Arbre · Rosacées
Prunier myrobolan Prunus cerasifera
Aussi appelé : Myrobolan, Prunier cerise, Prunier mirabolan, Prunier pourpre, Prunier de Pissard, Cherry plum
Le prunier myrobolan est un petit arbre d’Europe du Sud-Est et d’Asie occidentale, l’un des premiers à fleurir, de fin février à fin mars, et l’un des moins exigeants du genre. Il atteint 6 à 10 m de haut pour 4 à 8 m d’étalement, en cime arrondie, et ses cultivars à feuillage pourpre en font un arbre d’ornement courant. Il s’accommode de tout sol drainé, même caillouteux ou calcaire, et résiste bien à la sécheresse une fois installé. Il demande le plein soleil, sans lequel le feuillage pourpre verdit, et ses fleurs précoces sont souvent grillées par les gelées.
- Type
- Arbre
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De février à mars
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4 à 8, l’arbre supportant environ -30 °C. Sa floraison très précoce est en revanche régulièrement grillée par les gelées de fin d’hiver.
Dimensions : De 6 à 10 mètres de haut pour 4 à 8 mètres d’étalement, en petit arbre à cime arrondie. Il reste à taille humaine, ce qui le rend commode dans un jardin ordinaire.
Floraison : de fin février à fin mars, avant ou avec les feuilles, petites fleurs blanches, rose pâle chez les cultivars pourpres, légèrement parfumées et souvent grillées par les gelées tardives.
Substrat : Tout sol ordinaire, même caillouteux ou calcaire, pourvu qu’il soit drainé, pH de 6 à 8. C’est l’une des espèces les moins exigeantes du genre.
Exposition : Plein soleil pour une floraison et une coloration franches. Les cultivars à feuillage pourpre verdissent à l’ombre.
Arrosage : Un à deux arrosages copieux par semaine en été les deux premières années, puis rien. Installé, il résiste bien à la sécheresse.
Durée de vie : Vivace ligneux, mais court sur pattes pour un arbre : 30 à 50 ans en moyenne. Il fleurit et fructifie dès 3 à 4 ans.
Multiplication : Semis des noyaux à l’automne ou boutures de bois sec en hiver ; les cultivars pourpres se bouturent ou se greffent.
Arrosage & entretien
Arrosage : Copieux et espacé pendant les deux premiers étés, le temps de l’enracinement. Ensuite, aucun arrosage n’est nécessaire hors canicule prolongée sur sol très superficiel.
Fertilisation : Un seau de compost mûr étalé au pied à la fin de l’hiver suffit largement. Trop d’azote favorise les pucerons et le bois tendre.
Rempotage : Culture en pot déconseillée au-delà de quelques années, l’arbre devenant vite à l’étroit. En bac, renouveler la couche superficielle du substrat chaque printemps plutôt que de rempoter.
Taille : Tailler juste après la floraison, en avril ou mai, et jamais en hiver. Se limiter à aérer la cime et à raccourcir ce qui déséquilibre, en désinfectant l’outil entre deux arbres.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures par jour au minimum. La mi-ombre est tolérée mais coûte de la floraison et, sur les formes pourpres, l’intensité de la couleur.
Emplacement : Extérieur en pleine terre, en isolé, en haie libre ou en alignement. Une exposition nord retarde un peu la floraison, ce qui la protège des gelées.
Substrat : Terre de jardin ordinaire, même ingrate, sans exigence de richesse. Il s’accommode de l’argile pourvu que l’eau ne stagne pas l’hiver.
pH : De 6 à 8, avec une réelle tolérance au calcaire actif. C’est ce qui en fait un porte-greffe courant pour les pruniers en sol calcaire.
Drainage : Drainage souhaitable mais pas critique, l’espèce étant plus tolérante à l’humidité que la plupart des Prunus. Un engorgement permanent reste toutefois fatal aux racines.
Multiplication
Semis : semer les noyaux frais à l’automne dehors, à 3 à 5 cm de profondeur, pour qu’ils passent l’hiver au froid ; ils lèvent au printemps. Les plants reproduisent l’espèce à feuillage vert, mais pas les cultivars pourpres. Pour l’espèce, le semis des noyaux à l’automne ou les boutures de bois sec en hiver réussissent bien. Ses cultivars pourpres se bouturent ou se greffent.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le myrobolan se féconde mal seul. Les petites prunes rondes, rouges ou jaunes, mûrissent en juillet et août : en tirer les noyaux, débarrassés de leur pulpe, et les garder au frais dans du sable à peine humide jusqu’au semis d’automne. Un second pied ou un prunier japonais fleuri à la même époque, et les abeilles, assurent la fructification, que les gelées de mars compromettent souvent. Les cultivars pourpres fructifient peu et leurs noyaux donnent des plants verts : prendre les noyaux sur l’espèce.
Les autres méthodes
Bouturage : De novembre à février, prélever des rameaux aoûtés de 20 à 25 cm, de l’épaisseur d’un crayon, coupés sous un œil, et les enterrer aux deux tiers dehors dans une tranchée garnie de sable, à l’abri du vent. Ils s’enracinent au printemps et se transplantent l’hiver suivant ; l’hormone de bouturage, facultative, améliore la reprise.
