleurant, jamais enfoui.
Taille : Aucune taille à proprement parler : on retire les fleurs fanées chaque semaine et on pince les petites fleurs femelles. Les tiges se coupent à 10 cm au moment de rentrer le pot, en octobre.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive sans soleil direct l’après-midi. 2 à 4 heures de soleil du matin suffisent ; à l’ombre complète, les tiges s’étirent et les fleurs restent rares.
Emplacement : Dehors de la mi-mai à octobre, à l’abri du vent qui casse les tiges cassantes. Un balcon est ou nord-est, ou le dessous d’un arbre clair, lui conviennent parfaitement ; l’hiver, le tubercule dort au sec dans un local frais.
Substrat : Deux tiers de terreau de plantation pour un tiers de perlite ou d’écorce fine. La terre de jardin, trop lourde, retient l’eau contre le tubercule.
pH : De 5,5 à 6,5, légèrement acide.
Drainage : Impératif : pot percé, couche de billes d’argile au fond, soucoupe vidée après chaque arrosage. La pourriture du tubercule est la première cause de perte, très loin devant les maladies du feuillage.
Multiplication
Division : en mars, faire démarrer le tubercule à plat, creux vers le haut, sur du terreau humide à 18 °C ; dès que les bourgeons pointent, le couper au couteau propre en deux ou trois parts portant chacune un bourgeon. Laisser sécher les coupes un jour à l’air, puis replanter chaque morceau à fleur de terreau. La division du tubercule au démarrage, ou le bouturage de ses jeunes pousses : deux façons sûres de reproduire une variété.
Les autres méthodes
Bouturage : En mars et avril, quand le tubercule démarre, détacher au ras de celui-ci des pousses de 8 à 10 cm avec un petit talon et les piquer dans un mélange de terreau et de sable, à l’intérieur, à 18 à 20 °C sous un couvercle. Elles racinent en 3 à 4 semaines et forment un petit tubercule dès la première saison.
Semis :
SemerEn janvier et février, à l’intérieur, poser les graines poussière en surface sans les couvrir, à 20 à 22 °C sous un couvercle et à la lumière ; la levée prend 2 à 3 semaines et la floraison suit dès l’été. Ce sont des hybrides : ses propres graines ne reproduisent pas la fleur, on sème des sachets du commerce.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les grandes fleurs doubles sont mâles ; seules les petites fleurs simples qui les flanquent sont femelles, et elles ne portent une capsule que si l’on y dépose au pinceau le pollen d’une fleur mâle qui en a. Les graines obtenues, poussière brune libérée par la capsule sèche à l’automne, donnent des fleurs différentes des parents. Pour un résultat sûr, acheter des sachets d’hybrides, qui se gardent 2 ans au sec et au frais.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium pose un feutrage blanc sur les feuilles en fin d’été, surtout dans un coin confiné : espacer les pots et traiter au soufre ou au bicarbonate. Le botrytis brunit les fleurs doubles après une pluie, et les parties atteintes se retirent aussitôt. La pourriture du tubercule vient d’un substrat détrempé ou d’un hivernage humide, et ne se soigne pas.
Parasites fréquents : L’otiorhynque est le vrai danger : l’adulte découpe des encoches en demi-lune au bord des feuilles la nuit, sa larve blanche creuse le tubercule. On le traite avec des nématodes Heterorhabditis arrosés en août ou septembre. Thrips et pucerons déforment les boutons, les limaces attaquent les jeunes pousses de mai.
Prévention : Arroser au pied le matin, sans mouiller feuillage ni fleurs. Espacer les potées pour que l’air circule entre elles. À l’arrachage d’octobre, palper chaque tubercule et jeter sans hésiter celui qui est mou.
Toxicité
Toxicité humaine : Faible mais réelle. Toute la plante contient des oxalates de calcium solubles, bien plus concentrés dans le tubercule et les racines que dans les feuilles : ce n’est pas une plante qui se goûte.
Toxicité animaux : L’ASPCA classe les bégonias comme toxiques pour le chien, le chat et le cheval. Le tubercule est la partie la plus dangereuse, et c’est justement celle qu’un chien déterre ou va chercher dans une caissette d’hivernage.
Symptômes : Ingestion : douleur et irritation de la bouche, salivation abondante, difficulté à avaler, vomissements. Contact cutané : tout au plus une légère irritation chez les peaux sensibles.
