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Légume · Amaryllidacées

Ail Allium sativum

Aussi appelé : Ail cultivé, Ail commun, Garlic

L’ail est un allium bulbeux originaire d’Asie centrale, cultivé au potager pour ses têtes formées de caïeux. Il mesure 30 à 60 cm de haut, jusqu’à 90 cm chez les variétés à hampe, et se replante chaque année à partir d’un caïeu, à l’automne ou en fin d’hiver selon le type. Il exige le plein soleil et un sol léger, ameubli, sans aucune fumure fraîche, et se contente presque toujours des pluies. À l’ombre, ses bulbes restent petits et les maladies s’installent.

Ail (Allium sativum)
Photo : Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Légume
Famille
Amaryllidacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-15 °C
Floraison
Pas de floraison notable en culture
Difficulté
Facile

Fiche générale

Rusticité : Très rustique, zones USDA 4 à 9. Les caïeux plantés à l’automne supportent -15 °C en sol drainé, et le jeune feuillage encaisse -10 °C sans dommage durable.

Dimensions : 30 à 60 cm de haut feuillage compris, jusqu’à 90 cm avec la hampe florale des variétés à hampe, pour 15 à 20 cm d’étalement.

Floraison : Aucune décorative : les variétés à hampe forment en juin une tige enroulée terminée de bulbilles et de quelques fleurs blanc rosé, qu’on coupe pour grossir les têtes.

Substrat : Sol léger, sableux ou limoneux, ameubli en profondeur, volontiers calcaire et sans aucune fumure fraîche. pH idéal de 6,0 à 7,5, l’optimum vers 6,5.

Exposition : Plein soleil, sans concession : 6 à 8 heures par jour, faute de quoi les bulbes restent petits et les maladies s’installent.

Arrosage : Quasi nul. L’ail se contente des pluies, et l’on n’intervient qu’en sécheresse marquée d’avril à mai, jamais le mois précédant la récolte.

Durée de vie : Cultivé en annuelle, avec un cycle de 6 à 9 mois selon le type. La plante est une vivace bulbeuse qui ne se ressème pas : on replante un caïeu chaque année.

Multiplication : Plantation de caïeux de mi-octobre à décembre pour les ails blancs et violets, de février à mi-mars pour les ails roses.

Arrosage & entretien

Arrosage : Aucun arrosage régulier en France métropolitaine, la pluie suffit de la plantation à la récolte. N’intervenir qu’en sécheresse prolongée pendant le grossissement des bulbes, en avril et mai, avec un arrosage copieux et espacé, puis suspendre tout apport le mois précédant l’arrachage.

Fertilisation : Jamais de fumier ni de compost frais, qui font pourrir les caïeux et donnent des têtes molles. En sol pauvre, un engrais de fond riche en potasse en février, au redémarrage du feuillage, et rien d’autre.

Rempotage : Sans objet : l’ail se replante chaque année à partir de caïeux, et ne revient pas au même endroit avant 4 ans, ni après un poireau, un oignon ou une échalote. La culture en pot reste possible dans 30 cm de profondeur, avec des bulbes plus modestes.

Taille : Une seule intervention, sur les variétés à hampe : couper la hampe florale dès qu’elle s’enroule, à la fin de mai ou au début de juin. Le bulbe grossit sensiblement de ce qu’il n’envoie pas dans la fleur, et la hampe tendre se cuisine.

Exposition & substrat

Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour. C’est la condition première : à l’ombre, le feuillage reste humide et la rouille s’installe.

Emplacement : Extérieur uniquement, sur une planche surélevée de 10 à 15 cm si la terre est lourde. Orientation dégagée au sud, à l’écart des arbres dont l’égouttement entretient l’humidité.

Substrat : Terre légère, sableuse ou limoneuse, sans cailloux ni mottes, ameublie sur 25 cm. L’ail réussit en sol calcaire là où d’autres légumes peinent, et déteste l’argile compacte.

pH : 6,0 à 7,5, l’optimum se situant vers 6,5.

