Arbre fruitier · Rosacées
Prunier Prunus domestica
Aussi appelé : Prunier domestique, Prunier commun, Prunier d’ente, Quetschier, European plum
Le prunier est un arbre fruitier d’Asie occidentale, cultivé en France pour ses prunes, reines-claudes, quetsches ou prunes d’ente à pruneaux. Il atteint 4 à 6 m en demi-tige, jusqu’à 8 m sur franc et environ 3 m sur porte-greffe nanisant, avec une mise à fruit la troisième ou la quatrième année. Il demande le plein soleil et un sol profond, frais et plutôt lourd, à l’abri des vents froids de printemps. Son bois tient à -25 °C, mais une gelée de -2 °C sur ses fleurs, de fin mars à fin avril, suffit à perdre la récolte.
- Type
- Arbre fruitier
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -25 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zones USDA 4 à 8, le bois supportant -25 à -30 °C. Le point faible n’est pas l’hiver mais les gelées d’avril : la floraison est perdue dès -2 °C.
Dimensions : 4 à 6 m de hauteur en demi-tige et 4 à 5 m d’étalement, jusqu’à 8 m sur franc. Un porte-greffe nanisant de type Pixy contient l’arbre autour de 3 m.
Floraison : De fin mars à fin avril, des fleurs blanches qui s’ouvrent avant les feuilles et couvrent les rameaux, au parfum discret. C’est le moment le plus fragile de l’année : une gelée à -2 °C la détruit.
Substrat : Sol profond d’au moins 60 cm, frais, argilo-limoneux, plutôt lourd que sableux. pH de 6 à 7,5, la tolérance au calcaire dépendant du porte-greffe.
Exposition : Plein soleil, 6 heures minimum, à l’abri des vents froids de printemps qui découragent les pollinisateurs.
Arrosage : 20 à 30 litres tous les 8 à 15 jours de mai à septembre les trois premières années ; ensuite seulement en sécheresse prolongée. Copieux, espacé et à rythme régulier : un à-coup fait éclater les fruits.
Durée de vie : Ligneux vivace, 20 à 30 ans en pleine production et parfois 50 ans sur franc. La mise à fruit intervient la troisième ou la quatrième année.
Multiplication : Greffe en écusson de mi-juillet à fin août sur myrobolan ou Saint-Julien, ou drageons d’un arbre franc de pied.
Arrosage & entretien
Arrosage : Un arrosage copieux et espacé, 20 à 30 litres en une seule fois au pied, tous les 8 à 15 jours l’été pour un jeune sujet. Un arbre installé depuis plus de 3 ans ne demande rien hors sécheresse, mais un à-coup d’eau pendant la maturation fait éclater les prunes.
Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr en surface entre novembre et février, sur toute la projection des branches. Éviter les engrais azotés, qui poussent le bois au détriment des fruits et attirent les pucerons.
Rempotage : Culture en pot déconseillée, sauf sur porte-greffe nanisant. Dans ce cas, surfaçage chaque printemps et rempotage tous les 3 ans en fin d’hiver, avant le débourrement.
Taille : Le prunier se taille peu et jamais en hiver. Intervenir en août ou septembre, dans les 2 à 3 semaines qui suivent la récolte et par temps sec : on aère le centre et on retire le bois mort ou croisé, sans dépasser un quart du volume.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 6 heures directes au minimum. La teneur en sucre et le parfum des prunes en dépendent directement.
Emplacement : Extérieur et pleine terre uniquement. Orientation sud ou sud-ouest, à l’écart des cuvettes où l’air froid stagne les nuits d’avril et grille la floraison.
Substrat : Terre profonde, fraîche, argilo-limoneuse, riche en matière organique. À la plantation, un trou large plutôt que profond et un peu de compost mélangé à la terre d’origine, sans engrais au contact des racines.
pH : Entre 6 et 7,5 ; au-delà de 8, la chlorose guette selon le porte-greffe.
