Arbuste · Rosacées
Prunellier Prunus spinosa
Aussi appelé : Épine noire, Prunier épineux, Blackthorn
Le prunellier est un arbuste épineux indigène en France, présent dans toute l’Europe, des haies bocagères aux talus et aux friches. Il forme un buisson de 1 à 4 m de haut, mais s’étale sans fin par drageons si on le laisse faire. Il pousse dans tous les sols, supporte -30 °C et le vent, et ne demande d’eau que le premier été. Ses fleurs blanches de mars nourrissent les abeilles en sortie d’hiver ; il a sa place dans une haie champêtre, pas dans un petit jardin où ses drageons gagnent du terrain.
- Type
- Arbuste
- Famille
- Rosacées
- Exposition
- Plein soleil
- Température minimale
- -30 °C
- Floraison
- De mars à avril
- Difficulté
- Facile
Fiche générale
Rusticité : Zone USDA 4 à 8, l’arbuste supportant sans dommage -30 °C. Rustique partout en France, y compris en altitude et en bord de mer.
Dimensions : Buisson épineux de 1 à 4 mètres de haut, s’étalant indéfiniment par drageons si on le laisse faire. C’est l’étalement, et non la hauteur, qui doit être prévu à la plantation.
Floraison : de mars à début avril, petites fleurs blanches qui couvrent les rameaux avant les feuilles, au léger parfum d’amande, précieuses pour les abeilles en sortie d’hiver.
Substrat : Tout sol, du plus pauvre au plus caillouteux, argileux, calcaire ou sableux. Il colonise spontanément les friches et les talus.
Exposition : Plein soleil de préférence, mi-ombre acceptée au prix d’une floraison plus maigre. Il supporte le vent et les situations exposées.
Arrosage : Uniquement le premier été suivant la plantation. Ensuite aucun, y compris en période de sécheresse marquée.
Durée de vie : Vivace ligneux, 40 à 60 ans pour une tige donnée, mais la souche se renouvelle par drageons et devient pratiquement pérenne. Il fleurit dès 3 à 4 ans.
Multiplication : Prélèvement de drageons enracinés en repos végétatif, de novembre à début février, à replanter aussitôt.
Arrosage & entretien
Arrosage : Deux à trois arrosages par mois le premier été, pas davantage. Passée l’installation, l’arrosage est inutile et le prunellier est réputé pour s’en passer entièrement.
Fertilisation : Aucune. Un sol enrichi le fait drageonner de plus belle et produire du bois au détriment des fruits.
Rempotage : La culture en pot n’a guère de sens pour un arbuste drageonnant destiné à la haie. En bac, il faut diviser et rabattre tous les 2 à 3 ans pour le contenir.
Taille : Reprendre la haie entre la récolte des prunelles et la fin de l’hiver, en gardant à l’esprit qu’une taille sévère coûte la floraison suivante. Ne jamais intervenir de mars à juillet, période de nidification des oiseaux.
Exposition & substrat
Exposition : Plein soleil, 4 à 6 heures suffisent, davantage étant mieux pour la fructification. Il pousse à mi-ombre mais fleurit alors chichement.
Emplacement : Extérieur, en haie champêtre, en bosquet ou en limite de terrain. Le placer loin du potager et des massifs soignés, que ses drageons envahissent.
Substrat : Indifférent, y compris pauvre, sec, compact ou pierreux. C’est une espèce pionnière qui prospère là où presque rien ne tient.
pH : De 5,5 à 8,5, une amplitude très large qui couvre à peu près tous les sols français. Le calcaire ne le gêne pas.
Drainage : Peu exigeant, il tolère aussi bien les sols secs que les terres lourdes. Seul un engorgement permanent en hiver finit par lui nuire.
Multiplication
Drageons : de novembre à début février : dégager à la bêche un rejet de 30 à 50 cm, trancher la racine qui le relie à la souche à 15 cm de part et d’autre, puis le replanter aussitôt et l’arroser. La reprise est presque assurée. Porter des gants épais, les épines blessent.
Les autres méthodes
Bouturage : La bouture de racine réussit bien en décembre ou janvier : des tronçons de 8 à 10 cm, de l’épaisseur d’un crayon, couchés à 2 cm sous un mélange de terreau et de sable, dehors sous châssis, qui bourgeonnent au printemps. La bouture de tige reprend mal.
Semis :
SemerSemer dehors à l’automne les noyaux frais dépulpés, à 2 cm de profondeur en terrine ; ils lèvent au printemps, souvent seulement au deuxième. Les graines reproduisent fidèlement l’espèce sauvage.
Récolter les grainesIl faut au moins deux pieds : le prunellier se féconde surtout avec d’autres prunelliers voisins. Les prunelles se cueillent bleu noir et pruineuses en octobre ou novembre, idéalement après les premières gelées ; on les dépulpe et l’on garde les noyaux dans du sable humide au frais jusqu’au semis, sans jamais les laisser sécher. Un pied isolé fructifie peu : le prunellier se féconde surtout avec d’autres prunelliers voisins, ce qu’offre toute haie champêtre, grâce aux abeilles de sortie d’hiver.
Maladies & parasites
Maladies courantes : La moniliose peut faire sécher brutalement des rameaux fleuris au printemps humide, à couper bien en dessous de la partie atteinte. La rouille tache le revers des feuilles de pustules orangées en fin d’été, sans conséquence réelle sur un arbuste établi. La maladie des poches, plus rare, déforme les fruits en sacs vides et creux qu’il faut ramasser et éliminer.
