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Arbre fruitier · Rosacées

Abricotier Prunus armeniaca

Aussi appelé : Abricotier commun, Apricot

L’abricotier est un arbre fruitier venu d’Asie centrale, cultivé en France pour ses abricots, surtout là où les printemps sont doux. Il atteint 3 à 6 m en gobelet, 2 à 3 m seulement en palmette contre un mur. Son bois résiste à -20 °C, mais ses fleurs, ouvertes dès février, sont perdues à -2 °C : c’est le gel printanier qui décide de la récolte. Il demande un sol léger et bien drainé, même calcaire, en plein soleil et à l’abri des vents froids, loin des fonds de vallée où le gel s’accumule.

Abricotier (Prunus armeniaca)
Photo : Craig Ledbetter, USDA ARS, Public domain, via Wikimedia Commons
Type
Arbre fruitier
Famille
Rosacées
Exposition
Plein soleil
Température minimale
-20 °C
Floraison
De février à mars
Difficulté
Moyenne

Fiche générale

Rusticité : zone USDA 5 à 9, le bois tient jusqu’à -20 ou -25 °C. Le point faible n’est pas l’hiver mais la floraison de février : les fleurs sont perdues dès -2 °C.

Dimensions : 3 à 6 m de haut pour 4 à 6 m d’étalement en gobelet, 2 à 3 m seulement en palmette contre un mur.

Floraison : De mi-février à fin mars, avant les feuilles, des fleurs blanches à rose pâle au parfum léger et miellé. Cette floraison très précoce est exposée aux gelées, qui décident de la récolte.

Substrat : sol profond, léger, caillouteux et bien drainé, le calcaire ne le gêne pas. pH idéal de 6,5 à 8.

Exposition : plein soleil, 6 à 8 heures minimum, à l’abri des vents froids. Fuyez les fonds de vallée où le gel s’accumule.

Arrosage : 20 à 30 L tous les 8 à 10 jours de mai à septembre les trois premières années, puis seulement en sécheresse marquée.

Durée de vie : arbre vivace, mais court sur pattes pour un fruitier : 15 à 25 ans en production, rarement plus de quarante. Le chancre et la gommose abrègent souvent sa carrière.

Multiplication : Greffe en écusson de mi-juillet à fin août sur myrobolan ou franc ; le noyau ne reproduit pas la variété.

Arrosage & entretien

Arrosage : les trois premières années, 20 à 30 L au pied tous les 8 à 10 jours de mai à septembre. Ensuite, un arbre établi ne se mouille qu’en sécheresse prolongée, toujours d’un seul coup et jamais en petites doses quotidiennes.

Fertilisation : un à deux seaux de compost mûr en couronne, griffés en février ou mars, suffisent pour l’année. Évitez les engrais riches en azote seul : ils font du bois tendre qui prend le chancre bactérien.

Rempotage : sans objet en pleine terre. La plantation se fait de novembre à mars hors gel, en racines nues jusqu’en février ; en bac, surfacez chaque printemps et changez de contenant tous les 3 à 4 ans.

Taille : en août, après la récolte, et jamais en hiver, c’est la règle qui distingue l’abricotier de la plupart des fruitiers. Aérez le centre, ôtez le bois mort, limitez les grosses plaies et désinfectez la lame à l’alcool entre chaque coupe.

Exposition & substrat

Exposition : plein soleil, 6 à 8 heures par jour au minimum. C’est la chaleur de juin et juillet qui fait le sucre de l’abricot.

Emplacement : extérieur, en pleine terre, orienté sud ou sud-ouest et abrité du vent. Évitez le plein est, où le soleil du matin dégèle trop vite les fleurs prises par la nuit, et privilégiez une variété tardive comme Bergeron au nord de la Loire.

Substrat : sol profond, caillouteux, filtrant, même pauvre. Une terre trop riche et trop fraîche donne un arbre vigoureux et peu fructifère.

pH : de 6,5 à 8. Greffé sur myrobolan, il supporte très bien le calcaire actif.

Drainage : impératif. L’asphyxie racinaire tue l’abricotier bien plus sûrement que la soif ; sur sol lourd, plantez sur une butte de 30 à 40 cm.

