Arbre · Rosacées
Cerisier des Kouriles Prunus kurilensis
Aussi appelé : Kuril cherry
Le cerisier des Kouriles est un petit cerisier d’ornement originaire des îles Kouriles et du nord du Japon, où les hivers sont rudes. Il ne dépasse guère 2 à 3 m de haut pour 2 m d’étalement, ce qui le fait entrer dans les plus petits jardins. En mars et avril, ses fleurs blanches à rose très pâle couvrent les rameaux encore nus. Rustique jusqu’à -25 °C, il demande surtout du soleil et une terre fraîche et bien drainée, et convient aussi bien aux régions froides qu’aux petits espaces.
- Type
- Arbre
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5, jusqu’à -25 °C ; ce cerisier des îles Kouriles est taillé pour les hivers rudes.
Dimensions : 2 à 3 m de hauteur pour 2 m d’étalement, ce qui en fait l’un des plus petits cerisiers d’ornement.
Floraison : En mars et avril, avant les feuilles, des fleurs simples blanches à rose très pâle qui couvrent les rameaux, légèrement parfumées.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, fraîche et bien drainée, plutôt neutre à légèrement calcaire.
Exposition : Plein soleil à mi-ombre légère ; la floraison est plus dense au soleil.
Arrosage : Régulier les deux premières années, puis seulement lors des étés très secs.
Durée de vie : Arbre vivace, 30 à 50 ans. Les cerisiers à fleurs vieillissent plus vite que les cerisiers fruitiers.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées en juin et juillet, sous abri à l’étouffée, ou greffe en écusson en août sur merisier.
Arrosage & entretien
Arrosage : Un arrosage copieux par semaine les deux premiers étés, puis seulement en cas de sécheresse prolongée. Un paillage au pied divise les besoins.
Fertilisation : Un apport de compost mûr en surface en fin d’hiver suffit. Éviter les engrais azotés, qui font de longues pousses tendres au détriment des boutons floraux.
Rempotage : Peu adapté au pot du fait de son enracinement ; en bac, rempoter tous les 3 ans en fin d’hiver dans un contenant profond.
Taille : Presque aucune. Se limiter à ôter le bois mort et les branches qui se croisent, juste après la floraison. Les prunus cicatrisent mal, il faut éviter les coupes de gros diamètre.
Exposition & substrat
Exposition : 6 heures de soleil ou davantage pour une floraison abondante ; il tolère la mi-ombre au prix d’une floraison plus clairsemée.
Emplacement : Extérieur, en isolé sur une petite pelouse ou en fond de massif, à l’abri des vents froids qui abîment les fleurs précoces.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, profonde et fraîche, sans excès de matière organique.
pH : Entre 6 et 7,5, avec une bonne tolérance au calcaire.
Drainage : Drainage franc indispensable. Les racines de prunus asphyxient rapidement en sol lourd et détrempé, ce qui se traduit par un dépérissement progressif des rameaux.
Multiplication
Bouturage : de mi-juin à fin juillet, prélever des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, ôter les feuilles du bas et les piquer dans un mélange de terreau et de perlite à parts égales. Garder sous châssis ou sous sac transparent, à l’ombre et vers 20 °C ; l’enracinement prend 6 à 8 semaines, l’hormone de bouturage est facultative mais aide. La bouture semi-aoûtée, avec une réussite moyenne d’environ une bouture sur deux. Le cultivar en base se multiplie de la même façon, ou par greffe, jamais par semis.
Les autres méthodes
Semis :
SemerSemer dehors à l’automne les noyaux frais, nettoyés, à 2 cm de profondeur en terrine ; l’hiver lève la dormance et la levée se fait au printemps, parfois seulement au deuxième. Les graines reproduisent à peu près l’espèce mais pas ses cultivars.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : comme la plupart des cerisiers, ses fleurs refusent leur propre pollen. Les petites cerises noires mûrissent en été ; on les cueille molles, avant les oiseaux, on retire la chair et l’on garde les noyaux dans du sable à peine humide, au frais, jusqu’au semis d’automne, car un noyau desséché lève mal. Il fructifie mieux avec un second cerisier fleuri en même temps à proximité, les abeilles assurant le transport du pollen ; un cultivar ne donne que des semis différents de lui.
Division et autres méthodes : Greffe en écusson en août sur un merisier de semis : insérer un œil sous l’écorce incisée en T, ligaturer, puis couper le porte-greffe au-dessus de l’œil en février suivant.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La moniliose brunit et dessèche brutalement les fleurs et les rameaux au printemps humide ; il faut couper largement en dessous des parties atteintes et évacuer les déchets en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage. La criblure perce les feuilles de petits trous ronds, et la gommose fait suinter une résine ambrée aux blessures, signe d’un stress ou d’une taille mal cicatrisée.