Drainage : Le prunier supporte mieux un sol lourd que le cerisier ou l’abricotier, mais pas l’eau stagnante en hiver, qui asphyxie les racines et ouvre la porte au phytophthora. Ne jamais le planter au point bas du terrain.
Multiplication
Greffe : pour l’écusson, insérer un œil de la variété dans une incision en T du porte-greffe à 10 à 15 cm du sol, ligaturer, puis rabattre le porte-greffe au-dessus au printemps suivant. La greffe en écusson à œil dormant, de mi-juillet à fin août, sur myrobolan ou Saint-Julien, est la méthode classique et reste à la portée d’un amateur soigneux. Toutes les variétés se multiplient ainsi, le semis ne les reproduisant pas fidèlement.
Les autres méthodes
Bouturage : Difficile pour un amateur et sans intérêt : l’arbre greffé reste la règle.
Semis :
SemerLes noyaux semés à l’automne dehors, à 3 à 5 cm de profondeur, lèvent au printemps après l’hiver au froid. Quelques vieilles variétés, quetsches ou reines-claudes, donnent des fruits voisins, mais la plupart des plants ne reproduisent pas la variété et servent de porte-greffe.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : beaucoup de pruniers se fécondent seuls. Les noyaux se prennent en août et septembre sur des prunes bien mûres, se lavent et se gardent au frais dans du sable à peine humide jusqu’au semis d’automne, un noyau desséché levant mal. Beaucoup de pruniers se fécondent seuls, comme la quetsche ou la reine-claude d’Oullins, mais d’autres demandent un second prunier fleuri en même temps, et tous fructifient mieux avec les abeilles. Pour un porte-greffe, les semences de myrobolan ou de Saint-Julien vendues aux pépiniéristes sont plus régulières que les noyaux d’une variété de table.
Division et autres méthodes : Un prunier franc de pied donne des drageons fidèles, à détacher avec leurs racines de novembre à mars ; sur un arbre greffé, ils ne donnent que le porte-greffe.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La moniliose brunit les fleurs, puis momifie les fruits qui restent accrochés à l’arbre ; couper les rameaux atteints 15 cm sous la zone brune et retirer toutes les momies. La maladie du plomb grise le feuillage d’une charpentière entière et suit presque toujours une taille faite en saison froide et humide : elle se prévient en ne taillant qu’après la récolte. La criblure perce les feuilles de petits trous ronds et se limite par deux traitements cupriques encadrant l’hiver.
Parasites fréquents : L’hoplocampe, petite guêpe grise, pond à la chute des pétales et ses larves creusent les jeunes fruits, qui tombent en juin avec un trou suintant. Le carpocapse attaque les fruits en formation l’été et laisse une galerie remplie de déjections. Les pucerons farineux enroulent et blanchissent les jeunes pousses au printemps.
Prévention : Ramasser et détruire fruits tombés et momies, qui portent les générations suivantes, et ne rien laisser au pied en hiver. Tailler par temps sec, avec des outils désinfectés, et mastiquer les grosses plaies. Des pièges à phéromones posés en mai disent si le carpocapse est présent avant d’avoir à intervenir.
Toxicité
Toxicité humaine : La chair du fruit est comestible et sans danger. Le noyau, les feuilles et l’écorce contiennent des glycosides cyanogènes, dont l’amygdaline, qui libèrent du cyanure lorsqu’ils sont broyés ou mâchés : l’amande du noyau ne se consomme pas.
Toxicité animaux : Le prunier est listé comme toxique pour le chien, le chat et le cheval par l’ASPCA, pour ces mêmes glycosides présents dans les tiges, les feuilles et les noyaux. Chevaux et ruminants sont les plus exposés, en particulier par les feuilles flétries après une taille, plus dangereuses que les feuilles fraîches.
Symptômes : Salivation, vomissements et douleurs abdominales après ingestion de noyaux ou de feuillage flétri ; dans les cas sérieux, pupilles dilatées, muqueuses rouge vif et difficultés respiratoires. Un noyau avalé entier présente en outre un risque d’occlusion chez le chien.