Multiplication

Méthode conseillée

Greffe : pour l’écusson, prélever sur un rameau de l’année de la variété un œil avec son pétiole et une languette d’écorce, l’insérer dans une incision en T du porte-greffe à 10 à 15 cm du sol, puis ligaturer en laissant l’œil dégagé. Au printemps suivant, quand l’œil démarre, rabattre le porte-greffe juste au-dessus. La greffe en écusson à œil dormant, de mi-juillet à fin août, sur un jeune myrobolan ou un abricotier de semis, est la méthode des arboriculteurs et reste à la portée d’un amateur soigneux. Toutes les variétés fruitières se multiplient ainsi, le semis ne les reproduisant pas.

Les autres méthodes

Bouturage : Très difficile : les boutures d’abricotier ne s’enracinent presque jamais chez un amateur.

Semis :

SemerUn noyau planté à l’automne dehors, à 5 cm de profondeur, passe l’hiver au froid et lève au printemps. L’arbre obtenu ne reproduit pas la variété : ses fruits sont souvent médiocres, et il sert surtout de porte-greffe.

Récolter les grainesUn seul pied suffit : la plupart des abricotiers se fécondent seuls, avec l’aide des abeilles. Les noyaux se prennent en juillet sur des fruits bien mûrs, se lavent de leur pulpe et se gardent jusqu’au semis d’automne dans du sable à peine humide, au frais : séchés plusieurs mois, ils lèvent mal. Quelques variétés autostériles demandent un second abricotier fleuri en même temps. Le plant obtenu servant de porte-greffe, la variété du noyau importe peu, et les semences de porte-greffe vendues aux pépiniéristes sont plus régulières.

Maladies & parasites

Maladies courantes : la moniliose domine tout : fleurs brunies qui restent accrochées, rameaux desséchés d’un coup, fruits momifiés qui pendent tout l’hiver. Coupez 20 cm sous la partie atteinte, ramassez les momies et traitez à la bouillie bordelaise sur bois nu. Viennent ensuite la gommose et le chancre bactérien, écoulements de gomme ambrée suivis de branches mortes, que la taille d’été prévient mieux qu’aucun produit.

Parasites fréquents : les pucerons verts et noirs enroulent les jeunes feuilles au printemps, la suppression des pousses enroulées en vient à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». La tordeuse orientale perce les jeunes pousses puis les fruits, et se piège par confusion sexuelle. Dans le Midi, le capnode, un gros coléoptère noir dont la larve dévore les racines, tue les jeunes arbres affaiblis par la sécheresse.

Prévention : le ramassage des feuilles et des fruits momifiés à l’automne vaut un traitement à lui seul. Taillez toujours par temps sec et désinfectez les outils entre deux arbres. Gardez le pied dégagé et le sol drainé, un arbre à l’aise se défend seul.

Toxicité

Toxicité humaine : la chair de l’abricot est parfaitement comestible. En revanche l’amande du noyau, les feuilles et les rameaux contiennent de l’amygdaline, qui libère du cyanure à la digestion.

Toxicité animaux : noyaux, feuilles et branches taillées sont toxiques pour le chien, le chat, le cheval et les ruminants. Les feuilles flétries, après une taille ou une tempête, sont les plus dangereuses de toutes.

Symptômes : nausées, vertiges, essoufflement, muqueuses anormalement rouges, convulsions dans les cas graves. Le contact avec l’écorce, la gomme ou la sève est en revanche sans danger.

Précautions : ne laissez pas les enfants casser les noyaux pour en manger l’amande, les autorités sanitaires européennes recommandent de s’en tenir à une ou deux par jour chez l’adulte. Évacuez systématiquement les branches taillées hors de portée des chevaux et du bétail.

Associations de plantes

Bonnes associations : une bande fleurie de phacélie, de trèfle blanc ou de bourrache à 2 m du tronc nourrit les auxiliaires qui régulent les pucerons. La consoude installée en périphérie fournit un paillage riche en potasse, exactement ce dont l’arbre a besoin à la nouaison. L’ail et la ciboulette en bordure ont une vieille réputation de frein à la moniliose, et ne concurrencent rien.

