Arbre fruitier · Rosacées
Griottier Prunus cerasus
Aussi appelé : Cerisier acide, Cerisier aigre, Amarellier, Sour cherry
Le griottier est un petit arbre fruitier d’Europe orientale et d’Asie occidentale, cultivé pour ses griottes acidulées, destinées aux confitures et aux clafoutis. Plus petit et plus arrondi qu’un cerisier doux, il atteint 4 à 6 m, 2,50 à 3 m sur porte-greffe nanifiant, et entre en fruit dès la troisième ou quatrième année. Il fleurit une semaine après le cerisier, ce qui lui fait souvent éviter les dernières gelées, et son bois supporte -30 °C. Il demande le plein soleil et un sol profond et drainé : l’eau stagnante de l’hiver lui nuit bien plus que la sécheresse d’été.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- En avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4, le bois supporte -30 °C au repos, mieux encore que le cerisier doux. La fragilité est ailleurs : la fleur ouverte gèle dès -2 °C, mais une floraison plus tardive d’une semaine lui fait souvent éviter les dernières gelées d’avril.
Dimensions : 4 à 6 m de haut pour autant d’étalement sur franc ou sur Sainte-Lucie, 2,50 à 3 m sur porte-greffe nanifiant. Il reste nettement plus petit et plus arrondi qu’un cerisier doux, qui monte à 10 m.
Floraison : En avril, environ une semaine après le cerisier doux, des bouquets de fleurs blanches au parfum léger, très mellifères ; ce léger retard lui fait souvent éviter les dernières gelées.
Substrat : Sol profond, meuble et bien drainé, même caillouteux ou calcaire, pH de 6,5 à 7,5. Il redoute l’argile asphyxiante et l’eau stagnante de l’hiver bien plus que la sécheresse d’été.
Exposition : Plein soleil pour le sucre du fruit. La mi-ombre est tolérée, au prix d’une récolte plus acide et plus tardive.
Arrosage : Rien à donner à un arbre installé, sauf 3 semaines sans pluie en juin. 15 à 20 litres tous les 7 à 10 jours les trois premiers étés, de mai à septembre.
Durée de vie : Vivace, 25 à 40 ans en production, moins longtemps qu’un cerisier doux. Il entre en fruit dès la troisième ou quatrième année après plantation.
Multiplication : Greffe en écusson en juillet et août, ou drageons d’un arbre franc de pied détachés en hiver.
Arrosage & entretien
Arrosage : Un arbre installé ne demande rien, sauf un juin sec pendant le grossissement des fruits. Un jeune sujet reçoit 15 à 20 litres tous les 7 à 10 jours de mai à septembre, en une seule fois au pied plutôt qu’en petites doses.
Fertilisation : Un seau de compost mûr étalé en surface sous la couronne en février ou mars suffit pour l’année. L’azote en excès donne du bois tendre, des pucerons et de la gommose plutôt que des fruits.
Rempotage : Sans objet en pleine terre. En grand bac sur porte-greffe nanifiant, on surface chaque année en février et on change de contenant tous les 4 à 5 ans, en novembre.
Taille : Toujours après la récolte, de fin juillet à fin août, jamais en hiver : la plaie sèche vite et la gommose ne s’installe pas. Comme il fructifie sur le bois d’un an, on rajeunit en supprimant des branches entières plutôt qu’en raccourcissant les pousses.
Exposition & substrat
Exposition : 6 heures de soleil direct au minimum. En dessous de 4 heures, la mise à fruit décline et la moniliose s’installe.
Emplacement : Extérieur strict, en pleine terre, plutôt au sud ou au sud-ouest. Un endroit où l’air circule sèche vite le feuillage après la pluie, ce qui vaut tous les traitements.
Substrat : Terre de jardin profonde, plutôt légère, additionnée d’un peu de compost à la plantation. Il se contente de sols pauvres ou calcaires où le cerisier doux boude.
pH : De 6,5 à 7,5. La tolérance au calcaire va jusqu’à pH 8 sur porte-greffe Sainte-Lucie.
Drainage : Déterminant : des racines asphyxiées par un hiver humide provoquent un dépérissement lent, branche après branche, et de la gommose. En terre lourde, planter sur une butte de 20 cm.
Multiplication
Greffe : pour l’écusson, insérer un œil de la variété dans une incision en T du porte-greffe à 10 à 15 cm du sol, ligaturer, puis rabattre le porte-greffe au-dessus au printemps suivant. La greffe en écusson en juillet et août, sur merisier ou sur Sainte-Lucie, est la méthode classique ; sur un griottier franc de pied, prélever un drageon est plus simple et reproduit fidèlement l’arbre.
Les autres méthodes
Bouturage : Difficile : des boutures semi-aoûtées de 10 cm en juillet, sous châssis à l’étouffée, s’enracinent parfois avec l’aide facultative d’une hormone de bouturage, mais le résultat reste aléatoire pour un amateur.
Semis :
SemerLes noyaux semés à l’automne dehors, à 3 à 5 cm de profondeur, lèvent au printemps après l’hiver au froid. L’arbre obtenu ne reproduit pas la variété et donne des fruits incertains.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : le griottier se féconde le plus souvent seul, avec l’aide des abeilles. Les noyaux se prennent en juillet sur des griottes bien mûres, se lavent et se gardent au frais dans du sable à peine humide jusqu’au semis d’automne, sans les laisser sécher. Le noyau ne reproduisant pas la variété, un fruit connu s’obtient plutôt par un drageon d’arbre franc de pied ou par la greffe.
