Plante grimpante · Solanacées
Faux jasmin Solanum laxum
Aussi appelé : Morelle faux jasmin, Morelle jasmin, Potato vine
Le faux jasmin est une liane semi-persistante d’Amérique du Sud, de la famille de la tomate, qui couvre une pergola ou un grillage de grappes de fleurs étoilées blanches de juin à octobre. Sur un support, il atteint 4 à 6 m de haut pour 2 à 4 m d’étalement. Il demande une terre fertile et drainante, même calcaire, et une place ensoleillée à l’abri des vents froids. Il tient vers -8 °C dans un coin abrité ; toute la plante est toxique, ce qui compte près des enfants.
- Type
- Plante grimpante
- Famille
- Solanacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -8 °C
- Floraison
- De juin à octobre
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 8 à 11 : elle supporte environ -8 °C en situation abritée ; plus bas, ses tiges gèlent, mais la souche paillée repart souvent au printemps.
Dimensions : Liane de 4 à 6 m de hauteur sur un support, pour 2 à 4 m d’étalement.
Floraison : De juin à la fin octobre, des grappes de fleurs étoilées blanches, parfois teintées de bleu pâle, au cœur jaune, au léger parfum. Toute la plante est toxique, comme les petites baies noires qui suivent parfois.
Substrat : Terre de jardin fertile, fraîche et bien drainée, même calcaire, au pH idéal de 6 à 7,5.
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre lumineuse, à l’abri des vents froids ; c’est au soleil qu’elle fleurit le plus.
Arrosage : Une à deux fois par semaine par temps sec, de mai à septembre, copieusement au pied et surtout les deux premières années.
Durée de vie : Grimpante vivace ligneuse et semi-persistante, qui vit couramment plus de 15 ans et perd une partie de son feuillage quand l’hiver est froid.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées en juillet et août, à l’étouffée, avec un premier hiver à l’abri du gel.
Arrosage & entretien
Arrosage : En pleine terre, arrosez copieusement au pied une à deux fois par semaine par temps sec, de mai à septembre, surtout les deux premières années ; le reste de l’année, la pluie suffit. En bac, arrosez dès que la surface du substrat est sèche, ce qui peut aller jusqu’à tous les 2 jours en plein été.
Fertilisation : Griffez au pied un engrais organique pour plantes fleuries, riche en potasse, en mars ou en avril, juste après la taille. En bac, complétez par un engrais liquide tous les 15 jours de mai à août.
Rempotage : Inutile en pleine terre. En bac, rempotez tous les 2 ou 3 ans en mars, dans un contenant plus grand d’au moins 40 cm de diamètre, rempli d’un mélange de terre de jardin, de terreau et de sable.
Taille : Entre la fin février et la fin mars, raccourcissez les rameaux latéraux à trois ou quatre yeux et supprimez le bois mort ou gelé, car la floraison se fait sur les pousses de l’année. En été, contentez-vous de raccourcir les tiges qui s’échappent du support.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil ou mi-ombre lumineuse, avec au moins 6 heures de soleil par jour pour une floraison abondante.
Emplacement : En extérieur, contre un mur, une clôture ou une pergola orientés au sud dans les régions fraîches, à l’ouest dans le Midi, toujours à l’abri des vents froids. Là où l’hiver descend souvent sous -8 °C, cultivez-la en grand bac, rentré pour l’hiver dans un local clair et hors gel.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, fertile et profonde, enrichie de compost à la plantation. En bac, un mélange à parts égales de terre de jardin, de terreau et de sable convient.
pH : De 6 à 7,5 : elle s’accommode aussi bien d’un sol légèrement acide que d’un sol calcaire.
Drainage : Indispensable, car une terre lourde gorgée d’eau en hiver fait pourrir les racines et aggrave les dégâts du gel. En sol argileux, plantez sur une légère butte et allégez la terre avec du sable et du compost.
Multiplication
Bouturage : de juillet à fin août, prélever des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de sable. Sous abri, à l’ombre et à l’étouffée, elles s’enracinent en 3 à 5 semaines, passent leur premier hiver à l’abri du gel et se plantent au printemps ; des gants, la plante étant toxique. Le bouturage de tiges semi-aoûtées en juillet et août, à l’étouffée, réussit bien et sert d’assurance dans les régions où un hiver rude peut emporter le pied.
Les autres méthodes
Semis :
Semerun amateur ne le pratique guère : les baies sont rares et les variétés à fleurs blanches ou panachées se multiplient par bouture.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles. La plante ne porte des baies qu’après un été chaud, en octobre, et rarement en quantité, alors que les variétés panachées ou à fleurs blanches ne se reproduisent pas par graines. La récolte, avec des gants car les baies sont toxiques, n’a guère d’intérêt : le bouturage et le marcottage suffisent.
Division et autres méthodes : marcottage simple au printemps, dehors : coucher une tige souple au sol, l’enterrer sur 5 à 10 cm en la maintenant d’un crochet, et la sevrer à l’automne ou au printemps suivant une fois enracinée.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La morelle faux jasmin est rarement malade : le principal danger est la pourriture des racines et du collet dans une terre détrempée, qui fait flétrir puis sécher des pans entiers de la liane. Aucun traitement ne la guérit ; on coupe les parties mortes et l’on améliore le drainage.