Drainage : C’est le point décisif de la culture. Un sol qui retient l’eau en hiver fait pourrir les caïeux avant même la levée, ce qui explique la plupart des échecs de plantation d’automne.

Multiplication

Méthode conseillée

Caïeux : garder les plus belles têtes de la récolte au sec, puis les égrener juste avant la plantation en ne retenant que les gros caïeux extérieurs. Les planter dehors pointe en haut, à 2 ou 3 cm de profondeur et tous les 10 à 15 cm, aux dates de leur type. Chaque caïeu donne une tête entière, identique à celle d’origine. La plantation de caïeux, seule méthode pratiquée : de mi-octobre à décembre pour les ails blancs et violets, de février à mi-mars pour les ails roses ; elle réussit presque à coup sûr en sol drainé.

Les autres méthodes

Bouturage : L’ail ne se bouture pas.

Semis :

SemerUn amateur ne le sème pas : l’ail cultivé ne donne presque jamais de graines viables. Les bulbilles de la hampe des ails à hampe se plantent comme des caïeux à l’automne, à 2 cm de profondeur, mais il faut 2 ans pour obtenir une tête de taille normale.

Récolter les grainesPas de graines en culture : l’ail cultivé est presque stérile et forme des bulbilles à la place. Celles des ails à hampe se cueillent en juillet, quand la hampe sèche, et se gardent au sec jusqu’à l’automne ; sinon, ce sont les plus belles têtes de la récolte qui servent de semence, comme le dit la méthode conseillée.

Maladies & parasites

Maladies courantes : La rouille (Puccinia allii) couvre les feuilles de pustules orangées au printemps humide ; il faut supprimer les feuilles atteintes et récolter sans attendre si l’attaque est forte, aucun traitement curatif n’étant réellement efficace. La pourriture blanche (Sclerotium cepivorum) forme un feutrage blanc et de petits sclérotes noirs au plateau racinaire, et contamine le sol pour une quinzaine d’années : arracher et brûler, sans composter. La fusariose du plateau suit les sols trop humides et fait se détacher les racines.

Parasites fréquents : La mouche de l’ail (Suillia lurida) pond au printemps et son asticot creuse le cœur du jeune plant, qui jaunit puis se couche. La teigne du poireau mine les feuilles de galeries claires en mai puis en août, et sa chenille se ramasse à la main. Le nématode de la tige (Ditylenchus dipsaci) déforme et ramollit les bulbes, et condamne la parcelle aux alliacées pour plusieurs années.

Prévention : Voile anti-insectes de mars à mai contre la mouche de l’ail, posé avant le vol et non après. Caïeux sains et certifiés plutôt que têtes du commerce, et rotation de 4 ans sans alliacée. Arracher par temps sec et laisser ressuyer complètement avant de stocker, l’essentiel des pertes se faisant à la conservation.

Toxicité

Toxicité humaine : Comestible et sans danger aux doses culinaires, c’est un condiment ancien et universel. Cru, à jeun ou à très forte dose, il irrite l’estomac ; il fluidifie aussi le sang, ce qui justifie de suspendre les cures concentrées avant une intervention chirurgicale.

Toxicité animaux : Nettement toxique pour le chien, le chat, le cheval et les rongeurs, comme tous les Allium : ses composés soufrés détruisent les globules rouges et provoquent une anémie hémolytique. De l’ordre de 5 g par kilo de poids suffisent chez le chien à provoquer des modifications sanguines mesurables, et le chat y est encore plus sensible.

Symptômes : Chez l’animal, vomissements, diarrhée et abattement d’abord, puis 1 à 5 jours plus tard muqueuses pâles, urines foncées, faiblesse et respiration rapide. Chez l’humain, la sève fraîche provoque parfois une dermatite de contact chez les personnes sensibles.

Précautions : Ne jamais donner d’ail à un chien ou à un chat, sous aucune forme, y compris en prétendu vermifuge naturel ou dans un reste de plat cuisiné. Ranger les têtes hors de portée et consulter un vétérinaire sans attendre les symptômes en cas d’ingestion.