Division et autres méthodes : De novembre à mars, dégager un drageon né des racines d’un griottier franc de pied, le couper avec son morceau de racine et le replanter aussitôt ; sur un arbre greffé, le drageon ne donne que le porte-greffe.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La moniliose brunit les fleurs, dessèche les rameaux et momifie les fruits sur l’arbre ; on recoupe 20 cm sous la zone atteinte et on sort les momies du verger. La cylindrosporiose crible les feuilles et les fait jaunir dès juillet, affaiblissant l’arbre avant l’hiver. La gommose fait perler une résine ambrée sur les plaies, presque toujours des tailles faites au mauvais moment.
Parasites fréquents : La mouche de la cerise pond dès que le fruit vire au jaune, et la drosophile suzukii prend le relais sur les fruits mûrs. Les pucerons noirs enroulent les jeunes pousses au printemps sans compromettre la récolte. Pièges chromatiques jaunes dès la mi-mai, filet à mailles de 0,8 mm sur les formes basses.
Prévention : Deux bouillies bordelaises, l’une à la chute des feuilles, l’autre au gonflement des bourgeons. Ramasser feuilles mortes et fruits momifiés, désinfecter le sécateur entre deux arbres. Récolter tôt : les griottes précoces échappent en grande partie à la suzukii.
Toxicité
Toxicité humaine : La chair de la griotte est comestible et sans danger. Feuilles, écorce et surtout amandes des noyaux contiennent de l’amygdaline, qui libère de l’acide cyanhydrique quand elle est broyée : un noyau avalé entier passe sans dommage, une poignée d’amandes croquées est réellement dangereuse.
Toxicité animaux : Toutes les parties vertes sont toxiques pour le chien, le chat, le cheval et les ruminants, les Prunus figurant sur les listes vétérinaires de plantes toxiques. Les feuilles fanées ou gelées, plus concentrées, sont les plus dangereuses pour un cheval ou une chèvre en pâture.
Symptômes : Intoxication cyanhydrique en moins d’une heure : muqueuses rouge vif, pupilles dilatées, respiration rapide puis difficile, convulsions. Chez le chien, un noyau avalé provoque plus souvent une occlusion intestinale qu’un empoisonnement.
Précautions : Ne jamais jeter les rameaux de taille dans un pré ni dans un enclos, c’est l’accident classique. Dénoyauter avant de donner des griottes à un jeune enfant et ne pas faire des amandes de noyaux une gourmandise.
Associations de plantes
Bonnes associations : Thym, sarriette et ciboulette au pied, qui couvrent sans concurrencer et attirent les auxiliaires au moment de la floraison. La capucine, qui fixe les pucerons noirs ailleurs que sur les jeunes pousses. Un groseillier à maquereau en second rideau, qui accepte l’ombre portée et fructifie avant lui.
Associations à éviter : Le noyer, dont la juglone gêne l’installation dans un rayon de 10 m. Une pelouse dense jusqu’au tronc, qui prend l’eau et l’azote des racines superficielles pendant les années de formation. Un carré de solanacées juste dessous, dont les arrosages d’été entretiennent une humidité permanente au collet.
Conseil : Garder un cercle nu ou paillé d’1 m autour du tronc les cinq premières années : rien ne change autant la vitesse d’installation. Autre avantage sur le cerisier doux, le griottier est autofertile, un seul arbre donne une récolte.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre greffé planté en pleine terre au verger ou au jardin, en plein soleil, dans un sol ordinaire bien drainé, conduit en gobelet ou en demi-tige.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement et rarement au pied d’un jeune arbre pour envoyer les racines en profondeur. Un sujet installé ne demande plus rien, sauf 3 semaines sans pluie en juin pendant le grossissement des fruits. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Désinfecter la lame avant de tailler : chancre bactérien et moniliose voyagent d’un arbre à l’autre sur le sécateur, plus sûrement que par l’air. |
| Compost, amendement | De février à mars | Étaler le compost en fin d’hiver, avant le débourrement, en surface uniquement : les racines du griottier sont superficielles et un bêchage au pied les blesse durablement. |
| Paillage | De mi-mars à fin avril | Pailler après une pluie, quand la terre est encore chargée d’eau, pour garder le pied frais sans jamais mouiller le collet, qui est le point faible des Prunus. |
| Gourmands et rejets | De début mai à mi-septembre | Arracher les drageons d’un coup sec au ras de la racine plutôt que de les couper, sinon ils repartent en plus grand nombre. Le griottier en émet bien davantage qu’un cerisier doux. |
| Inspection parasitaire | De début mai à mi-juillet | Poser les pièges et surveiller la coloration des fruits : la mouche de la cerise pond au virage du vert au jaune, et toute intervention plus tardive ne sert à rien. |
| Fructification, récolte | De mi-juin à fin juillet | Cueillir quand la couleur est franche et que le fruit se détache sans effort : récolter tôt limite aussi les pontes de drosophile suzukii sur les griottes surmûries. |
| Taille de structure | De mi-juillet à fin août | Aérer le centre et supprimer les vieilles branches épuisées dans le mois qui suit la récolte, la sève en mouvement refermant les plaies. Le griottier fructifie sur le bois d’un an, on le rajeunit donc plutôt qu’on ne le raccourcit. |
| Ramassage des feuilles mortes | D’octobre à novembre | Ramasser les feuilles mortes et décrocher les fruits momifiés restés accrochés : c’est là que la moniliose passe l’hiver avant de brûler les fleurs au printemps suivant. |
| Traitement préventif | De novembre à février | Traiter au cuivre une première fois à la chute des feuilles, une seconde au gonflement des bourgeons, pour contenir moniliose et cylindrosporiose sur une espèce qui y est très sensible. |