Légume · Amaryllidacées
Poireau Allium porrum
Aussi appelé : Porreau, Asperge du pauvre, Leek
Le poireau est un légume bisannuel cultivé en annuelle, issu d’un ail sauvage du pourtour méditerranéen et récolté pour son fût blanc. Il atteint 40 à 70 cm de haut, le fût mesurant 15 à 25 cm selon la profondeur de plantation et le buttage. Il demande une terre profonde et riche, fumée l’automne précédent, le plein soleil et des arrosages réguliers tout l’été. Les variétés d’hiver passent la mauvaise saison en place, quand celles d’été gèlent dès -5 °C.
- Type
- Légume
- Famille
- Amaryllidacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 9. Les variétés d’hiver à feuillage bleuté tiennent -15 à -20 °C en place, les variétés d’été gélives dès -5 °C.
Dimensions : 40 à 70 cm de haut pour 15 à 20 cm d’étalement. Le fût blanc mesure 15 à 25 cm selon la profondeur de plantation et le buttage.
Floraison : Aucune la première année, où on le récolte ; ce n’est qu’au printemps suivant qu’il monte en fleur, une grosse ombelle blanc rosé, et le fût devient alors immangeable.
Substrat : Terre profonde, meuble et riche, fumée l’automne précédent ; les sols caillouteux font des fûts tordus. pH de 6,5 à 7,5.
Exposition : Plein soleil, 6 heures au minimum. À l’ombre d’un rang haut, le fût reste grêle et la plante s’allonge sans grossir.
Arrosage : Tous les 5 à 7 jours après la reprise, tous les 3 à 4 jours en juillet-août, un arrosage tous les 8 à 15 jours en septembre-octobre, plus rien l’hiver.
Durée de vie : Bisannuelle cultivée en annuelle. On le récolte 5 à 10 mois après le semis ; il ne monte en fleur que la seconde année, ce qu’on ne laisse faire que pour récolter la graine.
Multiplication : Semis en février-mars sous abri ou en avril-mai en pépinière, puis repiquage en place quand le plant a la grosseur d’un crayon.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieux et espacés plutôt que légers et fréquents, pour que l’eau atteigne les racines profondes : tous les 5 à 7 jours au printemps, tous les 3 à 4 jours en plein été, tous les 8 à 15 jours à l’automne. De novembre à mars la pluie suffit et l’on récolte au fur et à mesure.
Fertilisation : Fumure de fond au compost mûr à la préparation de la planche, jamais de fumier frais qui fait fourcher les racines. Un arrosage au purin d’ortie en juillet si le feuillage pâlit, puis plus rien : un excès d’azote en fin d’été appelle la rouille.
Rempotage : Il ne se rempote pas. Son seul déplacement est le repiquage des plants de pépinière en pleine terre, entre fin avril et début juillet, au plantoir et dans un trou de 15 cm qu’on ne rebouche pas.
Taille : Raccourcir racines et feuilles d’un tiers au moment du repiquage, pour limiter l’évaporation le temps de la reprise. Retirer ensuite les feuilles basses jaunies, qui entretiennent l’humidité au collet et la rouille.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. Contrairement à l’épinard ou à la laitue, il ne tire aucun bénéfice de l’ombre estivale.
Emplacement : Extérieur uniquement et en pleine terre, une jardinière n’offrant pas la profondeur dont il a besoin. Exposition sud, à l’abri des vents froids pour les récoltes d’hiver.
Substrat : Terre franche ameublie sur 30 cm, enrichie de compost décomposé, sans cailloux ni mottes. Une terre lourde donne des poireaux courts et difficiles à arracher.
pH : 6,5 à 7,5. Un sol franchement acide se chaule modérément l’automne précédent, jamais en même temps que l’apport de compost.
Drainage : Sol frais mais drainé. L’eau qui stagne l’hiver fait pourrir le collet des poireaux laissés en place, et un sol qui sèche vite bloque net le grossissement du fût.
Multiplication
Semis : semer clair en terrine sous abri vers 15 à 20 °C en février-mars, ou en rangs dehors en avril-mai, graines couvertes de 1 cm : la levée prend 2 à 3 semaines. Repiquer en place d’avril à juillet, environ 2 mois plus tard, quand le plant a la grosseur d’un crayon. Les variétés anciennes reproduisent fidèlement la plante, pas les hybrides F1. Le semis, seule méthode courante : en février-mars à l’abri pour les poireaux d’été, en avril-mai en pépinière dehors pour ceux d’hiver ; il réussit très bien avec des graines de moins de 2 ans.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, mais 2 ou 3 pieds donnent des graines plus vigoureuses. Laisser en terre deux ou trois beaux poireaux qui monteront en fleur au printemps suivant, puis couper l’ombelle en août-septembre, quand les capsules sèches s’ouvrent sur des graines noires, et la finir de sécher à l’abri avant de la frotter. Les fleurs se fécondent grâce aux insectes, mais elles se croisent avec un autre poireau en fleur à proximité : n’en laisser monter qu’une variété, et racheter les hybrides F1, que leurs graines ne reproduisent pas. Au sec et au frais, les graines lèvent le mieux dans leurs 2 premières années.
Les autres méthodes
Bouturage : Le poireau ne se bouture pas.
