Arbuste · Rosacées
Laurier du Portugal Prunus lusitanica
Aussi appelé : Laurier-cerise du Portugal, Portugal laurel
Le laurier du Portugal est un arbuste persistant de la péninsule Ibérique, apprécié pour son feuillage vert sombre et luisant et ses longues grappes de fleurs blanc crème parfumées en mai et juin. Isolé, il atteint 4 à 8 m de haut et autant de large, mais se tient sans peine entre 1,50 et 3 m en haie. Peu exigeant, il accepte une terre pauvre ou calcaire pourvu qu’elle soit drainée et se passe d’arrosage après deux ans. Il supporte -15 °C, ce qui l’écarte seulement des régions de montagne.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -15 °C
- Floraison
- De mai à juin
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 7 à 9 : il supporte environ -15 °C et se cultive dans presque toute la France, hors des régions de montagne.
Dimensions : 4 à 8 m de haut et autant de large en isolé, davantage en arbre après plusieurs décennies ; en haie, il se tient sans peine entre 1,50 et 3 m.
Floraison : De mi-mai à fin juin, de longues grappes dressées de petites fleurs blanc crème au parfum doux, suivies de petits fruits noirs ; feuilles et noyaux sont toxiques.
Substrat : Terre ordinaire, même pauvre ou calcaire, pourvu qu’elle soit bien drainée ; pH 5,5 à 8.
Exposition : Soleil ou mi-ombre, et il supporte même l’ombre, où il fleurit moins.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours de mai à septembre les 2 années qui suivent la plantation, 15 à 20 litres par pied ; ensuite, il se passe d’arrosage.
Durée de vie : Arbuste persistant très longévif, qui vit plusieurs décennies et souvent plus d’un demi-siècle.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées de juillet à septembre sous châssis, ou marcottage d’une branche basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours de mai à septembre pendant les 2 ans qui suivent la plantation, en donnant 15 à 20 litres par pied en une fois. Installé, il supporte bien la sécheresse et craint davantage l’eau stagnante.
Fertilisation : Une couche de compost ou un engrais organique au pied en mars, les premières années. Un sujet bien installé n’en a plus besoin.
Rempotage : En pleine terre, aucun : on le plante d’octobre à avril, hors période de gel, dans un trou large et ameubli. En bac, rempoter tous les 3 ou 4 ans au printemps et surfacer les autres années.
Taille : Au sécateur, une fois la floraison passée, de fin juin à juillet, et une seconde fois fin août pour une haie très nette. Jamais de l’automne à la fin de l’hiver, car ces coupes laissent entrer le plomb parasitaire.
Exposition & substrat
Exposition : Soleil ou mi-ombre, idéalement 4 à 6 heures de soleil par jour pour une floraison généreuse. Il tolère l’ombre, où il pousse plus lâche et fleurit peu.
Emplacement : À l’extérieur, en haie, en isolé ou en grand bac, à toutes les orientations. Il supporte bien les situations exposées au vent, ce qui en fait une bonne haie brise-vent.
Substrat : Toute terre de jardin, argileuse, sableuse ou calcaire, pourvu qu’elle ne reste pas détrempée. Un peu de compost mêlé à la terre de plantation aide la reprise.
pH : De 5,5 à 8 : il s’accommode d’une terre acide comme d’une terre calcaire, qu’il supporte bien mieux que le laurier-cerise.
Drainage : Bon drainage indispensable, car l’eau stagnante en hiver fait pourrir les racines et dépérir l’arbuste. En sol lourd, planter sur une légère butte.
Multiplication
Bouturage : de juillet à fin septembre, prélever des tiges semi-aoûtées de 12 à 15 cm, ôter les feuilles du bas, réduire les autres de moitié et piquer dans un mélange de terreau et de sable. Sous châssis ou sous sac transparent, à l’ombre, l’enracinement prend 8 à 12 semaines ; l’hormone de bouturage est facultative. La bouture semi-aoûtée, avec une bonne réussite, un peu moins qu’avec le laurier-palme. Feuilles et noyaux sont toxiques : se laver les mains après le geste.
Les autres méthodes
Semis :
SemerSemer dehors à l’automne les noyaux frais dépulpés, à 2 cm de profondeur en terrine, le froid de l’hiver levant la dormance ; la levée se fait au printemps. Les graines reproduisent bien l’espèce.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : les insectes attirés par ses grappes assurent la fécondation. Les petits fruits virent du rouge au pourpre noir de fin août à octobre ; on les récolte bien colorés, avec des gants, et l’on sème les noyaux dépulpés dans la foulée ou on les garde dans du sable humide au frais, car desséchés ils lèvent mal.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps : courber une branche basse, l’enterrer à 10 cm après avoir entaillé l’écorce, la fixer d’un crochet et sevrer la marcotte un an plus tard.