Division et autres méthodes : Les drageons qui sortent au pied se détachent d’octobre à mars d’un coup de bêche, avec leurs racines, et se replantent aussitôt ; sur un arbre greffé, ils ne donnent que le porte-greffe. Les cultivars pourpres se greffent aussi en écusson en juillet et août sur un myrobolan de semis.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La moniliose fait sécher d’un coup rameaux et fleurs, qui restent accrochés et bruns comme brûlés ; il faut couper bien en dessous de la limite du noircissement et évacuer les déchets en déchetterie, sans compost ni broyat de paillage. La criblure perce les feuilles de petits trous ronds, comme une grêle, et se combat par une pulvérisation cuprique à la chute des feuilles. La gommose, coulées d’ambre sur le tronc, est presque toujours la conséquence d’une taille faite au mauvais moment.
Parasites fréquents : Les pucerons noirs enroulent et crispent les jeunes pousses dès avril, et un jet d’eau puissant en vient le plus souvent à bout, sinon un insecticide portant la mention « emploi autorisé dans les jardins ». Les chenilles défoliatrices apparaissent en mai sans mettre l’arbre en danger. Surveiller aussi les cochenilles sur les vieilles branches, reconnaissables à leurs boucliers bruns immobiles.
Prévention : L’essentiel tient en deux gestes : tailler après la floraison et non en hiver, et désinfecter le sécateur à l’alcool entre deux arbres. Ramasser les fruits momifiés restés sur l’arbre en hiver, car c’est là que la moniliose attend le printemps. Une cime aérée qui sèche vite après la pluie fait le reste.
Toxicité
Toxicité humaine : La chair du fruit est comestible, mais le noyau, les feuilles et l’écorce contiennent des composés cyanogènes libérant de l’acide cyanhydrique. Avaler un noyau entier est sans danger, le croquer et le mâcher ne l’est pas.
Toxicité animaux : Même mécanisme chez le chien, le chat et surtout les herbivores : chèvres, moutons et chevaux peuvent s’intoxiquer en broutant feuilles et rameaux, notamment fanés. Les rameaux flétris après une taille sont les plus dangereux.
Symptômes : Salivation, vomissements, difficulté respiratoire, muqueuses anormalement rouges, puis convulsions dans les cas graves. Les signes apparaissent vite, en quelques dizaines de minutes.
Précautions : Ne jamais laisser les déchets de taille à portée d’un animal au pré et les évacuer aussitôt. Apprendre aux enfants à recracher les noyaux, et ramasser les fruits tombés si un chien fréquente le pied de l’arbre.
Associations de plantes
Bonnes associations : Les bulbes de printemps, narcisses et crocus, fleurissent au pied en même temps que lui et profitent de la lumière avant la feuillaison. Les aromatiques vivaces comme la lavande ou l’origan s’accommodent de son ombre légère et attirent les auxiliaires qui régulent les pucerons. En haie libre, le cornouiller sanguin et le noisetier font de bons voisins, de même vigueur et de mêmes exigences.
Associations à éviter : Ne pas le planter dans la zone d’influence d’un noyer, dont la juglone gêne fortement les Prunus. Éviter le gazon ras jusqu’au tronc, qui concurrence les racines superficielles et expose l’écorce aux coups de tondeuse. Éviter aussi les massifs très arrosés à son pied, l’humidité permanente favorisant la gommose.
Conseil : Garder un cercle nu et paillé d’1 m autour du tronc les premières années : c’est ce qui fait la différence à la reprise, bien plus que la fertilisation. Installer les bulbes dans ce cercle, ils y trouvent la lumière du printemps sans concurrencer l’arbre en été.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Petit arbre planté en pleine terre, isolé ou en haie libre, le plus souvent greffé sur un porte-greffe.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : toutes les 1 à 2 semaines | Arroser copieusement et espacé le temps que l’arbre s’installe. Une fois enraciné, il traverse les étés secs sans aide. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Les bactérioses des Prunus voyagent sur le fil du sécateur, et un outil non nettoyé suffit à contaminer un arbre sain. Le geste prend dix secondes et évite des années de gommose. |
| Floraison | De mi-février à fin mars | C’est l’un des tout premiers arbres à fleurir, parfois dès la fin février. Cette précocité fait tout son intérêt et toute sa fragilité face aux gelées. |
| Paillage | De début mars à mi-avril | Un paillis organique renouvelé au printemps garde le pied frais et évite de blesser l’écorce à la tondeuse. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin | Les pucerons noirs enroulent les jeunes pousses au printemps, et la moniliose fait sécher brutalement des rameaux entiers fleurs comprises. Couper les rameaux atteints bien en dessous de la partie noircie. |
| Taille après floraison | De mi-avril à fin mai | Tailler une fois les fleurs passées, quand la sève circule et que les plaies se referment vite, en vérifiant d’abord qu’aucun oiseau ne niche dans une haie. Une taille hivernale sur un Prunus ouvre la porte à la gommose et au chancre bactérien. |
| Gourmands et rejets | De début mai à mi-septembre | Les rejets partis sous la greffe appartiennent au porte-greffe et finissent par étouffer la variété si on les laisse. Les arracher à la main plutôt que les couper, pour ne pas les faire repartir plus nombreux. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De juin à août | Retirer le bois mort en pleine végétation, par temps sec, quand le risque d’infection des plaies est au plus bas. |
| Fructification, récolte | De juillet à août | Les fruits, jaunes à rouge sombre selon les sujets, se ramassent mûrs à point. Les cultivars à feuillage pourpre en donnent souvent peu, voire pas du tout. |
| Traitement préventif | De mi-octobre à fin novembre | Une pulvérisation cuprique à la chute des feuilles réduit la criblure et la moniliose de l’année suivante. |