Plante d’intérieur · Euphorbiacées
Euphorbe cathédrale Euphorbia trigona
Aussi appelé : Cactus cathédrale, Arbre à lait africain, Euphorbe trigone, African milk tree
L’euphorbe cathédrale est une euphorbe succulente d’Afrique centrale, aux tiges dressées à trois côtes épineuses, garnies de petites feuilles, qui se ramifient en candélabre. Elle atteint 2 à 3 m en pleine terre sous les tropiques, mais 1 à 2 m en pot chez nous, où elle vit à l’intérieur et peut passer l’été dehors. Elle demande surtout une lumière vive et un substrat sec jusqu’au fond entre deux arrosages. Le froid humide sous 10 °C et le soleil de midi derrière une vitre l’abîment.
- Type
- Plante d’intérieur
- Famille
- Euphorbiacées
- Exposition
- Lumière vive, sans soleil direct
- Température minimale
- 10 °C
- Floraison
- Pas de floraison notable en culture
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 10 à 11, aucune tolérance au gel : pas moins de 10 °C en hiver, dans un substrat tenu au sec si la pièce est fraîche. En France, c’est une plante d’intérieur, qui peut passer l’été dehors.
Dimensions : En pot, 1 à 2 m de haut pour 40 à 60 cm d’étalement après une dizaine d’années ; en pleine terre sous climat tropical, 2 à 3 m.
Floraison : Aucune décorative : en culture, elle ne fleurit pour ainsi dire jamais. Son latex blanc est toxique et irritant pour la peau et les yeux.
Substrat : Mélange drainant pour cactées, enrichi d’un tiers de pouzzolane ou de gravier fin ; pH entre 6 et 7,5.
Exposition : Lumière vive avec quelques heures de soleil direct doux, le matin ou en fin de journée ; le soleil de midi derrière une vitre, en été, brunit ses côtes.
Arrosage : Tous les 10 à 15 jours d’avril à septembre, quand le substrat est sec jusqu’au fond, et toutes les 4 à 6 semaines seulement en hiver.
Durée de vie : Vivace succulente de très longue vie : un sujet en pot se garde plusieurs décennies.
Multiplication : Bouturage de tiges d’avril à juillet, avec des gants : coupe cicatrisée, puis piquée en sable à peine humide, au chaud et à la lumière.
Arrosage & entretien
Arrosage : D’avril à septembre, arroser copieusement tous les 10 à 15 jours, uniquement quand le substrat est sec sur toute sa hauteur, puis vider la soucoupe. D’octobre à mars, un apport toutes les 4 à 6 semaines suffit, juste assez pour que les tiges ne se rident pas.
Fertilisation : Engrais pour cactées, pauvre en azote, une fois par mois de mai à août. Aucun apport d’octobre à mars, pendant le repos.
Rempotage : Tous les 2 à 3 ans au printemps, dans un pot en terre cuite à peine plus grand et assez lourd, car la plante haute bascule facilement. Pour la manipuler, l’entourer d’une bande de carton ou de papier journal plié, avec gants et lunettes de protection.
Taille : Au printemps ou en été, couper au couteau propre une branche trop haute ou qui déséquilibre la silhouette, toujours avec gants et lunettes. Tamponner la plaie à l’eau froide arrête le latex, et le tronçon prélevé se bouture après 2 semaines de séchage à l’air.
Exposition & substrat
Exposition : Lumière vive, avec 2 à 4 heures de soleil direct le matin ou en fin de journée. Trop à l’ombre, ses tiges s’étirent, s’amincissent et penchent vers la fenêtre.
Emplacement : Intérieur, près d’une fenêtre est, ouest ou sud voilée, à l’écart des passages où une branche heurtée casse et laisse couler son latex. Elle peut passer l’été dehors, habituée au soleil par étapes sur 2 semaines, et rentre dès que les nuits descendent sous 12 °C.
Substrat : Deux tiers de terreau pour cactées et un tiers de pouzzolane ou de gravier fin, sans terreau universel qui retiendrait l’eau.
pH : Entre 6 et 7,5, de légèrement acide à neutre, sans exigence particulière.
Drainage : Drainage impératif : pot percé, soucoupe vidée après chaque arrosage, jamais de cache-pot où l’eau stagne. L’excès d’eau pourrit la base des tiges, surtout l’hiver dans une pièce fraîche.
Multiplication
Bouturage : de mi-avril à fin juillet, avec des gants et des lunettes (le latex blanc est toxique et brûle la peau et les yeux), couper une ramification de 10 à 20 cm et tremper aussitôt la coupe dans l’eau froide pour arrêter l’écoulement, puis la laisser cicatriser 1 à 2 semaines à l’air, à l’ombre. Piquer la bouture de 3 à 4 cm dans du sable ou un mélange pour cactées à peine humide, à l’intérieur, à 20 à 25 °C et à la lumière vive, sans la couvrir. Ne pas arroser avant 3 semaines : les racines se forment en 4 à 8 semaines. La réussite est élevée si la plaie a bien cicatrisé avant la mise en terre.
Les autres méthodes
Semis :
SemerNon : en culture, elle ne fleurit pour ainsi dire jamais et ses graines sont introuvables.
Récolter les grainesPas de graines en culture : elle ne fleurit pour ainsi dire jamais hors de son pays d’origine, et on n’en trouve pas dans le commerce. Le bouturage d’une ramification reste la seule voie.