Division et autres méthodes : Aucune en pratique, le poireau se renouvelle chaque année par semis. Les petits caïeux qui se forment parfois au pied d’un poireau monté en fleur peuvent toutefois se replanter dehors en septembre, à 5 cm de profondeur.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La rouille du poireau couvre les feuilles de pustules orangées en fin d’été, favorisée par l’humidité et l’excès d’azote ; on coupe les feuilles atteintes et on espace davantage les plants l’année suivante. La pourriture blanche s’installe au collet en sol contaminé et interdit les alliacées sur la parcelle pendant des années. L’alternariose et le mildiou restent plus rares et suivent un printemps très humide.
Parasites fréquents : La teigne du poireau et la mineuse sont les deux vraies menaces : la première creuse le fût, la seconde laisse des rangées de piqûres puis des pupes brun-rouge entre les gaines. Elles volent deux fois par an, en avril-mai et en septembre-octobre. Par temps sec, les thrips argentent le feuillage sans compromettre la récolte.
Prévention : Poser un filet anti-insectes à mailles fines dès la plantation et le garder jusqu’aux gelées, c’est la seule protection qui fonctionne vraiment. Tenir une rotation de 4 ans sans alliacées. Brûler ou évacuer les déchets de culture au lieu de les composter, les larves y passent l’hiver.
Toxicité
Toxicité humaine : Aucune, c’est un légume de consommation courante, cru comme cuit. Seules les personnes sensibles aux fructanes peuvent mal le digérer, ce qui n’est pas une toxicité.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat, le cheval et les rongeurs, comme tous les Allium : les composés soufrés détruisent les globules rouges et provoquent une anémie hémolytique. Ni la cuisson ni le séchage n’y changent rien, et le chat y est le plus sensible.
Symptômes : Vomissements et diarrhée dans les heures qui suivent l’ingestion, puis, 2 à 4 jours plus tard, abattement, muqueuses pâles, urines foncées et essoufflement. Aucun effet par simple contact cutané.
Précautions : Ne jamais donner à un animal un reste de plat contenant du poireau, de l’oignon, de l’ail ou de l’échalote, et consulter un vétérinaire sans attendre les symptômes en cas d’ingestion. Épluchures et composteur accessibles posent exactement le même problème.
Associations de plantes
Bonnes associations : La carotte est la compagne classique, chacune des deux odeurs déroutant la mouche de l’autre. Le céleri et la fraise occupent l’interligne sans disputer au poireau son horizon racinaire profond. La tomate, plantée en bordure, est souvent citée comme gênant la teigne.
Associations à éviter : Les autres alliacées, ail, oignon et échalote, concentrent teigne, mineuse et pourriture blanche sur la même planche et ruinent la rotation. Les légumineuses, haricot, pois et fève, voient leur croissance ralentie au voisinage des alliacées. La betterave épuise le même horizon de terre au même moment.
Conseil : Alterner un rang de poireaux et un rang de carottes au lieu de les regrouper en blocs séparés : la protection croisée contre les deux mouches ne joue qu’à très courte distance, et deux blocs voisins ne la procurent pas.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pleine terre au potager, sol profond et meuble sur 30 cm, fumé l’automne précédent, exposition en plein soleil.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : tous les 5 à 7 jours ; de juillet à août : tous les 3 à 4 jours ; de septembre à octobre : toutes les 1 à 2 semaines | Arroser abondamment pendant l’été, au moment où le fût grossit, pour que l’eau descende jusqu’aux racines profondes. De novembre à mars, la pluie suffit et le poireau se récolte au fur et à mesure des besoins. |
| Inspection parasitaire | D’avril à octobre : toutes les 2 semaines | Regarder la planche toutes les 2 semaines d’avril à octobre, en écartant les feuilles centrales. Piqûres alignées de la mineuse, galeries de la teigne et pustules orangées de la rouille se voient bien avant que le fût soit perdu. |
| Semis | De début février à mi-mai | Semer clair, en deux temps : février-mars à l’abri pour les poireaux d’été, avril-mai en pépinière pour ceux qui se récolteront en hiver. Le plant reste 2 mois en pépinière avant d’être mis en place. |
| Compost, amendement | De mi-février à mi-avril | Préparer la planche à l’avance avec une fumure de fond bien décomposée. Le poireau occupe le terrain 8 à 10 mois, et le fumier frais fait fourcher les racines et appelle la mouche. |
| Mise en place des plants | De mi-avril à mi-juillet | Repiquer les plants quand ils ont la grosseur d’un crayon, un par trou profond, sans reboucher : on comble d’eau seule pour que la terre se tasse d’elle-même autour du fût. C’est cette profondeur de plantation qui décide de la longueur du blanc. |
| Traitement préventif | De mi-avril à fin octobre | Couvrir la planche pendant les deux vols de la teigne et de la mineuse, d’avril-mai puis de septembre-octobre. Une fois la larve installée dans le fût, plus aucun traitement ne la rattrape. |
| Paillage | De mi-juin à fin août | Pailler entre les rangs au cœur de l’été pour garder le sol frais entre deux arrosages. Laisser le collet dégagé pour que l’humidité n’y stagne pas. |
| Surfaçage | De juillet à octobre | Butter progressivement à partir de juillet pour allonger et blanchir le fût. Ne jamais enterrer le point de départ des feuilles, sinon la terre s’y glisse et le poireau devient impossible à laver. |