Arbre fruitier · Rosacées
Amandier Prunus dulcis
Aussi appelé : Amandier commun, Almond tree
L’amandier est un arbre fruitier originaire d’Asie centrale et du Moyen-Orient, cultivé depuis l’Antiquité autour de la Méditerranée pour ses amandes. Il atteint 4 à 8 m en plein vent, moins de 3 m greffé sur un porte-greffe nanifiant. Il réclame le plein soleil et un sol drainant, même pauvre et calcaire, et se passe d’arrosage une fois installé. Sa floraison de février, détruite dès -2 °C, le réserve aux régions douces, et les terres lourdes restées humides l’hiver ne lui conviennent pas.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -17 °C
- Floraison
- De février à mars
- Difficulté
- Moyenne
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 7 à 9, le bois supportant environ -17 °C sur un sujet installé. Les fleurs, elles, sont détruites dès -2 °C, ce qui explique les récoltes perdues au nord de la Loire.
Dimensions : 4 à 8 m de haut pour 4 à 6 m d’étalement en plein vent. Greffé sur porte-greffe nanifiant, il se tient sous 3 m.
Floraison : De début février à fin mars, avant les feuilles, des fleurs rose pâle à blanches au parfum léger et doux. Sa précocité l’expose aux gelées et aux journées sans abeilles, ce qui décide de la récolte.
Substrat : Sol drainant, caillouteux, même pauvre, volontiers calcaire. pH idéal de 7 à 8,5 ; il déteste les terres lourdes et humides en hiver.
Exposition : Plein soleil obligatoire, dans l’endroit le plus chaud et le plus abrité du vent froid.
Arrosage : Les trois premières années, 20 à 30 L tous les 7 à 12 jours l’été. Ensuite l’arbre se passe d’arrosage.
Durée de vie : Vivace, 50 à 100 ans, avec une pleine production entre la cinquième et la quarantième année.
Multiplication : Greffe en écusson en août sur amandier de semis ou pêcher ; le semis d’amandes en automne ne reproduit pas la variété.
Arrosage & entretien
Arrosage : Un jeune amandier reçoit 20 à 30 L tous les 7 à 12 jours de juin à début septembre, et toutes les 2 à 3 semaines au printemps. Arroser rarement mais en quantité, pour forcer les racines à descendre.
Fertilisation : Deux ou trois pelletées de compost mûr sous la couronne à la fin de l’hiver suffisent. L’azote en excès fabrique des pousses tendres à pucerons et retarde la mise à fruit.
Rempotage : Sans objet, l’amandier se conduit en pleine terre. Seules les formes naines greffées tiennent en grand bac, avec un surfaçage chaque printemps.
Taille : Taille légère en fin d’été, après la récolte, pour aérer le gobelet et raccourcir les rameaux trop longs. Éviter la taille d’hiver, dont les plaies restent ouvertes et appellent chancre et gommose.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 à 8 heures par jour au minimum. En dessous, l’arbre pousse mais ne noue presque rien.
Emplacement : Extérieur toute l’année, en pleine terre. Sud ou sud-ouest, adossé à un mur ou à une haie qui coupe le vent froid de février.
Substrat : Terre de jardin drainante, caillouteuse ou sablo-calcaire, sans excès de matière organique. Une butte de plantation rachète un sol un peu lourd.
pH : 7 à 8,5, c’est un arbre de terrain calcaire. En sol acide il végète sans être condamné pour autant.
Drainage : Drainage impératif : l’eau stagnante en hiver tue par asphyxie et pourriture du collet. Il supporte 2 mois de sécheresse estivale bien mieux qu’une semaine les pieds dans l’eau.
Multiplication
Semis : semer dehors en octobre ou novembre, des amandes non grillées, à 5 cm de profondeur, en pot ou en place ; le froid de l’hiver lève la dormance et la levée se fait en mars ou avril. Les graines ne reproduisent pas fidèlement la plante : l’arbre obtenu peut donner des amandes amères, toxiques en quantité, et ne fructifie qu’au bout de 4 à 6 ans. Le semis réussit presque toujours, la greffe une fois sur deux ou trois à un débutant.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : la plupart des variétés sont autostériles. Les amandes se récoltent en août ou septembre, quand le brou vert s’ouvre et sèche sur l’arbre ; on les garde dans leur coque, au sec et au frais, jusqu’au semis d’automne, car elles germent de moins en moins bien après un an. Sans une seconde variété d’amandier fleurie en même temps à proximité et sans abeilles par temps doux, l’arbre ne noue pas, sauf les variétés autofertiles comme ‘Lauranne’ ou ‘Steliette’.
Les autres méthodes
Bouturage : L’amandier se bouture très mal, même sur des tiges semi-aoûtées traitées à l’hormone et maintenues à l’étouffée : on n’essaie pas.
Division et autres méthodes : Greffe en écusson à œil dormant en août, sur amandier de semis ou sur pêcher franc : glisser un œil prélevé sur la variété sous l’écorce incisée en T à 10 cm du sol, ligaturer, puis couper le porte-greffe au-dessus de l’œil en février suivant.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La cloque boursoufle et déforme les jeunes feuilles au printemps ; la moniliose dessèche brutalement des rameaux entiers, fleurs brunies collées au bois. Deux traitements au cuivre, à la chute des feuilles et au gonflement des bourgeons, en limitent l’essentiel. Les rameaux atteints se coupent 15 cm sous la zone sèche et se brûlent.