Maladies & parasites
Maladies courantes : L’oïdium couvre les jeunes pousses d’un feutrage blanc en été : les couper suffit le plus souvent. Le plomb parasitaire donne aux feuilles un reflet argenté puis fait sécher les branches, à couper en été jusqu’au bois sain et à évacuer. En terre détrempée, le phytophthora fait pourrir les racines et jaunir le feuillage.
Parasites fréquents : L’otiorhynque découpe des encoches en demi-lune au bord des feuilles, et ses larves rongent les racines ; des nématodes arrosés au pied au printemps ou en fin d’été en viennent à bout. Cochenilles et pucerons s’installent parfois sur les jeunes pousses et se délogent d’un jet d’eau ou, pour les cochenilles, d’un coton imbibé d’alcool, sinon se traitent avec un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Des galeries sinueuses dans les feuilles trahissent des chenilles mineuses, sans gravité.
Prévention : Tailler uniquement en été, avec des outils désinfectés entre deux arbustes. Planter dans une terre drainée et ne plus arroser un sujet installé. Mélanger les essences de la haie pour limiter la propagation des maladies d’un pied à l’autre.
Toxicité
Toxicité humaine : Toxique : les feuilles, les jeunes pousses et les noyaux contiennent des glycosides cyanogènes qui libèrent de l’acide cyanhydrique une fois mâchés. La chair des fruits bien mûrs est réputée peu toxique, mais un fruit amer ne se mange pas.
Toxicité animaux : Toxique pour les chiens, les chats, les lapins et les rongeurs, comme pour les chevaux et les ruminants qui brouteraient le feuillage. Les feuilles en train de faner, après une taille, sont les plus dangereuses.
Symptômes : Maux de tête, vertiges, nausées et vomissements, puis respiration rapide et difficile ; chez l’animal, muqueuses rouge brique et pupilles dilatées. Les cas graves, rares, vont jusqu’aux convulsions et à l’arrêt respiratoire.
Précautions : Ne jamais laisser les déchets de taille à portée des chevaux, des moutons ou des chèvres, surtout en train de faner. Apprendre aux enfants à ne croquer ni les fruits ni les noyaux, et appeler le centre antipoison en cas d’ingestion.
Associations de plantes
Bonnes associations : Le laurier-tin (Viburnum tinus), dont la floraison d’hiver prend le relais de la sienne dans une haie persistante. L’éléagnus (Elaeagnus × ebbingei), aussi peu exigeant, dont les fleurs parfumées d’automne prolongent la saison des abeilles. Le cornouiller sanguin, caduc, dont les fruits et le bois rouge d’hiver rendent la haie plus vivante.
Associations à éviter : Le laurier-cerise et les autres Prunus plantés serré avec lui, qui partagent ses maladies et se les transmettent d’un pied à l’autre. Les plantes de terre de bruyère comme les azalées, qui manquent d’eau et de lumière sous son couvert dense. Les bambous traçants, qui concurrencent ses racines.
Conseil : Une haie mélangée de trois ou quatre essences résiste mieux aux maladies et nourrit davantage d’oiseaux. Ses grappes de juin attirent les pollinisateurs, et ses petits fruits noirs de fin d’été régalent les merles.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste persistant installé en pleine terre, en haie ou en isolé, au soleil ou à mi-ombre, dans une terre ordinaire bien drainée, même calcaire.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à septembre : tous les 7 à 10 jours | Donner 15 à 20 litres par pied en une fois, puis laisser la terre ressuyer. Installé, il supporte bien la sécheresse et craint davantage l’eau stagnante. |
| Compost, amendement | En mars | Étaler une couche de compost ou un engrais organique sur la terre humide et griffer légèrement. Un sujet installé trouve seul de quoi se nourrir et n’a plus besoin d’apport. |
| Paillage | En avril | Pailler le pied des jeunes plants sur une terre humide, en laissant quelques centimètres dégagés autour du tronc. Le paillis garde la fraîcheur pendant les deux premiers étés et étouffe l’herbe qui concurrence la haie. |
| Inspection parasitaire | De mi-avril à mi-septembre | Des encoches en demi-lune au bord des feuilles trahissent l’otiorhynque, dont les larves rongent les racines, et des nématodes arrosés au pied au printemps ou en fin d’été en viennent à bout. Un feutrage blanc sur les jeunes pousses signale l’oïdium, à couper avant qu’il ne s’étende. |
| Floraison | De mi-mai à fin juin | Les grappes dressées, plus longues que les feuilles, naissent sur le bois de l’année précédente et sont plus nombreuses au soleil. Une haie tondue serrée fleurit moins qu’un sujet laissé libre. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De juin à août | Supprimer la branche en été, par temps sec, et l’évacuer sans la laisser au jardin ni au compost. Le reflet argenté signale le plomb parasitaire, qui progresse dans le bois et peut faire sécher l’arbuste entier. |
| Taille après floraison | De mi-juin à fin août | Tailler au sécateur une fois la floraison passée, et reprendre fin août une haie qu’on veut très nette. Les coupes d’été se referment vite, alors que celles d’automne et d’hiver laissent entrer le plomb parasitaire. |