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Légume · Solanacées

Pomme de terre Solanum tuberosum

Aussi appelé : Patate, Parmentière, Potato

La pomme de terre est une plante à tubercules des Andes, vivace en botanique mais cultivée au potager en annuelle, replantée chaque printemps. Le pied butté mesure 50 à 80 cm de haut et boucle son cycle en 90 à 140 jours selon la variété. Elle demande une terre profonde, meuble et fraîche, enrichie de compost à l’automne, du plein soleil et de l’eau pendant la formation des tubercules en juin et juillet. Une terre trop calcaire marque les tubercules de gale, et le moindre gel noircit son feuillage.

Pomme de terre (Solanum tuberosum)
Photo : Amédée Masclef, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Légume
Famille
Solanacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
0 °C
Floraison
De juin à juillet
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Cultivée en annuelle et totalement gélive : le feuillage noircit dès 0 °C et disparaît à -2 °C, et les tubercules laissés en terre pourrissent en dessous de -3 °C. Zones USDA 3 à 10 en culture annuelle, donc partout en France métropolitaine.

Dimensions : 50 à 80 cm de haut selon la variété, pour 40 à 60 cm d’étalement une fois le pied butté.

Floraison : De juin à début juillet, des fleurs étoilées blanches, roses ou mauves selon la variété, à cœur jaune, sans parfum, qui signalent la formation des tubercules. Les petites baies vertes qui suivent sont toxiques.

Substrat : Terre profonde, meuble et fraîche, enrichie de compost bien décomposé à l’automne précédent. pH idéal de 5,5 à 6,5 : au-delà de 7, la gale commune marque les tubercules.

Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour, sur une parcelle aérée où le feuillage sèche vite après la pluie.

Arrosage : Peu avant la levée, puis 15 à 20 litres par mètre carré tous les 5 à 7 jours pendant la tubérisation de juin et juillet, en l’absence de pluie.

Durée de vie : Annuelle au potager. Botaniquement vivace tubéreuse, elle boucle son cycle en 90 à 140 jours et se replante chaque année.

Multiplication : Plantation de tubercules pré-germés, entiers ou coupés, de la mi-mars à la fin avril, quand la terre atteint 10 °C.

Arrosage & entretien

Arrosage : Espacé jusqu’à la levée, tous les 10 à 15 jours, puis copieux tous les 5 à 7 jours pendant le grossissement des tubercules en juin et juillet, et tous les 7 à 10 jours en août. Toujours au pied et jamais sur le feuillage, avec un arrêt complet 2 semaines avant l’arrachage.

Fertilisation : Compost mûr ou fumier décomposé à l’automne précédent, jamais frais au printemps : il favorise la gale et pousse le feuillage aux dépens des tubercules. Un engrais de fond riche en potasse déposé au sillon à la plantation complète l’apport.

Rempotage : Sans objet en pleine terre, où seule compte la rotation de 4 ans sans solanacée. En sac ou en pot de 40 litres minimum, le substrat se renouvelle intégralement chaque année.

Taille : Aucune taille. À la place, deux buttages, quand les tiges atteignent 20 cm puis 3 semaines plus tard, pour couvrir des tubercules qui verdissent et deviennent toxiques dès qu’ils voient la lumière.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour. À l’ombre, les pieds filent et les tubercules restent petits.

Emplacement : Extérieur uniquement, sur une planche dégagée et ventilée. La culture en sac ou en grand pot reste possible sur une terrasse ensoleillée, avec des rendements plus modestes.

Substrat : Terre profonde, meuble et sans cailloux, de type sablo-limoneux. Une terre lourde donne des tubercules déformés et complique l’arrachage.

pH : 5,5 à 6,5. C’est l’un des rares légumes à préférer un sol légèrement acide, et un chaulage récent lui vaut de la gale.

