Légume · Amaryllidacées
Poireau perpétuel Allium ampeloprasum
Aussi appelé : Poireau, Ail d’Orient, Poireau sauvage, Leek
Allium ampeloprasum est l’espèce méditerranéenne à laquelle appartient le poireau du potager, cultivé pour son fût blanc de 15 à 25 cm, sous 40 à 80 cm de feuillage. Bisannuel, il se récolte dès la première année, 6 à 8 mois après le semis : laissé en place, il monte à fleur au printemps suivant et son fût devient dur. Il demande une terre profonde, fraîche, riche en humus et pas acide, le plein soleil et un arrosage copieux par semaine en été. Les variétés d’hiver, comme le Bleu de Solaise, supportent en place -15 à -20 °C.
- Type
- Légume
- Famille
- Amaryllidacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 6 et au-delà. Les variétés d’hiver, type Bleu de Solaise, tiennent -15 à -20 °C en place au potager, tandis que les variétés d’été, plus tendres, se récoltent avant les premières gelées.
Dimensions : 40 à 80 cm de feuillage pour 20 à 30 cm d’étalement, avec un fût blanc de 15 à 25 cm. Laissé en place une deuxième année, il monte à fleur jusqu’à 1,50 m.
Floraison : Aucune la première année, où on le récolte ; laissé en place, il monte en fleur au printemps suivant, une grosse ombelle blanc rosé, et le fût devient dur et immangeable.
Substrat : Terre profonde, meuble, fraîche et riche en humus, enrichie de compost mûr l’automne précédent. pH idéal entre 6,5 et 7,5 : il déteste les sols acides.
Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum. Une mi-ombre légère est tolérée en climat très chaud, au prix de fûts plus fins.
Arrosage : Tous les 2 à 4 jours pendant les 6 semaines de reprise, puis un arrosage copieux par semaine en été. Au pied, jamais sur le feuillage.
Durée de vie : Bisannuelle cultivée en annuelle : on la récolte dès la première année, avant la montée à fleur du printemps suivant. Du semis à la récolte, comptez 6 à 8 mois.
Multiplication : Semis clair en pépinière de février à avril, à 1 cm de profondeur, puis repiquage des plants gros comme un crayon.
Arrosage & entretien
Arrosage : Serré à la reprise, tous les 2 à 4 jours en mai et juin, puis un bon arrosage hebdomadaire de juillet à septembre, au goulot et au pied. D’octobre à avril les pluies suffisent, sauf quinzaine franchement sèche.
Fertilisation : Compost bien décomposé incorporé à la planche à l’automne ou en fin d’hiver, 2 à 3 kg par mètre carré. Un apport azoté facultatif en juillet ou août relance le grossissement, mais plus rien après le 31 août.
Rempotage : Sans objet en pleine terre. Le geste équivalent est le repiquage de mai à juillet : plants habillés, plantoir, trou de 10 à 15 cm que l’on ne rebouche pas.
Taille : Raccourcissez les feuilles d’un tiers et les racines à 3 cm juste avant de planter, pour limiter l’évaporation le temps de la reprise. Aucune autre taille ensuite, seulement le retrait des feuilles jaunies de la base.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures de soleil direct au minimum. En dessous, le fût reste grêle et la plante se couche.
Emplacement : Extérieur toute sa vie, au potager en pleine terre ; seul le semis de février se fait sous châssis ou à la maison. Choisissez une planche dégagée, pas le pied d’une haie qui assèche le sol.
Substrat : Terre profonde et meuble sur au moins 30 cm, fraîche, riche en humus, ameublie sans être finement émiettée. Les sols caillouteux ou tassés donnent des fûts tordus.
pH : Entre 6,5 et 7,5, neutre à légèrement calcaire. Sous 6, chaulez la planche l’automne précédent.
Drainage : Le poireau veut un sol frais mais jamais détrempé ; l’eau stagnante en hiver fait pourrir le collet des pieds laissés en place. En terre lourde, cultivez sur butte ou en planche surélevée.
Multiplication
Semis : de février, sous abri, à avril, dehors, clair en ligne dans une pépinière, à 1 cm de profondeur : la levée prend 2 à 3 semaines vers 12 à 20 °C. Repiquer 8 à 10 semaines plus tard, quand les plants ont la grosseur d’un crayon. Les graines des variétés classiques reproduisent la plante, pas celles des hybrides.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent avec l’aide des insectes. Le poireau perpétuel forme peu de graines et se garde par les caïeux de sa base ; s’il en mûrit, couper l’ombelle en août ou septembre quand les capsules sèchent et laissent voir les graines noires, puis la finir de sécher à l’abri. Ses fleurs se croisent avec les autres poireaux en fleur du potager, si bien que ces graines redonnent rarement la même plante. Les sachets du commerce sont plus sûrs pour un semis, et les graines se gardent 2 à 3 ans au sec et au frais.
Les autres méthodes
Bouturage : Ne se bouture pas.
Division et autres méthodes : Un pied laissé en place forme à sa base des caïeux, petits bulbes accolés : en août ou septembre, les détacher et les replanter à 3 cm de profondeur, à 15 cm d’écart. C’est ainsi que se perpétue le poireau perpétuel, qui monte peu à graine.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La rouille marque le feuillage de pustules orange en été humide ; supprimez les feuilles atteintes, espacez les plants et évitez l’excès d’azote. Le mildiou du poireau dessine des zones pâles allongées puis grises par temps doux et humide. La pourriture blanche, champignon du sol, oblige à ne plus cultiver d’allium à cet endroit pendant 4 à 5 ans.