Associations de plantes

Bonnes associations : Le fraisier, dont l’ail est réputé limiter la pourriture grise, et qui occupe l’espace laissé libre entre les rangs. La carotte et la betterave, qui ne concurrencent pas son enracinement superficiel. Le rosier et la tomate, voisinage traditionnel auquel on prête un effet répulsif sur les acariens et certains champignons.

Associations à éviter : Haricot, pois et fève : les légumineuses supportent mal le voisinage des alliacées, qui freinent leur croissance. Le chou et l’asperge, pour la même raison de voisinage défavorable. Poireau, oignon et échalote surtout, qui partagent ses maladies et ses parasites et ne doivent jamais lui succéder sur la même planche.

Conseil : Plantez les plus gros caïeux de la tête et gardez les petits pour la cuisine, le calibre du caïeu commandant directement celui du bulbe. Une tête saine récoltée l’été fournit la semence de l’automne suivant, mais renouvelez la souche tous les 3 ou 4 ans, les viroses s’accumulant de génération en génération.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Culture en pleine terre au potager, en plein soleil, dans un sol léger et bien drainé qui n’a reçu ni fumier ni compost frais et n’a pas porté d’alliacée depuis 4 ans.

GesteQuandComment
Inspection parasitaireUtile De mars à juin : toutes les 1 à 2 semaines Contrôler le feuillage chaque semaine au printemps et supprimer les feuilles couvertes de pustules orangées, car la rouille progresse vite après un épisode doux et humide et réduit le calibre des bulbes.pustules orangées de la rouille, feuilles minées par la teigne du poireau
Engrais à libération lenteUtile De début février à mi-mars Apporter en fin d’hiver un engrais de fond riche en potasse si le sol est pauvre, au moment où le feuillage repart, une fumure fraîche donnant des têtes molles qui ne se conservent pas.riche en potasse, jamais de fumier ni de compost frais
Traitement préventifUtile De mars à avril Couvrir la planche d’un voile anti-insectes pendant le vol de printemps de la mouche de l’ail, car l’asticot creuse le cœur du jeune plant et plus aucun traitement ne le rattrape une fois installé.voile anti-insectes contre la mouche de l’ail
ArrosageOptionnel D’avril à maiDès que : sécheresse prolongée pendant le grossissement des bulbes, terre sèche à 10 cm de profondeur N’arroser qu’en cas de sécheresse marquée en avril et en mai, car l’ail se contente des pluies et un sol maintenu humide fait pourrir son plateau racinaire.un arrosage copieux et espacé, jamais un entretien régulier
Arrêt de l'engraisUtile En mai Cesser tout apport d’engrais et tout arrosage le mois qui précède la récolte, car un bulbe gorgé d’eau et d’azote au dernier moment se conserve mal et germe en cave.un mois avant l’arrachage, arrosage compris
PincementUtile De mi-mai à mi-juin Couper la hampe florale des ails à hampe dès qu’elle se recourbe, à la fin de mai ou au début de juin, car le bulbe grossit sensiblement de ce qu’il n’envoie pas dans la fleur ; la hampe tendre se cuisine.hampe florale des variétés à hampe, coupée dès qu’elle s’enroule
Fructification, récolteEssentiel De début juin à mi-août Arracher par temps sec au jaunissement du feuillage, en juin et juillet pour les ails plantés à l’automne, en juillet et août pour ceux de printemps, puis laisser ressuyer les têtes 1 à 2 semaines à l’abri avant de les tresser.récolte quand un tiers à la moitié du feuillage a jauni
Mise en place des plantsEssentiel De mi-octobre à mi-mars Planter les caïeux de la mi-octobre à décembre pour les ails blancs et violets, et de février à la première quinzaine de mars pour les ails roses cultivés au nord de la Loire, car le bulbe ne se divise qu’après une période de froid.caïeux pointe en haut, 2 à 3 cm de profondeur, 12 cm sur le rang
PaillageOptionnel De novembre à décembre En terre froide, étaler un paillis très léger après la plantation d’automne pour limiter le déchaussement des caïeux par le gel ; un paillis épais retient l’eau et les fait pourrir.paillis fin et sec, jamais épais ni tassé

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