Précautions : Ranger les tubercules hivernés en hauteur ou dans une caisse fermée, hors de portée des animaux. En cas d’ingestion, rincer la gueule à l’eau et appeler un vétérinaire ou un centre antipoison.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le fuchsia partage tout avec lui : mi-ombre, terreau frais, même rythme d’arrosage et même hivernage à l’abri. L’impatiens de Nouvelle-Guinée et la lobélie retombante habillent le pied d’une potée sans lui disputer la lumière. Une fougère ou une helxine complètent une composition d’ombre sans concurrence.
Associations à éviter : Pélargonium, gaura et lavande veulent le plein soleil et un substrat sec ; dans la même jardinière, l’un grille ou l’autre pourrit. Le pétunia retombant, très vigoureux, étouffe des tiges cassantes qui ne se défendent pas. Évitez aussi les grands feuillages voisins qui empêchent l’air de circuler : le botrytis s’y installe.
Conseil : Plantez chaque tubercule dans un pot individuel de 18 cm, enterré dans la jardinière. En octobre, il se retire sans déranger le reste de la composition, et l’étiquette plantée en mars vous dira quelle variété vous tenez : nus, les tubercules se ressemblent tous.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Tubercule cultivé en pot ou en jardinière, démarré à l’abri en fin d’hiver puis sorti à mi-ombre ou au soleil du matin, dans un terreau léger et drainant.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à avril : tous les 7 à 10 jours ; de mai à juin : tous les 2 à 3 jours ; de juillet à août : tous les 1 à 2 jours ; de début septembre à mi-octobre : tous les 4 à 6 jours | Arroser le matin en laissant sécher le premier centimètre du terreau entre deux apports, sans mouiller le feuillage. Une goutte restée sur une fleur double appelle la pourriture grise, et le tubercule fond dans un substrat détrempé. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Vider la soucoupe dès que l’eau y stagne, en toute saison. Les racines charnues d’un bégonia tubéreux ne supportent pas de baigner, même par temps frais. |
| Forçage | De mi-février à fin mars | Poser le tubercule creux vers le ciel dans une caissette de terreau à peine humide, à 18 °C et à la lumière, 6 à 8 semaines avant la sortie. Planté à l’envers ou enfoui trop profond, il pourrit avant d’avoir démarré. |
| Sortie au printemps | De mi-mai à mi-juin | Sortir le pot une fois tout risque de gelée écarté, vers la mi-mai dans la plupart des régions, en l’installant à mi-ombre ou au soleil du matin. Un feuillage habitué à l’abri brûle en 2 jours sous le soleil de midi. |
| Pincement | De juin à août | Pincer les fleurs femelles, reconnaissables à l’ovaire ailé placé derrière les pétales, de chaque côté de la fleur mâle double. Le pied concentre alors sa vigueur sur la grande fleur au lieu de fabriquer des graines. |
| Engrais liquide | De juin à août | Ajouter un engrais pauvre en azote à l’eau d’arrosage tous les 15 jours, des premiers boutons à la fin de l’été. L’azote donne des tiges gorgées d’eau et cassantes, qui cèdent sous le poids des fleurs doubles. |
| Fleurs fanées | De mi-juin à mi-octobre | Retirer les fleurs fanées chaque semaine sans laisser de moignon, et ramasser celles qui sont tombées sur le feuillage. Une corolle pourrie posée sur une feuille y ouvre une tache de botrytis en quelques jours. |
| Arrêt de l'engrais | De mi-août à mi-septembre | Cesser tout apport à la fin de l’été afin que la plante rapatrie ses réserves dans le tubercule. Un pied nourri jusqu’en octobre garde un feuillage tendre et forme un tubercule mou, qui se conserve mal. |
| Rentrée à l'automne | En octobre | Rentrer le pot dès que les nuits approchent 5 °C, couper les tiges à 10 cm et laisser le tubercule sécher 3 semaines dans sa motte avant de l’extraire. Une seule gelée transforme le feuillage en bouillie et condamne le tubercule. |
| Repos sec | De début novembre à mi-février | Conserver le tubercule nettoyé de sa terre dans une caissette de tourbe ou de sciure sèche, à l’obscurité et au frais, sans jamais l’humidifier. Au chaud il se ride ou repart trop tôt, sous 5 °C il gèle. |