Parasites fréquents : La mouche mineuse pond en avril-mai puis de septembre à novembre, et ses pupes brunes alignées comme des grains de riz dans le fût le rendent immangeable. La teigne du poireau creuse des galeries longitudinales dans les feuilles à partir de juin. Les thrips argentent le feuillage par temps sec et chaud, sans gravité réelle.
Prévention : Le voile anti-insectes posé d’avril à novembre, enterré sur les bords, est la seule parade fiable contre la mineuse. Pratiquez une rotation de 4 ans sans allium sur la même planche et ramassez les débris de récolte au lieu de les laisser au sol. Alternez les rangs avec des carottes, dont l’odeur brouille les repères de la mouche.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune. Le poireau est un légume consommé cru ou cuit, sans partie dangereuse, hormis une intolérance individuelle aux fructanes chez les personnes sensibles.
Toxicité animaux : Réellement toxique pour le chien, le chat et le cheval : l’ASPCA classe Allium ampeloprasum comme toxique, par le disulfure de N-propyle. Tous les alliums, crus, cuits, séchés ou en bouillon, détruisent les globules rouges, et le chat y est plus sensible que le chien.
Symptômes : Chez l’animal, vomissements, abattement, muqueuses pâles, urines foncées, essoufflement et cœur rapide, souvent 1 à 3 jours après l’ingestion, le temps que l’anémie s’installe. Aucun risque de contact cutané, ni chez l’humain ni chez l’animal.
Précautions : Ne donnez jamais de restes contenant du poireau à un chien ou à un chat, y compris un bouillon de pot-au-feu. Compostez les épluchures dans un bac fermé plutôt que de les laisser à portée d’un animal.
Associations de plantes
Bonnes associations : La carotte est la compagne classique : l’odeur du poireau brouille la mouche de la carotte, celle de la carotte gêne la mouche du poireau. La fraise et le céleri partagent le même sol frais et profond sans se concurrencer. La tomate, plus haute, fait un brise-vent utile en bordure de planche.
Associations à éviter : Haricots et pois supportent mal le voisinage des alliums, dont les composés soufrés gênent leurs bactéries fixatrices d’azote. Ne replantez pas de poireau après ail, oignon ou échalote : les maladies du sol, pourriture blanche en tête, sont communes à toute la famille. La betterave, gourmande et étalée, prend la lumière des jeunes plants au moment où ils en ont le plus besoin.
Conseil : Plantez un rang de poireaux pour deux rangs de carottes, en alternance serrée, plutôt que deux blocs côte à côte. La protection mutuelle ne joue qu’à quelques dizaines de centimètres. Tenez aussi un plan de vos planches : une rotation de 4 ans sans allium ne se retient pas de tête.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pleine terre au potager, sol profond, frais et enrichi de compost mûr, en plein soleil ; plants élevés en pépinière puis repiqués.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : tous les 2 à 4 jours ; de juillet à septembre : tous les 5 à 8 jours ; d’octobre à avril : toutes les 3 à 4 semaines | Arrosez serré pendant les 6 semaines qui suivent le repiquage, le temps de la reprise, puis copieusement une fois par semaine en été. D’octobre à avril les pluies suffisent presque toujours, un arrosage ne se justifie qu’après une quinzaine franchement sèche. |
| Inspection parasitaire | D’avril à mai : chaque semaine ; de juin à août : toutes les 2 à 3 semaines ; de septembre à novembre : chaque semaine | Soulevez le voile et regardez les feuilles les plus jeunes pendant les deux périodes de vol. La teigne, elle, creuse des galeries longitudinales et se repère plutôt à la mi-juin. |
| Semis | De février à avril | Semez clair en ligne dans une pépinière, à 1 cm de profondeur, pour élever des plants pendant 8 à 10 semaines. Un semis de février donne les poireaux d’été, un semis de mars-avril les poireaux d’hiver qu’on arrache jusqu’en mars suivant. |
| Traitement préventif | D’avril à novembre | Couvrez la planche pendant les deux vols de la mouche mineuse du poireau, d’avril à mai puis de septembre à novembre. C’est la seule protection vraiment efficace : une fois les pupes installées dans le fût, plus rien ne les rattrape. |
| Mise en place des plants | De mai à juillet | Repiquez les plants gros comme un crayon dans un trou de 10 à 15 cm, à 15 cm sur le rang et 30 cm entre les rangs, puis arrosez au goulot sans reboucher. Le trou se comble seul aux arrosages successifs et allonge le fût blanc, qui est la partie que l’on mange. |
| Paillage | De juin à août | Paillez de tontes sèches ou de paille entre les rangs pour garder le sol frais et espacer les désherbages. Beaucoup de jardiniers préfèrent butter deux fois dans l’été, ce qui blanchit le fût plus sûrement. |
| Engrais liquide | De juillet à août | Un apport azoté en plein été relance le grossissement des poireaux d’hiver qui plafonnent. Arrêtez fin août : nourri en septembre, le fût reste tendre et supporte mal le gel. |
| Compost, amendement | De novembre à mars | Incorporez 2 à 3 kg de compost mûr par mètre carré sur la planche qui recevra les poireaux, à l’automne ou en fin d’hiver. Le poireau reste 8 mois en place et épuise un sol pauvre. |
| Protection des racines | De décembre à février | Une bonne couche de feuilles mortes sur le rang empêche la terre de prendre en masse et permet d’arracher même en période de gel. Sans elle, les poireaux restent intacts mais impossibles à sortir du sol. |