Drainage : Décisif. Un sol gorgé d’eau fait pourrir les tubercules et déclenche la jambe noire, tandis qu’une terre qui sèche complètement en pleine tubérisation crevasse les tubercules et creuse leur cœur.

Multiplication

Méthode conseillée

Tubercules : 4 à 6 semaines avant la plantation, les poser à la lumière, à l’intérieur vers 10 à 15 °C, jusqu’à obtenir des germes trapus de 1 à 2 cm. Un gros tubercule se coupe en deux, chaque morceau gardant 2 germes, et sèche une journée avant d’être planté à 10 cm de profondeur. Repartir chaque année de plants certifiés plutôt que de sa propre récolte, qui accumule les viroses. Plantation de la mi-mars dans le Midi à la fin avril en altitude, dès que la terre atteint 10 °C ; avec des plants certifiés, la réussite est quasi totale.

Les autres méthodes

Bouturage : ne se pratique pas au potager : un germe détaché peut s’enraciner en godet, mais le gain est sans intérêt face à la plantation d’un tubercule.

Semis :

Semerun amateur ne sème pas la pomme de terre : les graines des petites baies, toxiques, ne reproduisent pas la variété et ne donnent la première année que des tubercules minuscules. Le semis reste réservé à la création variétale.

Récolter les grainesPas de graines en culture : beaucoup de variétés nouent peu ou pas de baies, et celles qui en forment donnent des graines qui ne reproduisent rien d’utile au potager. Les semences botaniques ne se trouvent guère que chez quelques spécialistes ; on repart des plants certifiés, décrits dans la méthode conseillée.

Maladies & parasites

Maladies courantes : Le mildiou (Phytophthora infestans) marque les feuilles de taches brunes huileuses cerclées de jaune, avec un feutrage blanc au revers, par temps doux et humide. Il faut couper et évacuer les fanes atteintes, et traiter en prévention à la bouillie bordelaise avant que le champignon ne s’installe. La gale commune, croûtes liégeuses superficielles, reste sans danger à la consommation et suit les sols calcaires et secs.

Parasites fréquents : Le doryphore, adulte rayé jaune et noir et larve rouge orangé, se ramasse à la main dès mai, pontes orange comprises. Les taupins, larves filiformes couleur cuivre, creusent des galeries dans les tubercules, surtout après une prairie retournée. Les pucerons, eux, transmettent les viroses qui font dégénérer les plants.

Prévention : Rotation de 4 ans minimum sans solanacée, et plants certifiés plutôt que tubercules de consommation. Arracher par temps sec et ramasser jusqu’au dernier tubercule oublié, qui repousserait l’année suivante en relais du mildiou. Détruire les repousses spontanées pour la même raison.

Toxicité

Toxicité humaine : Toute la plante contient de la solanine, sauf le tubercule sain : feuilles, tiges, fleurs et petites baies vertes sont toxiques. Un tubercule verdi ou fortement germé la concentre sous la peau, avec un goût amer caractéristique, et doit être pelé largement ou jeté.

Toxicité animaux : Fanes, épluchures verdies et tubercules germés sont toxiques pour le chien, le chat, le cheval et les bovins. La pomme de terre cuite, ni verdie ni germée, ne pose pas de problème.

Symptômes : Par ingestion, salivation, nausées, vomissements et diarrhée en quelques heures, puis maux de tête, confusion et faiblesse aux doses élevées. La solanine résiste à la cuisson, qui ne rattrape donc jamais un tubercule vert.

Précautions : Ne jamais consommer un tubercule vert, amer ou fortement germé, et conserver la récolte à l’obscurité entre 6 et 10 °C. Surveiller les baies vertes, qui ressemblent à de petites tomates et attirent les enfants, et tenir les fanes arrachées hors de portée des animaux.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le haricot nain, qui fixe l’azote et dont le voisinage est réputé gêner le doryphore. L’œillet d’Inde, dont les racines défavorisent les nématodes du sol. La capucine, plantée en bordure comme piège à pucerons, à l’écart des rangs pour qu’elle ne les envahisse pas.

