Arbuste · Rosacées
Laurier-palme Prunus laurocerasus
Aussi appelé : Laurier-cerise, Laurier-amande, Cherry laurel
Le laurier-palme est un arbuste persistant originaire des Balkans, du Caucase et d’Asie Mineure, devenu l’un des grands classiques des haies françaises. Libre, il atteint 3 à 6 m de haut ; taillé en haie, il se tient entre 1,80 et 2,50 m. Il pousse du plein soleil à l’ombre franche, même contre un mur au nord, et ne réclame d’arrosage que ses deux premiers étés. Un sol très calcaire et superficiel le fait jaunir, et toute la plante est toxique, fruits noirs compris.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Mi-ombre
- Température minimale
- -20 °C
- Floraison
- D’avril à mai
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 6, soit environ -20 °C pour un sujet bien installé. Les jeunes plants et le feuillage brunissent plus tôt, dès -15 °C accompagnés de vent sec.
Dimensions : 3 à 6 m de haut et 3 à 4 m d’étalement s’il pousse librement, 1,80 à 2,50 m maintenus en haie taillée.
Floraison : D’avril à début mai, des épis dressés de petites fleurs blanc crème au parfum lourd et sucré, que certains trouvent entêtant, très visités par les abeilles. Toute la plante est toxique, feuilles et graines comprises : les fruits noirs qui suivent ne se consomment pas.
Substrat : Sol profond, frais, riche en humus, neutre à légèrement acide, pH idéal entre 6 et 7. Il jaunit entre les nervures (chlorose) en terrain très calcaire et superficiel.
Exposition : Du plein soleil à l’ombre franche. C’est l’une des rares persistantes à rester dense contre un mur exposé au nord.
Arrosage : Tous les 7 à 10 jours, copieusement, pendant les deux premiers étés. Ensuite plus rien, sauf canicule prolongée.
Durée de vie : Arbuste vivace à feuillage persistant, facilement 50 ans en place, davantage rabattu de temps en temps.
Multiplication : Bouturage de tiges semi-aoûtées d’août à septembre sous châssis, ou marcottage d’une branche basse au printemps.
Arrosage & entretien
Arrosage : Deux étés d’arrosages copieux au pied, tous les 7 à 10 jours, en mouillant largement pour envoyer les racines en profondeur. Une haie installée se passe ensuite d’eau, sauf sécheresse longue où les feuilles s’enroulent en gouttière.
Fertilisation : 2 à 3 cm de compost mûr griffés sur la ligne de plantation en mars suffisent. Éviter les engrais riches en azote, qui donnent une pousse molle, gélive et plus sensible à la criblure.
Rempotage : Il ne se rempote pas, sauf sujet en bac d’au moins 60 L, à renouveler tous les 3 ans au printemps. En pleine terre, la plantation se fait en octobre ou novembre, quand le sol est encore tiède.
Taille : Une taille principale en septembre, une fois les nichées envolées, et une retouche en fin d’hiver, avant la mi-mars, si la pousse est forte. Toujours au sécateur, branche par branche : le taille-haie coupe les grandes feuilles en deux et elles brunissent sur pied pendant des mois.
Exposition & substrat
Exposition : Il accepte tout, du plein soleil à l’ombre dense. 4 heures de soleil suffisent à une haie fournie, et une ombre complète lui convient encore, avec une pousse simplement plus lente.
Emplacement : Extérieur strict, en pleine terre, pour une haie de séparation, un fond de massif ou un brise-vue persistant. L’exposition nord ou est lui va bien, la chaleur réverbérée d’un mur plein sud lui va moins.
Substrat : Terre de jardin profonde, fraîche et humifère, éventuellement argileuse si elle ne s’engorge pas. Ajouter du compost à la plantation, jamais de terre de bruyère pure.
pH : De 5,5 à 7,5, avec un optimum autour de 6,5. Au-dessus de 7,5, surveiller la chlorose ferrique sur les jeunes pousses.
Drainage : Il veut du frais mais pas de l’eau stagnante : un sol gorgé l’hiver ouvre la porte au phytophthora, qui fait dépérir une haie par secteurs entiers. En terre lourde, planter sur une légère butte.
Multiplication
Bouturage : d’août à fin septembre, prélever des tiges semi-aoûtées de 15 cm, garder 2 ou 3 feuilles coupées de moitié et piquer aux deux tiers dans un mélange de terreau et de sable. Sous châssis froid, à l’ombre et à l’étouffée, l’enracinement prend 6 à 10 semaines ; on repique au printemps suivant. La bouture semi-aoûtée reprend dans la grande majorité des cas. Toute la plante est toxique : se laver les mains après le geste.
Les autres méthodes
Semis :
SemerSemer dehors à l’automne les noyaux frais débarrassés de leur pulpe, à 2 cm de profondeur en terrine, le froid de l’hiver levant la dormance ; la levée se fait au printemps. Les graines reproduisent bien l’espèce, plus lentement que la bouture.
Récolter les grainesUn seul pied suffit : ses fleurs se fécondent entre elles, grâce aux abeilles qui visitent ses épis. Les fruits sont mûrs en août ou septembre, quand ils deviennent noirs et luisants ; on les cueille avant les oiseaux, avec des gants, et l’on garde les noyaux dépulpés dans du sable humide au frais jusqu’au semis, sans les laisser sécher. Le noyau est toxique, on ne le croque pas.
Division et autres méthodes : Marcottage simple au printemps ou à l’automne : courber une branche basse, l’enterrer à 10 cm de profondeur après avoir entaillé l’écorce, la maintenir d’un crochet et la sevrer un an plus tard.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La criblure est la plus fréquente : de petits trous nets à bord brun perforent les feuilles, qui semblent mitraillées. Le chancre bactérien fait suinter les rameaux et noircir les jeunes pousses, le phytophthora fait dépérir des branches entières en sol engorgé. On coupe et on sort les parties atteintes, il n’existe pas de traitement curatif domestique.