Parasites fréquents : Les pucerons noirs recroquevillent les jeunes feuilles au printemps, souvent accompagnés de fourmis. Les cochenilles s’installent sur les rameaux âgés, et les chenilles défoliatrices peuvent apparaître en mai.
Prévention : Tailler par temps sec et jamais en gros diamètre, ramasser les fruits et feuilles tombés qui portent les spores de moniliose, et éviter d’arroser le feuillage. Un sujet bien aéré et non taillé sévèrement est peu malade.
Toxicité
Toxicité humaine : Modérément toxique. Comme tous les Prunus, les feuilles, l’écorce et surtout les noyaux contiennent des glycosides cyanogènes libérant du cyanure à la digestion.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et particulièrement pour les herbivores, chevaux et ruminants, chez qui l’ingestion de feuilles flétries est la plus dangereuse.
Symptômes : Salivation, vomissements, difficultés respiratoires et faiblesse ; dans les cas graves, muqueuses rouge vif et convulsions.
Précautions : Ne pas laisser les chutes de taille accessibles au bétail ou aux chevaux, les feuilles fanées étant plus toxiques que les fraîches. Consulter en urgence en cas d’ingestion notable.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les bulbes de printemps, narcisses, muscaris et crocus, qui fleurissent à son pied au même moment et prolongent le tableau. Les hellébores, qui occupent le pied en hiver avant sa floraison. Les géraniums vivaces, qui couvrent le sol tout l’été sans concurrencer ses racines superficielles.
Associations à éviter : Les plantes gourmandes en eau et en azote comme les hortensias, dont les arrosages entretiendraient une humidité défavorable à ses racines. Les arbustes vigoureux plantés trop près, qui masqueraient une floraison qui ne dure que 2 semaines.
Conseil : Le planter là où on le voit depuis une fenêtre : sa floraison est précoce, souvent dès mars, à une saison où l’on sort peu au jardin, et c’est de l’intérieur qu’on en profite le plus.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Culture en pleine terre au jardin, au soleil ou à mi-ombre légère, en sol frais, profond et bien drainé ; petit cerisier d'ornement très rustique, souvent greffé, qui fleurit à la sortie de l'hiver sur le bois de l'année précédente.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à juin : tous les 7 à 10 jours ; de début juillet à mi-septembre : tous les 5 à 8 jours | Ces apports concernent surtout les deux à trois premières années, le temps que l'enracinement s'installe. Un sujet établi ne réclame ensuite d'eau qu'en cas de sécheresse prolongée, ses racines restant superficielles. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Les pucerons noirs enroulent et crispent les jeunes feuilles au printemps, et se délogent d’un jet d’eau, sinon avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », avant que l’enroulement ne les protège. Surveiller aussi les écoulements de gomme sur le tronc, signe d’un stress ou d’un chancre à surveiller. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Les chancres et la maladie du plomb se transmettent d'un arbre à l'autre par les outils de taille. Ce geste rapide évite de contaminer un sujet sain avec des spores prélevées ailleurs. |
| Compost, amendement | De mi-février à mi-avril | Un apport léger en fin d'hiver soutient la floraison et la pousse de l'année. Éviter les engrais riches en azote, qui produisent des rameaux tendres, sensibles au gel et attractifs pour les pucerons. |
| Paillage | De mi-mars à mi-mai | Le paillage conserve la fraîcheur du sol et supprime la concurrence de l'herbe sur les racines superficielles. Ne jamais l'appliquer contre le tronc, où l'humidité permanente favorise les chancres du collet. |
| Taille après floraison | De mi-avril à mi-juin | La floraison se forme sur le bois de l'année précédente, si bien qu'une taille plus tardive supprimerait les boutons de la saison suivante. Ne jamais tailler en automne ni en hiver, période où les plaies ouvrent la porte au chancre bactérien et à la maladie du plomb. |
| Gourmands et rejets | De mai à septembre | Les pousses issues du porte-greffe sont bien plus vigoureuses que la variété greffée et finissent par l'étouffer si on les laisse s'installer. L'arrachage limite les repousses, contrairement à une coupe nette. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De juin à août | L'été est la période où les plaies cicatrisent le plus vite chez ce genre, avec un risque d'infection minimal. Retirer sans attendre les rameaux dont les fleurs et les feuilles ont bruni ensemble, signe caractéristique de la moniliose. |
| Traitement préventif | De mi-octobre à mi-mars | Deux passages suffisent, l'un à la chute des feuilles et l'autre au gonflement des bourgeons, pour limiter criblure, chancre et moniliose. Ne jamais traiter pendant la floraison, par respect des abeilles. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à mi-décembre | Ces débris hébergent les spores qui réinfecteront l'arbre au printemps suivant. Les évacuer plutôt que les composter sur place réduit nettement la pression des maladies. |
Cultivars connus
Prunus kurilensis 'Ruby'. Leur entretien est celui de l’espèce, sauf mention contraire dans les conseils ci-dessus.