Arbre · Rosacées
Cerisier du Japon Prunus serrulata
Aussi appelé : Cerisier à fleurs, Sakura, Japanese cherry
Le cerisier du Japon est un arbre d’ornement issu des cerisiers à fleurs du Japon, de Chine et de Corée, cultivé pour ses fleurs d’avril, simples ou doubles, blanches ou roses selon les variétés. Les formes évasées, les plus courantes, atteignent 5 à 8 m de haut et presque autant de large ; les formes colonnaires ou pleureuses tiennent dans moins de place. Il veut au moins 6 heures de soleil par jour et une terre profonde, fraîche et bien drainée. Sa vie est assez courte pour un arbre : 20 à 40 ans pour un sujet greffé.
- Type
- Arbre
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- En avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 5 à 8 : le bois supporte -20 à -25 °C. Les fleurs ouvertes gèlent vers -2 °C, mais la floraison d’avril échappe le plus souvent aux dernières gelées.
Dimensions : 5 à 8 m de haut et presque autant d’étalement pour les formes évasées, les plus courantes ; les formes colonnaires restent sous 2 m de large et les formes pleureuses vers 3 ou 4 m de haut.
Floraison : En avril, des fleurs simples ou doubles, blanches ou roses selon les variétés, en bouquets pendants le long des rameaux ; elles sont le plus souvent peu ou pas parfumées.
Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche, fertile et bien drainée ; pH de 6 à 7,5, un sol calcaire est toléré.
Exposition : Plein soleil, au moins 6 heures par jour, pour une floraison abondante ; une mi-ombre légère est tolérée.
Arrosage : Les deux ou trois premières années, 15 litres tous les 10 à 14 jours d’avril à début juin, puis tous les 7 à 10 jours en été ; ensuite, seulement en cas de sécheresse prolongée.
Durée de vie : Arbre caduc à la vie assez courte pour un arbre : 20 à 40 ans en moyenne pour un sujet greffé.
Multiplication : Greffe en écusson en août sur merisier ; la bouture semi-aoûtée de juin et juillet reprend mal.
Arrosage & entretien
Arrosage : Les 2 ou 3 années qui suivent la plantation, 15 litres tous les 10 à 14 jours au printemps et tous les 7 à 10 jours en été, versés lentement au pied. Un arbre installé se contente ensuite des pluies, sauf sécheresse prolongée, à laquelle ses racines superficielles le rendent sensible.
Fertilisation : Un apport de compost mûr en fin d’hiver, étalé sous la ramure sans bêcher, suffit largement. Éviter les engrais azotés, qui poussent au bois tendre au détriment des fleurs et attirent les pucerons.
Rempotage : Pas de rempotage : c’est un arbre de pleine terre, qui ne prospère durablement qu’au jardin. En bac de 100 litres au moins, les formes compactes ou pleureuses tiennent quelques années, avec un surfaçage chaque printemps.
Taille : Le moins possible et jamais en hiver : supprimer le bois mort, les branches qui se croisent et les rejets du porte-greffe, juste après la floraison ou en début d’été, par temps sec. Une coupe d’hiver ouvre la porte au chancre bactérien et au plomb parasitaire.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au moins, pour une floraison serrée. À mi-ombre, il fleurit moins et ses branches s’allongent vers la lumière.
Emplacement : Extérieur, en isolé sur une pelouse ou en bord d’allée, à l’abri des vents dominants qui dépouillent les fleurs. Prévoir son étalement adulte loin des murs, car ses racines courent près de la surface et soulèvent parfois dallages et bordures.
Substrat : Terre de jardin profonde, meuble et fertile, qui reste fraîche en été. À la plantation, ameublir largement et mélanger un peu de compost mûr à la terre du trou.
pH : De 6 à 7,5 ; il s’accommode aussi d’un sol calcaire, pourvu qu’il soit profond et drainé.
Drainage : Indispensable : une terre gorgée d’eau en hiver asphyxie les racines et favorise la gommose et le chancre. En sol argileux, planter légèrement surélevé, sur un large monticule de terre allégée.
Multiplication
Greffe : en écusson en août sur merisier de semis : glisser un œil sous l’écorce incisée en T, ligaturer, puis couper le porte-greffe au-dessus de l’œil en février suivant. Une greffe en fente en février ou mars est aussi possible. Les cerisiers du Japon cultivés sont presque tous des cultivars. Un amateur y réussit une fois sur deux ou trois.
Les autres méthodes
Bouturage : Possible mais difficile : de mi-juin à fin juillet, des tiges semi-aoûtées de 10 à 15 cm, trempées dans l’hormone de bouturage, piquées dans un mélange de terreau et de perlite. À l’étouffée sous abri, à l’ombre et vers 20 °C, l’enracinement prend 6 à 10 semaines pour une reprise faible.
Semis :
SemerUn amateur ne le sème pas : les formes de jardin, souvent à fleurs doubles, donnent peu ou pas de noyaux, et ceux-ci ne reproduisent pas la variété.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : les cerisiers du Japon à fleurs doubles sont stériles et ne donnent pas de noyaux ; les formes à fleurs simples portent parfois de petites cerises noires en été, à condition qu’un autre cerisier fleuri en même temps soit proche et que les abeilles passent. Ces rares noyaux ne reproduisent pas la variété : on passe par la greffe ou la bouture.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La moniliose dessèche bouquets de fleurs et pointes de rameaux juste après la floraison : couper les parties atteintes dans le bois sain. Le chancre bactérien et la gommose font suinter une gomme ambrée et dépérir des branches entières, souvent après une taille d’hiver ou sur un sol trop humide. En été, la maladie criblée perce les feuilles de petits trous, et le plomb parasitaire leur donne un reflet argenté, branche par branche.