Division et autres méthodes : Aucune : elle forme un tronc unique ramifié, sans rejets ni souche à diviser.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La pourriture de la base, molle et noirâtre, suit presque toujours un arrosage d’hiver dans une pièce fraîche ; on sauve alors les parties saines en les bouturant. Des plaques brunes et liégeuses au bas des vieilles tiges sont un simple vieillissement, mais plus haut elles signalent un coup de soleil ou de froid. La chute des petites feuilles en hiver est normale et ne demande aucun soin.
Parasites fréquents : Les cochenilles farineuses se glissent entre les côtes et à la base des épines, où leurs amas cotonneux passent inaperçus ; les retirer au coton-tige imbibé d’alcool. L’araignée rouge, en air sec et chauffé, laisse sur les tiges un piqueté jaunâtre puis des marques liégeuses.
Prévention : Laisser sécher complètement le substrat entre deux arrosages, et ne jamais arroser une plante au frais en hiver. Inspecter les sillons entre les côtes une fois par mois, et doucher la plante à l’eau tiède en été pour décourager l’araignée rouge.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique : le latex blanc qui perle à la moindre blessure des tiges, des feuilles ou des racines contient des esters de diterpènes très irritants. Il est surtout redoutable pour l’œil, où il peut provoquer une kératite sévère.
Toxicité animaux : Toxique pour les chiens, les chats et les petits mammifères domestiques, par contact comme par ingestion. Ses épines en découragent certains, mais un chiot ou un chat joueur peut casser une branche et se retrouver exposé au latex.
Symptômes : Sur la peau, rougeur, brûlure et parfois cloques dans les heures qui suivent ; dans l’œil, douleur vive, larmoiement, gêne à la lumière et vision trouble pendant plusieurs jours. Ingéré, le latex brûle la bouche et la gorge et provoque vomissements et diarrhée.
Précautions : Gants, lunettes et manches longues pour toute taille ou tout rempotage, puis lavage des mains sans se frotter les yeux. En cas de projection dans l’œil, rincer à l’eau claire au moins 15 minutes et consulter en urgence ; en cas d’ingestion, appeler un centre antipoison ou le vétérinaire.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les Haworthia et les Gasteria, petites succulentes en rosette, aiment la même lumière vive et le même substrat sec : placées à ses pieds, elles habillent le bas de sa silhouette. La sansevieria et le Zamioculcas partagent sa sobriété en eau et tolèrent comme elle une lumière un peu moins vive.
Associations à éviter : Les fougères, le Spathiphyllum et les Calathea réclament un terreau toujours frais et une atmosphère humide qui feraient pourrir ses racines. Éviter aussi, dans un même bac, les plantes retombantes qui se mêlent à ses tiges : chaque intervention deviendrait un contact avec le latex.
Conseil : Tourner le pot d’un quart de tour chaque mois : ses tiges se penchent vers la lumière, et un sujet resté de biais finit par basculer sous son propre poids.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Succulente cultivée en pot à l’intérieur toute l’année, devant une fenêtre très lumineuse, dans un substrat sableux très drainant, avec un hivernage frais entre 27 °C si possible.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | D’avril à septembre : tous les 12 à 18 jours ; d’octobre à mars : tous les 35 à 50 jours | Arroser copieusement puis laisser sécher entièrement, les tiges charnues constituant leur propre réserve. Une base qui brunit et se ramollit signale une pourriture déjà installée, presque toujours irréversible. |
| Engrais liquide | D’avril à septembre : toutes les 4 à 6 semaines | Un apport espacé pendant la croissance suffit largement à cette plante sobre. Trop d’azote donne des tiges molles qui s’allongent et versent. |
| Rotation du pot | De janvier à décembre : toutes les 2 à 3 semaines | Tourner le pot régulièrement pour que les tiges montent droites au lieu de se courber vers la fenêtre. Une tige penchée ne se redresse plus ensuite. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 3 à 4 semaines ; d’octobre à mars : toutes les 5 à 6 semaines | Regarder au creux des arêtes et à la base des feuilles, où les amas blancs cotonneux se logent à l’abri. Les tamponner au coton imbibé d’alcool dès leur apparition. |
| Vidage de la soucoupe | De janvier à décembre | Jeter l’eau restante un quart d’heure après l’arrosage, car les racines pourrissent très vite si elles baignent. La vigilance doit être totale en hiver, quand le substrat sèche à peine. |
| Rempotage | De mi-mars à mi-mai, tous les 3 ans | Rempoter au printemps dans un contenant à peine plus large mais bien stable, la plante devenant vite haute et déséquilibrée. Manipuler avec des gants et un carton roulé autour des tiges, dont les épines et le latex sont agressifs. |
| Taille de structure | D’avril à juin | Raccourcir au printemps une tige trop haute ou penchée, la plante se ramifiant sous la coupe. Le latex blanc qui s’écoule est toxique et brûle la peau et les yeux, l’éponger aussitôt à l’eau froide. |
| Bouturage | De mi-avril à fin juillet | Arrêter l’écoulement de latex en trempant la coupe dans l’eau froide, puis laisser la plaie cicatriser complètement avant de planter. Piquer ensuite dans du sable à peine humide, au chaud et à la lumière vive. |
| Arrêt de l'engrais | D’octobre à mars | Suspendre toute fertilisation pendant le repos hivernal, la plante ne poussant plus. Reprendre seulement quand de nouvelles feuilles apparaissent au sommet. |
| Repos sec | De novembre à février | Garder la plante au sec et au frais pendant l’hiver, ce qui évite l’étiolement dû au manque de lumière. Dans une pièce chauffée et sombre, les nouvelles pousses sortent pâles et déformées. |