Parasites fréquents : La guêpe de l’amandier pond dans le jeune fruit, qui sèche et reste momifié sur l’arbre. Les pucerons verts recroquevillent les pousses au printemps, les cochenilles encroûtent les branches. Le ramassage systématique des momies à l’automne casse le cycle de la guêpe, ce qu’aucun traitement ne fait.
Prévention : Choisir une variété à floraison tardive et un emplacement aéré où l’humidité ne stagne pas. Désinfecter le sécateur entre deux arbres. Éviter l’azote, qui fabrique exactement les pousses tendres dont vivent les parasites.
Toxicité
Toxicité humaine : L’amande douce est comestible, mais les feuilles, l’écorce et surtout les amandes amères contiennent de l’amygdaline, qui libère du cyanure à la mastication. Une dizaine d’amandes amères peuvent suffire à intoxiquer gravement un enfant.
Toxicité animaux : Toxique pour le chien, le chat et le cheval : comme tous les Prunus, il porte des glycosides cyanogènes dans les feuilles, les rameaux et les noyaux. Les branches tombées après une taille sont le vrai danger, car le feuillage qui flétrit devient plus concentré.
Symptômes : Ingestion : salivation, muqueuses rouge vif, pupilles dilatées, respiration difficile puis état de choc, en quelques dizaines de minutes. Le contact cutané avec le feuillage n’entraîne rien de particulier.
Précautions : Ramasser les branches après chaque taille plutôt que de les laisser faner au pied, et ne jamais donner ni noyaux ni amandes amères. En cas d’ingestion, consulter immédiatement : une intoxication cyanhydrique ne laisse pas le temps d’attendre.
Associations de plantes
Bonnes associations : Lavande, thym et romarin partagent son goût du sec et du calcaire sans lui disputer l’eau. Bourrache et phacélie semées à proximité nourrissent les rares pollinisateurs de février. Un couvre-sol bas garde le pied sec, ce qu’il demande.
Associations à éviter : Pêcher et abricotier plantés à quelques mètres se repassent cloque et moniliose. Le noyer libère de la juglone qui gêne son installation. Un gazon dense jusqu’au tronc lui prend l’eau et l’azote des premières années et entretient l’humidité au collet.
Conseil : Planter deux variétés à floraison concordante, car la plupart des amandiers sont autostériles ; seules quelques obtentions modernes comme ‘Lauranne’ fructifient seules. Un arbre isolé fleurit alors magnifiquement sans jamais rien donner.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Sujet greffé planté en pleine terre au jardin, en plein soleil, dans un sol drainant plutôt calcaire et à l’abri des vents froids.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mars à mai : toutes les 2 à 3 semaines ; de début juin à mi-septembre : tous les 7 à 12 jours ; de mi-septembre à fin novembre : toutes les 3 à 4 semaines | Arroser copieusement et espacé, 20 à 30 litres à chaque fois, pour que les racines descendent chercher l’eau en profondeur. Passé la troisième année, un amandier installé traverse l’été sans rien. |
| Compost, amendement | De février à mars | Griffer deux ou trois pelletées de compost mûr sous la couronne à la fin de l’hiver, avant le débourrement. Un excès d’azote donne des pousses tendres que les pucerons colonisent et retarde la mise à fruit. |
| Floraison | De février à mars | L’arbre fleurit rose pâle dès février, avant les feuilles et souvent avant que les abeilles ne sortent. Cette avance décide de la récolte plus que tout le reste de l’année. |
| Voile d'hivernage | De début février à mi-avril | Jeter un voile sur un jeune sujet ou une forme palissée le soir où la gelée est annoncée, et le retirer au matin. Sur un arbre adulte de 6 m le geste est impossible, seul le choix de l’emplacement protège. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mars à juin | Couper le rameau atteint 15 cm sous la partie sèche et le brûler, sans le laisser traîner au pied. Désinfecter la lame entre deux coupes, la maladie voyage sur l’outil. |
| Paillage | De mi-mars à mi-mai | Étaler 5 cm de paille ou de broyat sur le rond du jeune arbre avant les chaleurs, en laissant 10 cm de terre nue autour du tronc. Sur un sujet adulte en sol sec, le paillage ne sert plus à grand-chose. |
| Taille de structure | De mi-août à mi-octobre | Aérer le centre du gobelet et raccourcir les rameaux trop longs pendant que la sève circule encore, les plaies se referment alors en quelques semaines. Une coupe faite en janvier reste ouverte jusqu’au printemps et appelle le chancre. |
| Fructification, récolte | De mi-août à fin septembre | Gauler ou secouer l’arbre dès que les brous s’ouvrent, puis dégager les amandes de leur enveloppe le jour même. Les sécher ensuite 2 semaines à l’ombre et à l’air avant tout stockage. |
| Ramassage des feuilles mortes | De mi-octobre à mi-décembre | Ramasser et évacuer les feuilles tombées, qui portent les spores de la cloque, ainsi que les fruits desséchés restés sur les branches. Ces momies abritent la guêpe de l’amandier, qui en ressortira au printemps suivant. |
| Traitement préventif | De novembre à février | Deux pulvérisations de bouillie bordelaise, l’une à la chute des feuilles, l’autre au gonflement des bourgeons, encadrent l’hiver. Passé le stade des fleurs ouvertes il est trop tard, et le cuivre brûle les pétales. |