Associations à éviter : ne serrez pas d’autres Prunus sensibles, pêcher ou cerisier, contre lui : ils se transmettent moniliose et chancre bactérien. Le noyer l’étouffe par sa juglone et son ombre. Évitez enfin courges, pommes de terre et gazon dense au pied, qui entretiennent une humidité permanente au collet et appellent la gommose.

Conseil : gardez un disque nu ou paillé d’1 m autour du tronc et repoussez toute culture au-delà. La plupart des abricotiers étant autofertiles, un second arbre n’est pas nécessaire, mais il améliore nettement la nouaison les années à floraison contrariée.

Calendrier d’entretien, mois par mois

Établi pour : Arbre greffé sur myrobolan, planté en pleine terre et conduit en gobelet, plein soleil, sol drainé plutôt calcaire, à l’abri des vents froids et des cuvettes à gelées tardives.

GesteQuandComment
Bois mort et feuilles abîméesEssentiel De janvier à décembreDès que : un rameau se dessèche brutalement, fleurs brunies encore accrochées ou fruits momifiés La moniliose descend à l’intérieur du rameau : coupez largement sous la partie atteinte dès que vous la repérez, sans attendre la taille d’août. Les fruits momifiés restés dans l’arbre relancent la maladie au printemps suivant.couper 20 cm sous la limite du bois sain, sortir les déchets du verger
Compost, amendementUtile De début février à mi-mars Griffez un compost bien mûr en fin d’hiver, avant le démarrage de la végétation. L’azote seul pousse l’arbre à faire du bois tendre, qui prend le chancre.deux seaux en couronne à l’aplomb des branches, jamais contre le tronc
FloraisonUtile De mi-février à fin mars L’abricotier fleurit 3 à 4 semaines avant le pêcher, quand les gelées sont encore là. C’est cette précocité, et non le froid de l’hiver, qui décide de la récolte.fleurs avant les feuilles, perdues dès -2 °C
Voile d'hivernageEssentiel De mi-février à mi-avrilDès que : gelée annoncée pendant la floraison ou juste après la nouaison Posez un voile de forçage la veille d’une nuit annoncée sous 0 °C et retirez-le au lever du jour. Laissé en place, il fait monter chaleur et humidité et empêche les abeilles de féconder les fleurs.praticable sur un jeune sujet ou une forme palissée, pas sur un arbre de 6 m
PaillageUtile D’avril à mai Paillez quand le sol s’est réchauffé et qu’il est encore frais, pour limiter l’évaporation de l’été. Un paillis plaqué contre l’écorce entretient l’humidité au collet et appelle la gommose.5 à 8 cm en couronne, dégagé de 15 cm autour du tronc
ArrosageEssentiel De début mai à mi-septembreDès que : arbre de moins de 3 ans, ou sécheresse prolongée sur un sujet établi Arrosez copieusement et espacé pendant les trois premières années, puis seulement lors des sécheresses durables. L’abricotier craint bien plus l’eau qui stagne que la soif.20 à 30 L d’un coup tous les 8 à 10 jours, jamais un filet quotidien
Fructification, récolteUtile De début juin à mi-août La récolte s’étale de mi-juin pour les variétés précoces du Roussillon à début août pour la Bergeron. Un éclaircissage fin mai donne de plus gros fruits et évite que l’arbre ne produise qu’une année sur deux.éclaircir à 8 cm entre fruits quand ils ont la taille d’une noisette
Taille de structureEssentiel De début août à mi-septembre Taillez en août, dès les fruits ramassés : les plaies cicatrisent vite à la chaleur, alors qu’une coupe d’hiver ouvre la porte au chancre bactérien et à la gommose. Désinfectez la lame à l’alcool entre chaque branche.après la récolte, par temps sec, jamais en hiver
Ramassage des feuilles mortesUtile De mi-octobre à mi-décembre Ramassez à l’automne tout ce qui est tombé au pied de l’arbre. C’est là que la moniliose et la criblure passent l’hiver, et ce nettoyage vaut un traitement.feuilles, momies et fruits tombés, hors du compost
Traitement préventifEssentiel De début novembre à mi-mars Traitez une première fois à la chute des feuilles et une seconde au gonflement des bourgeons, contre la moniliose et la criblure. Le cuivre brûle le feuillage de l’abricotier : il ne s’applique que sur bois nu.bouillie bordelaise, deux passages, sur arbre sans feuilles

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