Associations à éviter : Tomate, aubergine et poivron, solanacées comme elle : mêmes besoins, même mildiou, et une parcelle qui se contamine pour plusieurs saisons. Courges et concombres, dont le feuillage couvrant entretient l’humidité autour des fanes. Céleri et tournesol, dont le voisinage direct freine la croissance.

Conseil : Tenez un plan de vos planches d’une année sur l’autre. La rotation de 4 ans sans solanacée est la mesure qui protège le plus, et elle ne tient qu’au souvenir de l’emplacement de l’an passé.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au potager, en plein soleil, dans un sol profond et meuble amendé l’automne précédent, sur une parcelle qui n’a pas porté de solanacée depuis 4 ans.

GesteQuandComment
ArrosageEssentiel D’avril à mai : tous les 10 à 15 jours ; de juin à juillet : tous les 5 à 7 jours ; en août : tous les 7 à 10 jours Arroser peu jusqu’à la levée puis copieusement pendant le grossissement des tubercules, en juin et juillet, car une alternance de sec et d’humide à ce moment crevasse les tubercules et creuse leur cœur.au pied, 15 à 20 litres par mètre carré, sans mouiller le feuillage
Inspection parasitaireEssentiel De mai à juillet : tous les 3 à 5 jours Retourner les feuilles tous les 3 à 5 jours de mai à juillet et écraser les pontes orange du doryphore, car une seule ponte négligée défolie un pied entier en une semaine.doryphores rayés et pontes orange sous les feuilles
Mise en place des plantsEssentiel De mi-mars à fin avril Mettre en place les plants pré-germés dès que le sol atteint 10 °C, de la mi-mars dans le Midi à la fin avril en altitude, pour que le grossissement se fasse avant les chaleurs qui arrêtent la tubérisation.tubercules pré-germés, germes vers le haut, 10 cm de profondeur, 35 cm sur le rang
Engrais à libération lenteUtile De mi-mars à fin avril Incorporer au sillon un engrais de fond riche en potasse au moment de la plantation, car c’est la potasse qui remplit le tubercule quand l’azote ne fait que du feuillage.engrais de fond riche en potasse, pauvre en azote
SurfaçageEssentiel De début mai à mi-juin Ramener la terre en butte autour des tiges quand elles atteignent 20 cm, puis une seconde fois 3 semaines plus tard, car un tubercule qui affleure verdit à la lumière et devient toxique.buttage, deux passages, 15 à 20 cm de terre ramenée au pied
Traitement préventifUtile De mi-mai à mi-aoûtDès que : période douce et humide durable, nuits au-dessus de 10 °C avec feuillage mouillé 2 jours de suite Traiter contre le mildiou dès qu’une période douce et humide s’installe, avant l’apparition des taches, car ce champignon se combat en prévention et jamais une fois les fanes atteintes.bouillie bordelaise, renouvelée après une forte pluie
FloraisonUtile De début juin à mi-juillet La floraison signale que les tubercules se forment et qu’une première récolte de primeurs devient possible ; les petites baies vertes qui lui succèdent ressemblent à des tomates et sont toxiques.repère de tubérisation, baies vertes toxiques à retirer si des enfants passent
Fructification, récolteEssentiel De juillet à septembre Arracher par temps sec 2 à 3 semaines après le dessèchement complet des fanes, le temps que la peau s’épaississe, puis laisser ressuyer les tubercules à l’ombre avant de les rentrer à l’obscurité.récolte de conservation, quand les fanes ont jauni puis séché
Compost, amendementUtile D’octobre à novembre Enfouir superficiellement du compost bien décomposé sur la planche à l’automne précédent, car une matière organique fraîche apportée au printemps favorise la gale commune et pousse le feuillage aux dépens des tubercules.compost mûr ou fumier décomposé, jamais frais

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