Parasites fréquents : Le psylle du laurier épaissit et enroule le bord des jeunes feuilles en un bourrelet rougeâtre, sans danger réel pour l’arbuste. L’otiorhynque découpe des encoches en demi-lune sur le pourtour des feuilles, ses larves rongent les racines et se traitent aux nématodes en fin d’été. Cochenilles et pucerons noirs restent occasionnels.
Prévention : Espacer les pieds de 80 cm à 1 m pour que l’air circule, arroser au pied et jamais sur le feuillage. Ramasser et évacuer les feuilles malades tombées au sol, qui réensemencent la haie au printemps suivant. Désinfecter le sécateur à l’alcool entre deux sujets dès qu’une branche paraît suspecte.
Toxicité
Toxicité humaine : Toute la plante est toxique, feuilles et noyaux en premier : elle contient des hétérosides cyanogènes qui libèrent de l’acide cyanhydrique dès que les tissus sont froissés ou mâchés. La pulpe du fruit mûr est peu dangereuse, mais les noyaux croqués ne le sont pas, et l’odeur d’amande des feuilles écrasées est celle du poison.
Toxicité animaux : Dangereux pour le chien, le chat, le cheval, la chèvre et le mouton. Les déchets de taille jetés par-dessus une clôture sont la première cause d’intoxication mortelle du cheval par cette plante, car les feuilles flétries sont plus appétentes et tout aussi toxiques.
Symptômes : Salivation, vomissements, douleurs abdominales, muqueuses rouge vif, respiration d’abord rapide puis difficile, agitation. En cas d’ingestion importante : convulsions, coma et mort en moins d’une heure, l’empoisonnement au cyanure ne laissant pas de délai.
Précautions : Ramasser les rognures le jour même et les emporter en déchèterie, sans jamais les donner à un animal ni les laisser en tas près d’un pré. Devant un animal qui a brouté du laurier, appeler immédiatement le vétérinaire ou un centre antipoison sans attendre les premiers signes.
Associations de plantes
Bonnes associations : Dans une haie mélangée, le charme garde ses feuilles sèches tout l’hiver et prend le relais visuel. La viorne tin fleurit de novembre à mars, quand le laurier ne fait rien, et le cornouiller sanguin apporte du bois rouge et des baies pour les oiseaux. Mélanger surtout protège : une seule maladie n’emporte plus la clôture entière.
Associations à éviter : Rien ne prospère à son pied, entre l’ombre sèche et les racines traçantes : hortensias et hostas y périclitent en deux saisons. Le potager et les fruitiers demandent au moins 3 m de recul, sans quoi le laurier prend l’eau et la lumière. Et une haie monospécifique de laurier-palme sur toute la longueur est le pire pari possible.
Conseil : Planter en octobre ou novembre, un seul rang espacé de 80 cm à 1 m, jamais deux rangs en quinconce ni des pieds tous les 50 cm. Vous gagnez 2 ans d’aération, et vous vous épargnez une haie qui s’étouffe elle-même à 10 ans.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Pleine terre, en haie taillée ou en sujet libre, du plein soleil à l’ombre, dans un sol profond qui reste frais en été.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De mai à septembre : tous les 7 à 10 jours | Arroser copieusement au pied tous les 7 à 10 jours le temps que la haie s’enracine. Ensuite elle se passe d’eau, sauf canicule prolongée, où les feuilles s’enroulent en gouttière pour se défendre. |
| Inspection parasitaire | D’avril à septembre : toutes les 2 à 3 semaines | Regarder les jeunes pousses : des bords de feuille épaissis et enroulés signent le psylle du laurier, des petits trous nets une criblure, des encoches en demi-lune sur le pourtour l’otiorhynque. |
| Ramassage des feuilles mortes | De janvier à décembre | Ramasser les rognures le jour même : les feuilles froissées ou flétries libèrent de l’acide cyanhydrique, et les déchets de taille de laurier-cerise sont la première cause d’intoxication du cheval. |
| Désinfection des outils | De janvier à décembre | Désinfecter avant de passer au sujet voisin : la criblure et le chancre bactérien voyagent d’un pied à l’autre sur le sécateur. |
| Rabattage | De mi-février à mi-mars, tous les 6 ans | Le laurier-palme repart sans difficulté du vieux bois : une haie dénudée du bas se rabat à hauteur de hanche en fin d’hiver, avant la montée de sève, et se regarnit en deux saisons. |
| Compost, amendement | En mars | Griffer un compost bien mûr avant le départ de végétation, pour soutenir une pousse que la taille prélèvera deux fois dans l’année. |
| Paillage | De début avril à mi-mai | Pailler avant les premières chaleurs pour garder le sol frais : c’est la sécheresse au pied, bien plus que le froid, qui fait jaunir puis tomber les feuilles du bas. |
| Floraison | De début avril à mi-mai | La floraison dure environ 3 semaines et couvre l’arbuste d’abeilles, ce qui vaut d’attendre sa fin avant de sortir les outils. |
| Fructification, récolte | De mi-juillet à mi-septembre | Les oiseaux emportent les noyaux loin du jardin, où l’espèce colonise les sous-bois : couper les grappes avant qu’elles ne noircissent limite ces semis spontanés. |
| Taille de structure | En septembre | Tailler en septembre, une fois les nichées envolées, en coupant les rameaux un à un : les grandes feuilles sectionnées par une lame de taille-haie brunissent sur pied et restent visibles des mois. Une retouche légère en fin d’hiver, avant la mi-mars, suffit si la haie repart fort. |