Parasites fréquents : Les hyponomeutes tissent en mai des toiles blanches qui peuvent défeuiller un sujet entier, spectaculaire mais sans gravité, l’arbuste refaisant ses feuilles dans le mois. Les pucerons noirs crispent les jeunes pousses au printemps. Sur une haie établie, mieux vaut ne rien faire : ces insectes nourrissent mésanges et auxiliaires.
Prévention : Sur un arbuste sauvage aussi robuste, la prévention consiste surtout à ne pas s’acharner. Aérer le cœur de la touffe l’hiver et retirer les fruits momifiés restés accrochés limite la moniliose. Garder les outils propres, car le prunellier héberge des bactérioses qui peuvent gagner les pruniers cultivés du voisinage.
Toxicité
Toxicité humaine : La prunelle est comestible une fois blettie par le gel et sert traditionnellement à faire liqueurs et confitures. Son noyau, comme les feuilles et l’écorce, renferme des composés cyanogènes : il ne doit jamais être broyé ni mâché.
Toxicité animaux : Feuilles et rameaux sont toxiques pour les chevaux, moutons et chèvres, surtout flétris après une coupe. Chien et chat sont peu concernés en pratique, faute d’aller croquer un fruit aussi âpre.
Symptômes : Salivation abondante, respiration difficile, muqueuses rouge vif, puis abattement et convulsions dans les intoxications importantes. L’évolution est rapide, en moins d’une heure.
Précautions : Évacuer aussitôt les déchets de taille hors de portée du bétail, c’est le risque principal et le plus fréquent. Les épines, longues et cassantes, provoquent des piqûres qui s’infectent facilement : gants épais obligatoires.
Associations de plantes
Bonnes associations : L’aubépine, le cornouiller sanguin et le noisetier composent avec lui la haie champêtre classique, de vigueur comparable et d’intérêt échelonné sur l’année. L’églantier et le sureau noir s’y intègrent aussi et prolongent la ressource pour la faune. Au pied, un ourlet d’herbes hautes fauché une fois l’an vaut mieux qu’un massif entretenu.
Associations à éviter : Ne jamais l’installer contre un potager, un verger soigné ou une pelouse fine : ses drageons y sortent à plusieurs mètres et se ressèment dans les planches. Éviter la proximité d’un noyer, dont la juglone gêne les Prunus. Éviter aussi les vivaces délicates à son pied, que ses racines traçantes finissent par étouffer.
Conseil : Poser une barrière anti-rhizome enterrée sur 50 à 60 cm du côté à protéger, au moment de la plantation : c’est le seul moment où cela coûte peu. Sinon, prévoir de passer la tondeuse ou la débroussailleuse sur la bande adjacente deux fois par an, ce qui suffit à contenir les drageons.
Calendrier d’entretien, mois par mois
Établi pour : Arbuste épineux de haie champêtre, planté en pleine terre sur ses propres racines, en limite de terrain.
| Geste | Quand | Comment |
|---|---|---|
| Arrosage | De juin à août : toutes les 2 à 3 semaines | Une haie fraîchement plantée demande un été de surveillance. Ensuite le prunellier se passe de tout, y compris en terrain pauvre et sec. |
| Floraison | De début mars à mi-avril | Les fleurs blanches couvrent les rameaux avant la moindre feuille, ce qui donne à la haie son aspect enneigé. C’est aussi l’une des toutes premières ressources en nectar de l’année pour les abeilles. |
| Paillage | De début mars à mi-avril | Un paillis étalé sur le rang évite la concurrence des herbes pendant l’installation, période où le prunellier pousse lentement. |
| Inspection parasitaire | D’avril à juin | Les nids soyeux d’hyponomeutes peuvent défeuiller un sujet entier en mai sans jamais le tuer, l’arbuste refaisant ses feuilles ensuite. Intervenir seulement sur une haie jeune, et laisser faire sur une haie établie qui nourrit quantité d’insectes. |
| Gourmands et rejets | De mai à septembre | Le prunellier avance par drageons et peut coloniser plusieurs mètres en quelques saisons, potager compris. Les supprimer au fur et à mesure, au ras de la racine et non au ras du sol, est le seul entretien vraiment contraignant de cet arbuste. |
| Fructification, récolte | D’octobre à novembre | Les prunelles restent âpres tant que le froid ne les a pas prises, et c’est pour cela qu’on attend les gelées pour les cueillir. Les récolter plus tôt donne un fruit immangeable. |
| Division de touffe | De novembre à février | Prélever en repos végétatif un drageon déjà pourvu de racines et le replanter ailleurs : c’est la façon la plus simple d’allonger une haie sans rien acheter. |
| Taille de structure | De mi-novembre à fin février | Reprendre la haie une fois les prunelles ramassées et avant le redémarrage, en gardant à l’esprit qu’une taille d’hiver sacrifie une partie de la floraison à venir. Ne jamais y toucher entre mars et juillet, quand les oiseaux y nichent. |
| Bois mort et feuilles abîmées | De décembre à février, tous les 2 ans | Dégager les branches mortes du cœur de la touffe pour l’aérer. Les épines du prunellier sont longues et cassantes, et leurs piqûres s’infectent facilement. |