Parasites fréquents : Le puceron noir du cerisier enroule et noircit les jeunes pousses au printemps : jet d’eau avant que les feuilles ne se referment, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Des chenilles défoliatrices et des cochenilles s’installent parfois sur les rameaux, sans gravité sur un arbre vigoureux. Coccinelles, syrphes et mésanges font le plus gros du travail si l’on renonce aux insecticides.
Prévention : Tailler peu, en été et par temps sec, avec des outils désinfectés. Planter dans un sol drainé, ne jamais blesser le tronc à la tondeuse ou à la débroussailleuse, et ramasser les feuilles malades à l’automne. Supprimer les rejets du porte-greffe dès qu’ils apparaissent.
Toxicité
Toxicité humaine : Comme chez tous les Prunus, ses feuilles, son écorce, ses rameaux et l’amande de ses noyaux contiennent des hétérosides cyanogènes, qui libèrent du cyanure quand on les mâche. Les formes cultivées portent rarement des fruits, et les petites cerises noires des formes simples sont amères, sans intérêt à table.
Toxicité animaux : Chiens, chats et chevaux sont exposés au même risque, par les feuilles, les tiges et les noyaux. Les feuilles flétries, après une tempête ou une taille, sont les plus dangereuses pour les chevaux, moutons et chèvres.
Symptômes : Dans les minutes ou l’heure qui suivent l’ingestion, salivation, vomissements, respiration rapide puis difficile, muqueuses rouge vif, pupilles dilatées et, dans les cas graves, convulsions. Toucher l’arbre ou ses fleurs ne provoque aucune réaction cutanée.
Précautions : Ne pas laisser de branches coupées ou cassées à portée des chevaux et des ruminants, et évacuer les déchets de taille. Un animal qui a mâché des feuilles ou croqué des noyaux en quantité doit voir un vétérinaire sans attendre.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les bulbes de printemps naturalisés sous sa ramure, muscaris, scilles ou narcisses, fleurissent avec lui ou juste avant et ne gênent pas ses racines superficielles. Un couvre-sol d’ombre légère, comme le géranium à grosses racines (Geranium macrorrhizum) ou l’épimède, habille ensuite le pied sans exiger de bêchage. Les érables du Japon, plantés à quelques mètres, prennent le relais à l’automne avec leur feuillage flamboyant.
Associations à éviter : Un gazon serré jusqu’au tronc, qui dispute l’eau au jeune arbre et expose son écorce aux coups de tondeuse. Les annuelles ou les légumes qu’il faudrait bêcher et arroser souvent à son pied, ce qui blesse ses racines superficielles. Les grands conifères ou une haie trop proche, qui lui volent la lumière et l’eau.
Conseil : Planter les bulbes à l’automne, en petites poches entre les racines plutôt qu’en retournant toute la surface. Le pied fleurit ainsi en même temps que l’arbre, et le feuillage des bulbes a disparu quand la ramure fait de l’ombre en été.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre greffé, planté en pleine terre au jardin, en isolé ou en pelouse, au soleil, dans une terre profonde, fraîche et bien drainée.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début avril à mi-juin : tous les 10 à 14 jours ; de mi-juin à mi-septembre : tous les 7 à 10 jours | Verser l’eau lentement au pied, en une fois, pour qu’elle descende en profondeur : ses racines restent proches de la surface et souffrent vite d’un été sec, surtout en pelouse. Un arbre bien installé ne réclame plus d’eau qu’en cas de sécheresse prolongée. |
| Compost, amendement | De mi-février à fin mars | Étaler quelques centimètres de compost en fin d’hiver sur un cercle d’1 m au moins autour du tronc, sans bêcher, pour ne pas blesser des racines qui courent près de la surface. |
| Floraison | De début avril à mi-mai | Les fleurs simples ou doubles, blanches ou roses, s’ouvrent en bouquets en même temps que les jeunes feuilles, souvent teintées de bronze. Un coup de vent ou une gelée tardive peuvent écourter le spectacle, sans dommage pour l’arbre. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin | Pendant la pousse, surveiller l’extrémité des rameaux : des feuilles enroulées, collantes et noircies trahissent le puceron noir. Un jet d’eau avant que les feuilles ne se referment suffit le plus souvent sur un jeune arbre, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins » ; un sujet adulte supporte l’attaque sans dommage. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Remplacer le gazon au pied du jeune arbre par 7 cm d’écorces ou de feuilles, qui gardent la fraîcheur des racines superficielles et tiennent la tondeuse loin d’une écorce fine qui se blesse facilement. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mi-avril à fin août | Couper 10 à 15 cm sous la partie atteinte et sortir les rameaux du jardin : c’est le plus souvent la moniliose sur les fleurs, ou le chancre bactérien quand une gomme ambrée suinte de l’écorce. |
| Gourmands et rejets | De mai à septembre | Couper chaque rejet au ras de sa base, en dégageant un peu la terre s’il part d’une racine. Laissés en place, ces rameaux du porte-greffe, le plus souvent un merisier, épuisent l’arbre et finissent par le supplanter. |
| Taille après floraison | De mi-mai à mi-juillet | Supprimer par temps sec le bois mort, les branches qui se croisent et les rameaux mal placés, avec des outils désinfectés et en évitant les grosses coupes. En été, les plaies se referment vite, alors qu’une coupe d’hiver laisse entrer le chancre bactérien et le plomb parasitaire. |
| Ramassage des feuilles mortes | D’octobre à novembre | Ramasser et sortir du jardin les feuilles tombées, surtout si elles se sont couvertes de taches puis de petits trous pendant l’été : elles transmettent la maladie criblée d’une année à l’autre. |