Parasites fréquents : Les pucerons colonisent les jeunes pousses au printemps, et les aleurodes, petites mouches blanches qui s’envolent quand on secoue la liane, s’installent sous les feuilles en situation chaude et abritée. Les araignées rouges décolorent et piquettent le feuillage par temps sec contre un mur ensoleillé. Un jet d’eau puissant, dirigé sous les feuilles, suffit le plus souvent, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ».
Prévention : Une terre drainée et une place ensoleillée mais aérée évitent l’essentiel des problèmes. Bassiner le feuillage le soir pendant les canicules décourage les araignées rouges. Inspecter les jeunes pousses toutes les 2 ou 3 semaines permet d’intervenir avant l’invasion.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique : comme les autres morelles, la plante contient dans toutes ses parties, baies comprises, des glycoalcaloïdes de type solanine. Ses petites baies noir bleuté, qui suivent parfois la floraison, sont le principal danger pour les jeunes enfants, qu’elles attirent.
Toxicité animaux : Toxique pour les chiens, les chats et les chevaux, ainsi que pour les lapins et les rongeurs de compagnie, qui s’intoxiquent en mâchonnant feuilles, tiges ou baies.
Symptômes : L’ingestion provoque surtout des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales), parfois suivis de somnolence, de faiblesse ou, plus rarement, d’un ralentissement du cœur. Le contact avec le feuillage n’est pas réputé irritant, mais des gants restent conseillés pour la taille.
Précautions : Plantez la liane hors de portée des jeunes enfants et des animaux qui mâchonnent les plantes, et supprimez les baies dès leur apparition si besoin. En cas d’ingestion, appelez un centre antipoison ou votre vétérinaire.
Associations de plantes
Bonnes associations : Une clématite à petites fleurs comme Clematis viticella peut partager son treillage : ses fleurs pourpres ou violettes ressortent sur le blanc de la morelle, et elle se taille au même moment, en fin d’hiver. Un rosier grimpant remontant, qui aime le même soleil et la même terre fertile, compose avec elle un mur fleuri de juin à l’automne. Au pied, des agapanthes ou des géraniums vivaces habillent la base de la liane, souvent dégarnie, et se contentent des mêmes arrosages d’été.
Associations à éviter : Ne la mêlez pas à une liane très vigoureuse comme la glycine ou la bignone, qui l’étoufferait et rendrait toute taille impossible. Tenez-la aussi à distance des tomates et des pommes de terre : les morelles d’ornement peuvent porter sans le montrer un viroïde qui ravage ces cultures, transmis par les mains et les outils de taille.
Conseil : Palissez la morelle et la clématite sur le même support et taillez-les ensemble en fin d’hiver : la floraison blanche et continue de la morelle sert alors de fond aux vagues de couleur de sa voisine.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pleine terre contre un mur ou une clôture exposés au sud ou à l’ouest, sur un treillage, dans une région où l’hiver descend rarement sous -8 °C.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Palissage, tuteurage | De mi-avril à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | La liane s’accroche en enroulant ses pétioles autour du support, mais ses pousses très rapides retombent ou s’enchevêtrent si on ne les guide pas. Les attacher au fil de la saison garnit tout le treillage au lieu d’un seul paquet au sommet. |
| Arrosage | De mi-mai à fin septembre : tous les 4 à 7 jours | Le pied d’un mur reçoit peu de pluie, alors qu’une floraison continue de juin aux gelées réclame une terre qui ne se dessèche pas. Arroser copieusement au pied, puis laisser la surface sécher avant l’arrosage suivant. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à fin septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Les pucerons arrivent avec les jeunes pousses au printemps, les aleurodes et les acariens avec la chaleur d’un mur abrité en été. Repérés tôt, ils cèdent à un jet d’eau, sinon à un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». |
| Taille de structure | De mi-février à fin mars | La morelle fleurit sur les pousses de l’année : une taille avant le départ de la végétation multiplie les tiges florifères et débarrasse la liane du bois gelé pendant l’hiver. Sans elle, les tiges s’emmêlent en hauteur et la base se dégarnit. |
| Engrais à libération lente | De mi-mars à fin avril | Griffé au pied juste après la taille, il nourrit à la fois la pousse rapide du printemps et plusieurs mois de floraison. Un engrais trop azoté donnerait surtout des tiges et du feuillage. |
| Floraison | De juin à octobre | Les fleurs se succèdent sans interruption jusqu’aux premières gelées, plus longtemps encore contre un mur chaud. De petites baies noires, toxiques, leur succèdent parfois. |
| Bouturage | De juillet à août | Les boutures s’enracinent en quelques semaines à l’étouffée et passent leur premier hiver à l’abri du gel avant d’être plantées au printemps. C’est une assurance dans les régions où un hiver rude peut emporter le pied. |
| Protection des racines | De début novembre à mi-décembre | Sous -8 °C environ, les tiges peuvent geler jusqu’au sol, mais une souche protégée repart au printemps et refleurit dès l’été, puisque les fleurs naissent sur le bois neuf. Écarter le paillis en mars pour laisser la terre se réchauffer. |
| Voile d'hivernage | De décembre à février | Protéger le premier mètre de tiges évite de devoir repartir de la souche, et conserve une charpente qui refleurira plus tôt l’été suivant. |