Précautions : Ramasser les fruits tombés si des animaux ont accès au pied, et évacuer immédiatement les rameaux coupés hors de portée des chevaux et du bétail. Ne jamais donner une prune avec son noyau à un chien, et appeler un vétérinaire en cas d’ingestion de feuillage.
Associations de plantes
Bonnes associations : La phacélie, la bourrache ou le trèfle blanc semés au pied attirent les pollinisateurs, denrée rare à la floraison très précoce du prunier. La capucine plantée à quelques mètres concentre les pucerons noirs et détourne une partie de la pression des jeunes pousses. Ciboulette et ail en bordure occupent le sol sans concurrencer sérieusement les racines superficielles de l’arbre.
Associations à éviter : Un autre Prunus atteint de moniliose à proximité immédiate, qui entretient l’inoculum d’une année sur l’autre. Le gazon jusqu’au tronc, dont les racines concurrencent le jeune arbre et dont l’arrosage maintient le collet humide. Les grands légumes gourmands en azote, courges ou pommes de terre, installés sous la ramure : ils poussent le bois au détriment de la fructification.
Conseil : Vérifier la pollinisation avant d’acheter. La plupart des quetsches et des mirabelles sont autofertiles, tandis que plusieurs reines-claudes réclament un second prunier compatible à moins de 30 m. Un arbre qui fleurit abondamment sans jamais fructifier n’a souvent pas d’autre problème que celui-là.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbre greffé planté en pleine terre au plein soleil, dans un sol profond et frais, conduit en gobelet ou en demi-tige, sans irrigation permanente.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De début mai à mi-septembre : toutes les 1 à 2 semaines ; de mi-septembre à fin avril : tous les 1 à 2 mois | Apporter 20 à 30 litres en une seule fois au pied plutôt qu’un peu chaque jour, pour que les racines descendent. Un à-coup d’eau pendant la maturation fait éclater les prunes sur l’arbre. |
| Inspection parasitaire | D’avril à mai : chaque semaine ; de début juin à mi-septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Regarder le revers des jeunes pousses et ramasser les fruits tombés percés d’un trou : la larve en est déjà sortie, et la laisser au sol prépare la génération suivante. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De mars à septembre | Enlever et porter en déchetterie le rameau touché, sans le composter ni le broyer en paillage, sans attendre la taille d’été : les momies de moniliose passent l’hiver accrochées à l’arbre et recontaminent la floraison suivante. |
| Floraison | De mi-mars à fin avril | C’est le moment fragile de l’année, bien plus que l’hiver : un voile jeté sur un jeune arbre les nuits claires d’avril sauve la fructification. Par temps froid et venteux, les abeilles ne sortent pas et la nouaison est mauvaise. |
| Paillage | D’avril à mai | Pailler avant les chaleurs pour garder le sol frais : le prunier enracine superficiellement et souffre vite de la sécheresse d’été, au détriment du calibre des fruits. |
| Gourmands et rejets | De mai à août | Arracher les rejets d’un coup sec au ras de la racine plutôt que de les couper au sécateur : une coupe nette les fait repartir en plus grand nombre. |
| Fructification, récolte | De mi-juillet à fin septembre | Cueillir quand le fruit se détache tout seul et que la pruine est encore intacte : une prune ramollit après la cueillette mais ne gagne plus de sucre. |
| Taille de structure | De mi-août à fin septembre | Aérer le centre et supprimer le bois qui se croise dans les 2 ou 3 semaines qui suivent la cueillette. La maladie du plomb et la gommose entrent par les plaies faites en saison froide et humide, quand l’arbre ne cicatrise plus. |
| Traitement préventif | De début novembre à mi-mars | Un traitement cuprique de part et d’autre de l’hiver limite la criblure et la moniliose. Au-delà du débourrement, le cuivre brûle les jeunes feuilles et ne se rattrape pas. |
| Compost, amendement | De novembre à février | Épandre 2 à 3 cm sur toute la projection des branches pendant le repos : la fructification épuise l’arbre et c’est en hiver qu’il reconstitue ses réserves. |